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QUESTION D'ACTU

Règles douloureuses, stérilité

Endométriose le témoignage émouvant et réel d'Enora MAlagrè

L'endométriose est une maladie qui ressemble au cancer sans cellules cancéreuse. Enora Malagré souffre d'endométriose. Elle apportait mercredi  un témoignage brutal mais réel, sur Europe 1,  pour mieux faire connaître cette maladie qui est encore un tabou. Une initiative courageuse face à ce mal qui touche - dans l'indifférence - une femme sur dix. 

Endométriose le témoignage émouvant et réel d'Enora MAlagrè Wallpaper Info

  • Publié 08.03.2018 à 12h53
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Les meilleurs émissions médicales d'un média ne sont pas toujours dans les espaces qui leur sont consacrés... Philippe Vandel, l'excellent animateur de Village Média, vient encore de le prouver. Dans cette émission, consacrée à l'actualité des médias, il recevait jeudi, Enora Malagré venue dans l'émission  pour annoncer - on ne parlera pas de promotion, terme qui serait déplacé -  la diffusion, samedi  par Teva,  d'une émission sur l'endométriose. Aucune information ne pourra remplacer la force du témoignage  - souvent émouvant - d'une malade qui souffre au quotidien. Alors qu'elle a plutôt l'image d'une "bimbo", venir parler d'utérus, de perte de sang, d'odeur... est un acte de courage qui va  bien au-delà du goût de l'exhibition dans lequel on l'avait cantonné un peu vite. Car ce qu'elle raconte, est incontestablement le quotidien d'une femme sur dix dans notre pays.

L'endométriose, comme le décrit un des spécialistes de la maladie, est "un cancer sans cellules cancéreuses"...  C'est à dire que les lésions de la  maladie (une sorte de kyste) se propagent comme les métastases d'un cancer. Avec la même douleur que celles-ci. l'endométriose est douloureuse comme un cancer dont on ne meurt pas. Cette émission décrit parfaitement un calvaire qu’elle n’est pas seule à supporter en France.

Une souffrance au moment des règles

Douleurs du bassin et du ventre pendant les règles, parfois après les rapports sexuels, les symptômes de l’endométriose sont très handicapants pour les 10 à 15 % de femmes qui en souffrent. Cette maladie chronique peut, en plus, provoquer une infertilité dans 25 à 50% des cas.
Pour celles qui persévèrent et parviennent à être enceintes, le combat n’est pas terminé : les grossesses des femmes qui ont souffert d’endométriose sont risquées, d’après les résultats d’une grande méta-analyse, dont les résultats sont parus dans la revue Fertility and sterility.

Une analyse sur plus de 2 millions de femmes

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont revu les données de 24 études sur la grossesse et l’endométriose avec un total de plus de 2 millions de femmes souffrant de la maladie. Ensemble, ces études suggèrent que le risque de naissance prématurée et de fausse-couche sont plus élevés. Les grossesses mènent plus souvent à un mauvais positionnement du placenta (placenta praevia) et à des césariennes. Les nouveau-nés ont donc aussi un poids de naissance inférieur.
Les études précédentes sur l’endométriose et la grossesse avaient rendu des résultats contradictoires, mais la méta-analyse permet de clarifier les choses. Un élément majeur en faveur d'une prise en charge précoce.

Un retard diagnostic préjudiciable au pronostic

Alors qu’une femme sur dix au moins souffre de cette maladie gynécologique, les médecins mettent entre 6 et 8 ans avant de faire le diagnostic. Un retard source d’intenses souffrances à répétition pour les malades. Chez les femmes atteintes d’endométriose, l’endomètre, le tissu qui ne tapisse normalement que l’intérieur de l’utérus, se développe jusque dans les trompes et peut également atteindre les ovaires, voire s’étendre à l’appareil urinaire ou digestif et dans tout le ventre. Or, à chaque période de menstruations, s’il n’y a pas eu de fécondation, ce tissu innervé et vascularisé, qui s’est développé au cours de la première partie du cycle afin de favoriser l'éventuelle nidation d'un ovule fécondé, se désagrège et doit être éliminé.

La France en retard

Malheureusement, ces douleurs au moment des règles, qui apparaissent généralement à l’adolescence, alertent encore peu les médecins. La maladie a alors le temps de s'étendre, de causer des lésions et va finir par impacter directement la fertilité des femmes. Environ 40 % des femmes ayant des difficultés à concevoir leur enfant souffrent d’endométriose. Des conséquences désastreuses alors que des traitements précoces pourraient endiguer l’évolution de la maladie.

En France, la Haute Autorité de santé prévoyait de publier d’ici décembre ses premières recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge de cette maladie… On les attend encore.

 

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