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Gynécologie

Endométriose : des grossesses plus à risque

Les femmes qui souffrent d’endométriose sont plus à risque de fausse-couche ou d’accouchement par césarienne. Les bébés ont un poids de naissance plus faible.

Endométriose : des grossesses plus à risque SimpleFoto/Epictura

  • Publié 14.09.2017 à 18h04
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Douleurs pelviennes et abdominales pendant les règles, parfois plus fortes après les rapports sexuels, et souvent très vives. Les symptômes de l’endométriose sont handicapants pour les 10 à 15 % de femmes qui en souffrent. Ils peuvent en plus, dans 25 à 50 % des cas, provoquer une infertilité. Et pour celles qui persévèrent et parviennent à tomber enceinte, le combat n’est pas terminé.

Les grossesses des femmes qui ont souffert d’endométriose sont risquées, d’après les résultats d’une grande méta-analyse italo-américaine, dont les résultats sont parus dans la revue Fertility and sterility.

Césariennes et naissances prématurées

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont revu les données de 24 études sur le sujet, qui ont rassemblé près de deux millions de femmes. Ensemble, elles suggèrent que le risque de naissance prématurée et de fausse-couche sont plus élevés. Les grossesses mènent plus souvent à un mauvais positionnement du placenta (placenta praevia) et à des césariennes. Les nouveau-nés ont aussi un poids de naissance inférieur.

« Les études précédentes sur le sujet ont rendu des résultats contradictoires, explique le Dr Vincenzo Berghella, professeur de gynécologie-obstétrique à l’université Thomas Jefferson de Philadelphie (États-Unis), et l’un des auteurs de la méta-analyse. Celle comme la nôtre aide à clarifier les découvertes en mettant en commun les données de nombreuses études, et donnent une réponse plus concrète à un débat scientifique. » 

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Un risque à prendre en compte

Ces risques n’étonnent pas le médecin, qui explique que l’endométriose affecte la physiologie féminine de nombreuses manières et donc interférer avec la grossesse. « En causant des inflammations de l’endomètre, en perturbant l’action de la progestérone durant l’implantation et le reste de la grossesse », précise-t-il.

L’étude épidémiologique ne confirme pas ces mécanismes d’action. Mais ils mettent l’accent sur un point important : les femmes enceintes qui souffrent d’endométriose doivent être surveillées. « Ces grossesses requièrent une surveillance plus importante de ces complications », poursuit le Pr Berghella. Les obstétriciens doivent en être conscients.

 

Endométriose : des règles délocalisées

L’endomètre est le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Au cours du cycle menstruel, et sous l’action des hormones, ce tissu se développe pour permettre l’accueil d’un éventuel embryon, puis est détruit et éliminé si aucune grossesse n’est enclenchée. Le tissu fortement vascularisé, lorsqu’il est évacué, constitue alors la perte de « sang » observée pendant les règles.

Chez les femmes victimes d’endométriose, des cellules de l’endomètre se retrouvent ailleurs que dans l’utérus. Elles peuvent être situées sur les ovaires, mais aussi sur d’autres organes de l’abdomen, sans que la science puisse encore bien l’expliquer.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer le phénomène. La principale théorie repose sur le reflux de sang pendant les règles. Lors des règles, il arrive que le sang reflue vers les trompes et atteigne la cavité abdominale charriant au passage des cellules de l’endomètre. Mais si cette explication n’est pas pleinement satisfaisante, c’est que 90 % des femmes auraient ce genre de saignements rétrogrades, alors qu’elles seraient 5 à 10 fois moins nombreuses à souffrir d’endométriose. 

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