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Risque cardiovasculaire

Les oméga-3 ne sont pas très efficaces contre les maladies cardiovasculaires

Les suppléments diététiques riches en acides gras oméga-3 n’ont pas une activité majeure contre l’athérosclérose et le risque cardiovasculaire, selon une nouvelle étude.

Les oméga-3 ne sont pas très efficaces contre les maladies cardiovasculaires arskajuhani/epictura

  • Publié 05.02.2018 à 12h48
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Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue JAMA Cardiologie, les chercheurs ont analysé les données de 10 essais cliniques totalisant 77 917 malades ayant eu une crise cardiaque ou un AVC ou d’autres problèmes de santé comme le diabète. La plupart des malades avaient été tirés au sort pour prendre pendant au moins un an, soit une supplémentation en acides gras oméga-3, soit un placebo.
L’analyse de ces études ne montre aucun effet bénéfique significatif d’une supplémentation en acides gras oméga-3 vis-à-vis de la prévention des complications des maladies cardiovasculaires en général ou vis-à-vis d’un sous-type de maladie cardiovasculaire ou d’un sous-groupe de malades.

Pas de bénéfice évident

Dans l'ensemble, les participants avaient 64 ans en moyenne à l’inclusion dans les essais et ils ont été suivis en moyenne pendant 4,4 ans. La plupart des essais dans cette analyse concernaient différentes doses et combinaisons de deux acides oméga-3 : l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque), qui ont été pris pendant un à six ans.
Pendant le suivi, 2 695 personnes (3,5%) sont mortes d'une maladie cardiaque, 2 276 (2,9%) ont eu une crise cardiaque non fatale, 1 713 (2,2%) ont eu un AVC et 6 603 (8,5%) ont été traité par angioplastie pour ré-ouvrir les artères obstruées.
Même si la prise de suppléments en acides oméga-3 semblait associée à un risque légèrement moindre de décès par maladie cardiaque, infarctus non fatals et maladies coronariennes, les différences entre les groupes supplémentés ou pas pour tous ces évènements étaient trop faibles pour exclure la possibilité qu'ils soient dus au hasard.

Manger ou ne pas manger d’oméga-3

L'American Heart Association recommande de manger au moins deux portions de poisson par semaine ou d'envisager une supplémentation en acides gras oméga-3 lorsque ce n'est pas possible.
Les études antérieures avaient établi un lien entre la prise d’oméga-3 et une réduction du risque de troubles du rythme cardiaque, d’hypercholestérolémie, d’athérosclérose et de la pression artérielle. Dans cette étude, les risques sont donc les mêmes, que les gens prennent ou non des suppléments en acides gras oméga-3 et elle ne supporte pas les recommandations actuelles de l'American Heart Association.
Une limitation de cette nouvelle étude est cependant la grande hétérogénéité des types d’études analysées et le peu de données disponibles sur les facteurs qui peuvent modifier le risque cardiovasculaire : tabagisme, maladies associées et surtout traitements intercurrents.
En particulier, l’absence de données sur les traitements pris par les malades est très gênante car il est clair que si l’effet des acides oméga-3 est modeste, celui-ci sera complètement invisible en cas d’association à la prise de médicaments très efficaces comme les statines ou les anti-hypertenseurs.

Au final, même si dans cette étude, les preuves manquent pour affirmer que la supplémentation en acide gras oméga-3 protège contre les maladies cardiovasculaires, ceux-ci sont peu coûteux, sans effets secondaires graves et peuvent avoir d'autres bénéfices pour la santé (mémoire, cognition…). Ils peuvent donc être utilisés comme adjuvant des traitements à visée cardiovasculaire.

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