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QUESTION D'ACTU

Bactérie E. Coli

Steaks contaminés : les dirigeants de SEB devant la justice

En 2011, dix-huit personnes avaient été intoxiquées par des steaks hachés, dont un enfant de deux ans qui a gardé de graves séquelles neurologiques.

Steaks contaminés : les dirigeants de SEB devant la justice DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 06.06.2017 à 12h29
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L’affaire des « steaks Country » de Lidl, contaminés à la bactérie E. coli, arrive devant la justice. Deux dirigeants du fournisseur de l’enseigne de distribution comparaissent devant le tribunal correctionnel de Douai (Nord). Ils seront jugés entre ce mardi et jeudi pour « blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois » et « tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme ».

Leur responsabilité est en effet engagée dans l’intoxication de 18 personnes en juin 2011. Des enfants pour la plupart, avait indiqué l’Agence régionale de santé Nord-Pas-de-Calais.
L'un d'entre eux, Nolan, aujourd’hui âgé de 8 ans, a été atteint de manière particulièrement sévère par la bactérie. Ellei a provoqué des lésions neurologiques graves qui limitent sa motricité à 10 %, et son développement intellectuel.

Ce n’est pas la seule victime à garder des séquelles de la contamination. D’autres ont développé un syndrome hémolytique et urémique, une atteinte rare en France, et souvent liée à l’alimentation, et souffrent aujourd’hui d’insuffisance rénale.

Un manque de contrôles sanitaires

Guy Lamorlette, 76 ans, le fondateur gérant de l’entreprise SEB, et Laurent Appéré, 46 ans, le responsable qualité et hygiène, étaient tous deux en poste au moment des faits. Ils sont accusés d’avoir changé les normes de contrôle sanitaire de leurs steaks hachés sans en avoir informé les services vétérinaires.

Au lieu de vérifier systématiquement tous les lots, issus de viande et de carcasses, ils avaient décidé de procéder à des contrôles aléatoires. Un assouplissement unilatéral des règles, qui avait permis à la bactérie E. coli 0157H7, la souche responsable de la contamination, de passer entre les mailles du filet.

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C’est pas moi, c’est lui

Les deux anciens de la société, qui a été liquidée fin 2011, se rejettent aujourd’hui la faute. Le responsable qualité affirme avoir appliqué les consignes de son patron qui, de son côté, nie formellement les avoir données.

« On est dans une cour de récréation », a dénoncé auprès de l’AFP Me Florence Rault, l’avocate de la famille du petit Nolan. La partie civile aimerait aussi que soit étudiée la responsabilité de l’enseigne discount Lidl.
« Au-delà du pénal, Lidl a une responsabilité morale, estime Robert Bréhon, de l’association de consommateurs UFC-Que choisir, qui s’est portée partie civile. L’enseigne aurait dû être plus intransigeante, mettre en place un système de contrôle beaucoup plus pointu. Les consommateurs ont subi plusieurs incidents depuis quelques temps, c’est un problème de santé publique qui concerne souvent principalement des enfants, plus fragiles », a-t-il ajouté.

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