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Prévention

Mélanome : protéger les ados

Prévenir le mélanome passe par une protection tout au long de la vie, en particulier pendant l’adolescence. Les conseils du Pr Brigitte Dréno.  

Mélanome : protéger les ados rdrgraphe/Epictura

  • Publié 03.03.2017 à 08h30
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Le nombre de décès par mélanome va augmenter dans le monde jusqu’en 2030 avant de décroître un peu. Ces chiffres sont décevants à une époque où la prévention de ce redoutable cancer de la peau est devenue active et tient en une seule attitude : se protéger du soleil.

Pourquoi alors ces chiffres ? En cause, l’augmentation de l’espérance de vie dans une population née avant 1960 qui ne se protégeait quasiment pas du soleil.

Le coup de soleil de l’enfant et de l’ado

Mais aujourd’hui, le risque demeure chez les adolescents qui affichent une fascination marquée pour le soleil et le bronzage. Si les mamans protègent bien leurs bébés, les adolescents leur échappent. Or les coups de soleil de l’enfance, mais aussi ceux de l’adolescence sont très délétères pour la peau.

Le coup de soleil dans l’enfance est un important facteur de risque. Il n’a pas besoin d’être violent pour être nocif, c’est surtout leur répétition qui pose problème. Un des moyens de savoir si on a épuisé son capital solaire, c’est à dire les défenses de la peau, est de voir si apparaissent sur le décolleté ou dans le dos, des « taches de rousseur ». Leur présence en particulier chez les jeunes signifie que le capital est bien entamé.

 

Retrouvez Brigitte Dréno, chef du service d’onco-dermatologie du CHU Nantes dans l'émission La médecine au féminin :

 

Crème ou... jean !

Pour une protection efficace par crème solaire, il est important de vérifier qu’elle filtre à la fois les UV A et les UV B. Les UVA favorisent à la fois vieillissement et mélanome, les UV B le mélanome. D’où l’importance d’avoir un produit qui filtre les deux types d’UV et dont l’indice de protection est au moins de 30.

Une bonne protection est également réalisée par un vêtement, mais pas n’importe lequel : le tissu « jean » est l’idéal. En fait plus la maille est large, moins le vêtement est protecteur, surtout s’il est mouillé. Cela signifie que mettre un enfant dans l’eau avec un T Shirt, qui plus est blanc, ne le protègera pas suffisamment.

La production de vitamine D n’est plus une excuse pour se mettre au soleil. Certes l’exposition au soleil est nécessaire pour synthétiser cette vitamine D, mais 15 minutes par jour suffisent, sur le visage ou les mains, pour couvrir les besoins quotidiens.

 

Attention à la tache brune

Plus il y a de grains de beauté, plus le risque de développer un mélanome est grand. Il faut donc les montrer régulièrement au dermatologue.

Mais dans 70% des cas, le mélanome apparaît sur une peau normale. Quand il se développe en dehors d’un grain de beauté, il le fait en 3 ou 4 mois et échappe trop souvent à un dépistage précoce. Le seul signe qui devrait alerter est l’apparition récente d’une tache marron, relativement claire surtout chez les blonds ou les roux. Elle grossit en 2 ou 3 mois et implique donc l’avis rapide d’un dermatologue.

La révolution de l’immunothérapie

L’immunothérapie a bouleversé depuis quelques années le traitement du mélanome qui y est sensible dans 30 à 40 % des cas ; quand ce traitement est associé à une autre immunothérapie, la réponse passe à 60-70 % et peut être de longue durée allant jusqu’à 5 à 7 ans. Actuellement en France, tout le monde peut avoir accès à ces traitements innovants dans les grands hôpitaux.

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