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QUESTION D'ACTU

Bulletin épidémiologique

Casques, écouteurs : les ados se cassent les oreilles

Selon l'InVS, 13 % de 15-35 ans ont un usage fréquent et intensif d’écoute avec un casque ou des écouteurs. Chez les ados, cette proportion dépasse les 25%.

Casques, écouteurs : les ados se cassent les oreilles CAPMAN VINCENT/SIPA

  • Publié 19.01.2016 à 17h17
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Dans le métro ou dans la rue, il nous arrive souvent d'être surpris par un jeune, casque vissé sur les oreilles, qui écoute la musique à fond. Pour savoir si ces comportements inconscients sont l'oeuvre d'une minorité ou s'ils se multiplient, l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) a mené l'enquête auprès 4 859 personnes de 15-35 ans. Et les résultats de ce Baromètre santé 2014 publié ce mardi dans le dernier BEH (1) sont loin d'être rassurants.

La part des 18-35 ans ayant un usage fréquent et intensif d’écoute de musique amplifiée avec un casque ou des écouteurs a en effet été multipliée par trois, passant de 4 % en 2007 à 13 % en 2014. Chez les 15-19 ans, ce comportement dangereux dépasse à présent la barre des 25 %.  

Par ailleurs, 21 % des personnes interrogées fréquentent régulièrement les concerts, discothèques ou autres lieux de loisirs avec des volumes sonores élevés.
Au moment où s'ouvre la 13ème édition de la semaine du son (qui se tiendra à Paris du 18 janvier au 7 février), il faut rappeler que l’exposition à des niveaux sonores fréquents, intensifs et répétés de musique dite « amplifiée » est l’une des causes importantes des troubles de l’audition.
Interrogé par Pourquoidocteur Jean-Louis Horvilleur, audioprothésiste à Paris, explique les dégats auxquels s'expose la "génération baladeur".

Quels sont les risques pour la santé auditive ?
Jean-Louis Horvilleur : Dans tous les cas, le risque, c'est d'accélérer le vieillissement auditif, c'est-à-dire la presbyacousie. Chez les plus sensibles, si le son est vraiment très très fort, cela peut aller très très vite. Mais au final, tous vont perdre un certain nombre d'années de bien-être auditif.
Avec le pire des scénarios, cela peut aller jusqu'à une vingtaine d'années de perdues, avec par exemple des personnes qui auront des troubles de l'audition vers 50 ans au lieu de 70 ans. Pour d'autres, cela peut arriver encore plus tôt ou plus tard, tout est une question de patrimoine auditif qui est différent chez chacun d'entre nous. 

Quels sont les symptômes de ces troubles de l'audition ? 
Jean-Louis Horvilleur : A la fin d'une surexposition de musique amplifié il y a 3 symptômes que l'on peut percevoir. La première chose, c'est une baisse rapide d'audition (hypoacousie) avec une sensation de coton dans les oreilles. La deuxième (conjointe ou pas) c'est un acouphène avec une sensation sonore de sifflement qu'on a mais qui ne vient pas de l'extérieur. Enfin, ils vont entendre beaucoup plus fort que la normale quand ils arrêtent l'exposition.
Dans les cas les plus spectaculaires, ils ne vont plus supporter les sons faibles qui vont leur sembler forts.
Sur le très très long terme, il peut y avoir une baisse de la compréhension en milieu bruyant. 

Ces troubles sont-ils irréversibles ? 
Jean-Louis Horvilleur : En l'état actuel de la médecine, c'est irréversible. Une fois que la dégradation du capteur de l'audition (situé dans la cochlée) est démarée, on n'a aucun moyen de réparer cela.
Pourtant, un bon tiers des jeunes continue de penser que c'est réversible. Malheureusement, ils ont une grande confiance dans la médecine actuelle, ce qui est un tout petit peu anticipée. C'est une des raisons pour lesquelles les jeunes y vont à fond.
Et ces comportements augmentent car aujourd'hui il n'y a pas que le baladeur. Maintenant, on a des téléphones, des tablettes, etc... avec des possibilités de contenus individualisés, même au sein de la cellule familiale.
 

Comment se protéger des volumes sonores élevés ?
Jean-Louis Horvilleur : D'abord, il y a une maîtrise et une mesure des niveaux sonores à adopter en fonction du lieu où l'on se trouve (extérieur, intérieur). Pour un casque, il faut savoir que la limite aujourd'hui fixée à 100 décibels est déjà le niveau d'une sirène de police ou des pompiers.
Pour cette raison, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a préconisé, qu'en cas d'écoute non régulière, le seuil de danger est fixé à 85 décibels environ.
Par ailleurs, peu importe le volume, le fait de faire des pauses est également très important.
Et en boîte de nuit ou en concert, il y a des protections auditives spéciales pour la musique qui ne sont pas très connues du grand public. Ce sont des petits bouchons qui ressemblent à des petits tubes et des membranes à insérer qui permettent d'atténuer la musique mieux qu'un bouchon de base en mousse. On peut les trouver dans un magasin de musique ou chez un audioprothésiste.

(1) Bulletin épidémiologique hebdomadaire

La législation française sur les puissances sonores
Depuis plusieurs années, la réglementation française impose des limitations de puissance sonore. La puissance sonore maximale de sortie des baladeurs a été fixée à 100 décibels (dB), et un étiquetage indiquant qu’à pleine puissance, l’écoute prolongée du baladeur peut endommager l’oreille de l’utilisateur, a été adopté (article L. 5231-1 du code de la santé publique).
La loi Santé de Marisol Touraine votée en décembre 2015 a répété ses obligations et les a étendues à tous les dispositifs autres que les baladeurs (portables, par exemple). 
Les établissements diffusant de la musique amplifiée doivent, quant à eux,  respecter un niveau sonore moyen de 105 décibels pondérés A (dBA) et un niveau crête de 120 dB (article R. 571-26 du code de l’environnement). La nouvelle loi Santé a réitéré cette obligation et l'a étendue à tous les évènements tels que les concerts en extérieur. 

 

 

 

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