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Pipi au lit : l’énurésie nocturne de l'enfant se traite à partir de 5 ans

Pipi au lit : l’énurésie nocturne de l'enfant se traite à partir de 5 ans

Publié le 07.09.2016
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Pipi au lit : l’énurésie nocturne de l'enfant se traite à partir de 5 ans
©123RF-Thuansak Srilao

Faire pipi au lit la nuit est normal jusqu’à l’âge de 5 ans car apprendre à contrôler sa vessie fait partie des apprentissages. Mais si l’émission d’urine non maîtrisée persiste, il peut s’agir d’une « énurésie nocturne », un problème courant qui touche environ 10 % des enfants entre 5 et 7 ans.

Pipi au lit : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
« L’énurésie nocturne » est l’émission d’urine pendant le sommeil chez un enfant âgé d’au moins cinq ans.
« Enurésie » est le terme médical pour désigner le « pipi au lit ».
L’émission normale d’urine est appelée « miction » par les médecins.
« L’incontinence urinaire » correspond à une perte d’urine incontrôlable.

Qu’est-ce qu’une énurésie nocturne ?

Il est normal que les jeunes enfants mouillent leur lit pendant la nuit jusqu’à 3 ans où la « miction » se régule progressivement. La plupart des enfants entre 2 ans et 4 ans contrôlent leur vessie le jour, mais il faut compter plusieurs mois de plus, parfois même quelques années, avant qu’ils puissent la maîtriser la nuit. L'enfant peut alors dormir en toute sécurité : en cas d'envie, il contracte volontairement le sphincter et les muscles du périnée.
« L’énurésie nocturne » correspond donc à une émission involontaire, incontrôlable, et inconsciente d’urine (« miction ») la nuit : l'enfant urine complètement et normalement sans s'en rendre compte. Elle survient le plus souvent la nuit (ou pendant la sieste), et se répète régulièrement.
L'énurésie nocturne est donc un trouble de l’apprentissage du contrôle de la vessie qui, par ailleurs, fonctionne normalement, à la différence de « l’incontinence ».
• Lorsqu'elle n'est pas associée à un autre trouble urinaire, l'énurésie est dite « isolée », ce n'est alors pas une maladie mais un « symptôme » qui va guérir le plus souvent spontanément.
« L'énurésie nocturne primaire » est la forme la plus fréquente et correspond à des émissions d’urines nocturnes persistantes alors que l'enfant n’a jamais été propre pendant au moins six mois. Dans la très grande majorité des cas, cette forme d'incontinence n'affecte que les jeunes enfants, mais elle peut persister jusqu'à l'adolescence chez certains. Le seul risque que l’enfant court est de souffrir d’une blessure de l’estime de soi. Il faut donc éviter de le culpabiliser et l’aider à maitriser sa vessie.
« L'énurésie nocturne secondaire » correspond à la réapparition d’émissions d’urines nocturnes alors qu'il y a eu une période où l'enfant a été propre pendant au moins six mois. Elle débute habituellement entre cinq et sept ans. Cette régression survient souvent après un choc affectif : décès d’un proche, divorce des parents…
• Dans des cas plus rares, une cause organique (infection urinaire, diabète débutant) peut être à l’origine.

Quels sont les signes de l’énurésie ?

On ne peut parler d'énurésie nocturne qu'à partir de 5 ans, car c'est l'âge où le contrôle naturel de la vessie est acquis.
Le « pipi au lit » ou « énurésie nocturne », est une émission d’urine, ou « miction », active, complète, inconsciente, involontaire et qui se produit pendant le sommeil.
• L’énurésie nocturne primaire peut avoir deux formes différentes en fonction de sa cause dominante : « polyurie nocturne » ou « petite capacité vésicale ».
•  L'énurésie nocturne peut avoir aussi différentes caractéristiques : « régulière », avec des fréquences plus ou moins élevées, ou « irrégulière ». Elle peut aussi être « intermittente » avec de longues périodes sans pipi au lit (périodes « sèches »), ou « épisodique » si elle reste un accident isolé. « L'énurésie intermittente » correspond à des accidents qui ne surviennent qu'à certaines périodes. « L'énurésie épisodique » correspond à des accidents qui surviennent de façon exceptionnelle au cours de maladies, de séparations, d'événements familiaux importants.... « L'énurésie totale » est définie lorsque l'enfant urine toutes les nuits alors que « l'énurésie clairsemée » est souvent décrite après 8 ans, où l'on retrouve un lien entre les « nuits humides » et les événements de la journée précédente.
Des troubles associés doivent être recherchés : ronflements et apnées du sommeil, seuil d’éveil insuffisant, TDAH, perte de l’estime de soi…

Quelles sont les causes de l’énurésie ?

L'acquisition du contrôle du sphincter de la vessie dépend du développement physique et psychologique de l'enfant, aussi que de son éducation. Ne plus faire pipi au lit est un apprentissage sur plusieurs années. Il s’agit d’une étape de la croissance à franchir.
Le facteur génétique a aussi son importance : pour 74 % des garçons et 58 % des filles, au moins l'un des deux parents a lui-même était atteint d’énurésie dans son enfance.
• L’énurésie nocturne primaire représenterait 75 à 85 % des cas d’énurésie. L'immaturité de la vessie, c’est-à-dire un retard des réflexes neuromusculaires qui contrôlent la vessie, est souvent responsable. Elle n’est pas d’origine psychologique mais elle peut entraîner des problèmes psychologiques.
Mais l’énurésie peut aussi être due à une difficulté à se réveiller (difficulté de réveil nocturne secondaire à un seuil d’éveil trop bas) ou à la diminution de la sécrétion nocturne d'ADH, une hormone antidiurétique qui empêche normalement les fuites nocturnes. Des facteurs génétiques ont été identifiés : des antécédents familiaux d’énurésie existent dans 30 à 60 % des cas et doivent être recherchés.
• Dans « l’énurésie nocturne secondaire » essentiellement, un trouble psycho-affectif (l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, la fréquentation d’une nouvelle garderie, la séparation des parents...) peut être en cause.
Dans des cas plus rares, particulièrement si l’énurésie est secondaire, on doit soupçonner une cause physique : infection urinaire, diabète de type 1, malformation de l’appareil urinaire, apnée du sommeil...

Comment évolue l’énurésie nocturne ?

À 3 ans, 15 à 20 % des enfants ont acquis une propreté nocturne, et ils sont 90 % à 5 ans. Si après cet âge, l’enfant n’arrive toujours pas à contrôler la vidange de sa vessie la nuit et qu’il mouille encore ses couches et ses draps, il s’agit alors d’une énurésie nocturne.
L’énurésie diminue progressivement avec l’âge mais on compte encore 2 % d'énurétiques vers l'âge de 15 ans. Le pipi au lit s’arrête donc tôt ou tard mais plus une énurésie est ancienne, plus le traitement est difficile.
Les complications sont principalement psychologiques. L’enfant peut souffrir d’un manque d’estime de lui-même avec des conséquences dans ses relations sociales (refus d’aller dormir chez un copain par exemple). L’énurésie peut aussi être un sujet de discorde dans la famille, ce qui ne fait qu’aggraver les troubles.

Quelles sont les complications de l’énurésie ?

L'énurésie peut être socialement « stigmatisante ».
Elle peut entraîner des troubles du comportement et une baisse de l'estime de soi.
Ces troubles peuvent être aggravés par des réactions violentes de certains parents et les punitions de l'enfant.

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