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Douleur antérieure du genou : rechercher un syndrome fémoro-patellaire

Douleur antérieure du genou : rechercher un syndrome fémoro-patellaire

Publié le 15.01.2020
Douleur antérieure du genou : rechercher un syndrome fémoro-patellaire
Iurii Maksymiv/iStock

La douleur antérieure du genou évoque en premier lieu une souffrance de la rotule chez l’adulte (« syndrome fémoro-patellaire ») et une inflammation de l’insertion du tendon de la rotule sur le tibia ou « apohysite de croissance de la tubérosité antérieure du tibia » (« maladie d’Osgood-Schlatter ») chez l’enfant. Mais cela peut être une simple bursite, une tendinite et même un problème intra-articulaire.

Douleur antérieure du genou : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

Une chondromalacie et arthrose sont 2 stades de souffrance chronique du cartilage, la surface de recouvrement des os dans les articulations, qui sont liées à un déséquilibre ou une surcharge articulaire.
Une bursite est une inflammation d’une petite bourse qui sert normalement à protéger les tendons et les muscles lorsqu’ils peuvent frotter sur un os.
Le syndrome fémoro-patellaire ou syndrome rotulien est une douleur fréquente en particulier chez les femmes jeunes qui traduit une souffrance de l’articulation entre la rotule et le fémur.

Comment s’organise l’articulation du genou ?

Le genou est une articulation complexe entre la partie antéro-inférieure de l’os de la cuisse d’une part (le fémur), la face postérieure de la rotule d’autre part, et la partie supérieure de l’os de la jambe (le tibia) enfin. 

L’articulation de l’extrémité inférieure du fémur forme une gouttière (la trochlée) dans laquelle glisse la rotule dont la face postérieure est donc en forme de coin.
Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage, un tissu blanc nacré dont le rôle principal est à la fois d’assurer le glissement des pièces osseuses sans frottement, mais aussi d’amortir les micro-chocs qui se produisent en permanence lors des mouvements articulaires et de la marche.
L’articulation est enveloppée dans une capsule articulaire fibreuse qui est tapissée à l’intérieur, par la membrane synoviale. La synoviale forme naturellement des replis qui sont recouverts de cellules synoviales à l’origine de la sécrétion de liquide synovial : un liquide visqueux qui nourrit et lubrifie le cartilage. 
Les genoux sont stabilisés par des ménisques qui sont de petites cales de cartilage fibreux, ou « fibrocartilage », en forme de croissant. Il y en a 2 par genou : un sur le compartiment interne ou « médial » et un sur le compartiment externe ou « latéral ». Ils sont mobiles afin de suivre les mouvements complexes des genoux, tout en étant attaché par leurs cornes antérieures et postérieures. Ils jouent un rôle essentiel dans la stabilisation de l’articulation en permettant un ajustement entre l’extrémité inférieure du fémur (la trochlée qui est ronde) et l’extrémité supérieure du tibia (qui est plate ou convexe). Ils jouent également un rôle d’amortissement des chocs.
L’articulation est stabilisée par les muscles qui s’insèrent tout autour de l’articulation avec leur tendon (muscle de la cuisse ou quadriceps en avant) et par les ligaments composés de tissu fibreux très résistant, soit entre les condyles (comme les ligaments croisés antérieurs et postérieurs), soit extra-articulaires (comme les ligaments antérieurs et latéraux).
Enfin, tout autour du genou, on trouve également des bourses synoviales (ou séreuses) qui sont des poches membraneuses remplies de liquide synovial. Elles sont destinées à protéger l’articulation des frottements ou contre les chocs.

Qu'est-ce qu’une douleur antérieure du genou ?

Les douleurs qui se situent dans la région antérieure du genou peuvent être parfois difficiles à analyser car diffuses et vagues, surtout si elles durent depuis quelques semaines : on dit que la douleur fait « tache d’huile », c’est-à-dire qu’elle s’étend au-delà de la zone initiale avec le temps. 
Les douleurs antérieures du genou concernent théoriquement les douleurs situées autour ou « derrière » la rotule, touchant à la fois le côté interne ou externe (« médial ou latéral), voire au-dessus ou en-dessous de la rotule (« patella »). Cette douleur peut être difficile à localiser, et les malades peuvent parfois décrire une douleur tout autour de la rotule.
L’interrogatoire est donc essentiel car il permet souvent d’orienter le diagnostic. Il faut tout d’abord savoir si le début de la douleur est brutal et en contexte traumatique (accident ou chute avec choc direct sur le genou) ou insidieux et sans notion d’accident. 
Il est nécessaire de comprendre quelle est l’influence sur la douleur de l’activité physique, de la flexion active du genou et savoir si cela fait surtout mal lors de la montée ou de la descente des escaliers ou à la marche à plat et si la douleur s’estompe au repos.
Au repos, il est nécessaire de savoir si la position assise prolongée avec les genoux fléchis sous la chaise peut aussi être douloureuse, en particulier au cinéma ou au spectacle. 
Souvent, l’examen de base de l’articulation du genou ne présente pas d’anomalie notable, sauf à un stade évolué où peut exister un gonflement de l’articulation, des kystes ou une déformation liée à l’arthrose.
L’examen clinique détaillé, réalisé par le médecin, reposera sur des manœuvres précises de l’articulation, en mobilisation passive, ou active, et en contraction contre résistance, qui sont spécifiques des différentes structures articulaires et péri-articulaires à tester. 
Il faut également éliminer une douleur projetée au genou qui viendrait de la hanche en analysant également les mouvements de la hanche (coxarthrose antérieure avec limitation douloureuse de la flexion et des rotations de la hanche) et une douleur neurologique qui viendrait de la colonne vertébrale (« cruralgie » ou « sciatique L3 ou L4 ») en analysant l’impact des mouvements de la colonne vertébrale sur la douleur et les réflexes ostéotendineux.

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