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L'avis de l'experte

Les clés pour adopter un mode de vie actif, source de bien-être

Moteur de bien-être et de bonne santé, une vie active constitue un idéal accessible à tous dès lors que l'on atteint un état d'équilibre. Cela passe notamment par la pratique d'une activité physique régulière, dont les bienfaits sont multiples. Le point avec Faïza Bossy, médecin généraliste.

Les clés pour adopter un mode de vie actif, source de bien-être Ivanko_Brnjakovic/iStock

  • Publié le 20.05.2021 à 11h00
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- Qu'entend-on par une "vie active" ? 

Faïza Bossy : D'après l'Organisation mondiale de la Santé, il s'agit d'un 'mode de vie selon lequel les activités physiques, sociales, intellectuelles, affectives et spirituelles sont valorisées et intégrées à la vie quotidienne'. Je pense que l'OMS a essayé d'établir cette définition d'un point de vue humaniste, car elle rejoint la notion de bonheur et de bien-être, qui varie en fonction du pays où l'on habite et de la culture dans laquelle on a été éduqué.

- Cet idéal est-il atteignable ? 

Oui, tout l'est à partir du moment où l'on arrive à un état d'équilibre. C'est toujours l'excès, qui est problématique. Cependant, attention : parvenir à l'équilibre est compliqué, car nous n'avons pas tous la même échelle de valeurs. Puis, on ne peut pas ressentir du bien-être à chaque instant, il y a aussi des moments où l'on se trouve en moins bonne forme.

- Quels sont les bienfaits d'un mode de vie actif ?

Énormément d'études montrent qu'il génère le bien-être mental. Cela passe notamment par la pratique régulière d'une activité physique. D'une part, parce que le lien social est un indicateur de bien-être, et que le fait d'avoir une vie physique active le favorise en donnant lieu à des rencontres ou à des échanges. Ces deux aspects sont concomitants et permettent de vieillir en meilleure santé, avec autonomie. Ensuite, sur le plan purement neurophysiologique, ce qui induit le bien-être mental est la libération d'endorphines au niveau du système nerveux endocrine, au même titre que l'adrénaline ou le cortisol. 

Elle entraîne une relaxation de l'ensemble de l'organisme, un relâchement du muscle cardiaque et une baisse de la fréquence cardiaque et respiratoire, ce qui a des impacts extrêmement positifs sur le corps. Les endorphines tiennent vraiment un rôle clé : elles possèdent également un effet analgésique, donc qui diminue la douleur, et anxiolytique, qui apaise, régule le stress. Par ailleurs, une forte sécrétion d'endorphines diminue l'appétit, donc on est moins enclin à prendre du poids. 

- En somme, il semblerait qu'une activité physique régulière soit la clé d'une vie active… Quels effets a-t-elle sur le corps ?

Ils sont multiples ! Elle stimule l'immunité, qui a un rôle de retour positif sur le système nerveux central et favorise la libération d'endorphines : c'est une boucle. Une activité physique régulière diminue le risque de faire des fractures car elle solidifie l'os et les structures qui l'entourent. Par exemple, si l'on se fait une entorse de la cheville, on passe par une phase de rééducation pour la rendre plus souple et redonner aux structures autour de l'os une bonne solidité, qui permettra de reprendre l'activité physique. C'est le même système : lorsque l'on pratique une activité physique régulière, on solidifie les muscles de son dos, ses fesses, ses cuisses, ou encore de ses bras. Ils soutiennent les os, et, comme les muscles deviennent solides, le risque de faire des fractures est amoindri.

Par ailleurs, une activité physique régulière diminue le cholestérol, régule le diabète et prévient le développement des maladies cardiovasculaires, ainsi que des cancers du sein et du colon. Aussi, comme elle éveille l'immunité, elle augmente les capacités cognitives et diminue le risque d'atrophie du cerveau, donc de démence. Par exemple, faire du vélo lundi, puis s'essayer au skate mardi, et faire une randonnée avec un groupe mercredi, constitue une agression sur le plan neurologique intellectuel. Le cerveau a besoin d'être stimulé, pas uniquement par l'activité physique, mais par la découverte de nouvelles activités, et le sport en fait partie. Enfin, une activité physique régulière augmente la qualité du sommeil, diminue les risques psychosociaux et les troubles bipolaires, ainsi que ceux de la dépression.

- Est-il possible de quantifier la pratique régulière d'une activité physique ?

Oui. L'OMS considère qu'il s'agit de la pratique cumulée chez l'adulte, quel que soit son âge, de 150 minutes d'activité à intensité moyenne, c'est-à-dire qui procure un léger essoufflement, comme une marche un petit peu rapide ou un jogging à endurance fondamentale, ou 75 minutes à intensité élevée, donc avec un effort qui gêne la conversation. Il est possible de combiner les deux, en faisant par exemple une heure d'activité à intensité moyenne et une autre heure à intensité élevée. 

Quoiqu'il en soit, il convient d'étaler sa pratique sur deux à trois jours, chaque semaine. Pour solliciter tous les muscles et éviter qu'il y en ait un qui s'épuise, l'idéal est de changer d'activités, en privilégiant celles qui musclent, celles qui relaxent, et les cardiaques. Cela pourrait se traduire par faire du jogging le lundi, du saut à la corde suivi d'une course rapide le mercredi, et du yoga le vendredi. 

- Comment s'y mettre ?

D'abord, il n'est jamais trop tard pour commencer ou reprendre une activité physique. Le secret, c'est d'en choisir une que l'on aime. Par exemple, si je conseille à un patient de courir et de marcher car c'est excellent pour le cœur, mais qu'il n'aime pas cela, il n'y arrivera pas. Faire quelque chose qui nous plaît est essentiel pour conserver sa motivation. Le cas échéant, on perd la notion de régularité, qui fait partie de la définition d'une activité physique. De la même manière, elle doit pouvoir se réaliser près de chez soi ou de son lieu de travail : si son club de sport se trouve à 20 kilomètres, on n'ira qu'une fois, voire peut-être deux.

Ensuite, il faut en faire une priorité, ce qui peut passer par l'inscrire dans son agenda. Ce sont les sept premières fois qui sont compliquées, mais il a été montré qu'à partir de ce moment, le cerveau intègre qu'il s'agit d'un rendez-vous important. Ainsi, si on l'abandonne, il nous rappelle à l'ordre : on ne se sentira pas bien. Enfin, il faut se fixer un objectif atteignable et, surtout au début, privilégier une activité courte. Ce n'est pas la peine de vouloir courir une heure si cela fait longtemps que l'on n'a pas enfilé ses baskets : ce n'est pas grave de faire 10 minutes, au début. Au fur et à mesure, on augmentera son temps et son endurance, donc ses capacités physiques.

- À l'inverse, quelles sont les conséquences de l'arrêt d'une activité physique ?

Les méfaits sont assez rapides, ce qui est frustrant. Même si on a été sportif, plus on vieillit et plus l'arrêt d'un sport se voit vite : on perd en masse musculaire et en mémoire. Puis, il suffit de douze semaines pour retrouver l'état dans lequel on était avant d'être actif. Quand on commence une activité, il ne vaut mieux pas l'arrêter, quitte à en diminuer la fréquence pendant une période. Peu importe sa nature, j'insiste vraiment sur la notion de régularité. Je vois bien la différence entre mes patients qui font 15 minutes de sport chaque jour et ceux qui ne font rien ; ils n'ont pas la même qualité de vie. Cela va dans le sens de la définition de l'OMS : l'activité physique regroupe tous les pans de vie, elle maintient à tous les niveaux.

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