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Implantation réussie chez des jeunes filles

Des vagins élaborés en laboratoire identiques à un vagin naturel

Des chercheurs sont parvenus à fabriquer des vagins et des nez à base de cellules. Les vagins ont été implantés chez quatre jeunes filles. Huit ans après, les organes fonctionnait toujours.

Des vagins élaborés en laboratoire identiques à un vagin naturel Le vagin cultivé en laboratoire (Wake Forest Baptist Medical Center/Hospital Infantil Federico Gomez)

  • Publié 11.04.2014 à 15h43
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Construire des organes ex nihilo : voilà ce qu’ont réussi des chercheurs américains en partenariat avec un hôpital mexicain. Ils ont recréé des organes vaginaux en laboratoire, à partir de cellules des patients. Huit ans après l’implantation, ils étaient toujours fonctionnels. Les résultats de l’étude pilote, menée par l’équipe du Wake Forest Baptist Medical Center (Caroline du Nord, Etats-Unis) à l’Hôpital Infantile Federico Gómez (Mexique), sont parus dans The Lancet ce 11 avril.

 

Un vagin temporaire est implanté

4 jeunes filles, âgées de 13 à 18 ans au moment de l’implantation, ont participé à cette étude. Elles souffraient toutes d’une maladie génétique rare : le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), responsable d’un sous développement, voire de l’absence du vagin ou de l’utérus. Actuellement, on traite ce symptôme en dilatant les tissus existants ou en reconstruisant un nouveau tissu vaginal. Mais des complications surviennent dans 3 cas sur 4, principalement parce que le vagin opéré se contracte ou rétrécit.

 

Les chercheurs proposent une nouvelle approche : utiliser les cellules génitales d’une patiente pour créer un nouvel organe. Sa structure est conçue à partir de muscles et de cellules épithéliales (cellules de la peau ou des muqueuses) tirées d’une biopsie de chaque patiente. Elles sont extraites, cultivées puis « cousues » sur un tissu biodégradable en forme de vagin. Celui-ci servira de « vagin temporaire », le temps que les cellules se développent pour former un organe complet. Chaque exemplaire a été fabriqué pour correspondre de manière précise à la morphologie des jeunes filles.

 

Des organes quasi identiques

5 semaines après la biopsie et la culture des cellules, des chirurgiens ont formé un canal dans le pelvis des patientes. Puis ils ont « cousu » le vagin artificiel aux organes reproducteurs existants. Des études in vitro, puis sur diverses espèces animales, avaient déjà montré qu’après l’implantation, des nerfs et des vaisseaux sanguins se formaient, et les cellules se développaient pour former un tissu consistant. Dans le même temps, le tissu biodégradable se dissolvait. A terme, les différences entre un vagin natif et ce vagin fabriqué étaient presque indétectables. « Les biopsies des tissus, les IRM et les examens internes […] ont tous montré que les vagins élaborés en laboratoire étaient similaires, en apparence et en fonctionnement, aux tissus natifs », se félicite le Dr Atlántida Raya-Rivera, auteur principal de l’étude. Elle souligne aussi que les jeunes filles ont signalé une fonction sexuelle normale : pas de douleurs pendant un rapport sexuel, et une sensation de désir.

 

« Cela pourrait représenter une nouvelle option pour des patientes qui ont besoin d’une chirurgie reconstructive du vagin », estime le Dr Anthony Atala, chercheur principal. « Cette étude est une preuve supplémentaire que l’on peut appliquer la médecine régénérative à une large variété de tissus et d’organes. » Il reconnaît que cette étude est limitée par sa taille, et qu’il est important de poursuivre les expériences, afin de mieux maîtriser la technique. Cette approche est toutefois pleine d’avenir, d’autant plus qu’une étude, également parue dans The Lancet, décrit le même procédé… mais pour faire « pousser » un nez !

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