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QUESTION D'ACTU

Pratiques et situations à éviter

Le plaisir sans les risques

Faire l’amour sans préservatif avec un(e) inconnu(e) dans une soirée arrosée, c’est la roulette russe ! Et là, certaines pratiques sont bien plus risquées que d’autres.

Le plaisir sans les risques ©123RF-Aleksei Aliev

  • Publié 25.12.2015 à 08h00
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Les situations les plus risquées sont connues. Il existe en France des centaines de lieux gay (discothèques, bars, saunas) qui accueillent leur clientèle dans les backrooms et qui proposent des espaces dédiés aux couples hétéros, les deux pouvant se mélanger sans distinction l’espace d’un soir. A cela, il faut ajouter les clubs libertins (échangistes, SM, etc) pour les rencontres hétérosexuelles.
« Dans ces lieux, il y peut évidemment y avoir des rapports à risque, explique Antonio Alexandre, président de l’ENIPSE (1). Avec un partenaire inconnu, le préservatif est absolument recommandé. Pas seulement pour le risque de VIH, on sait qu’il y a une augmentation des infections sexuellement transmissibles à chlamydiae et de la syphilis, y compris chez les hétéros, due à la multiplicité des rencontres ». Un homme sur six fréquentant les lieux de rencontre gay est infecté par le VIH (étude Prevagay).

A ce jour, 30 000 personnes ignorent leur séropositivité, un tiers sont gays, les deux tiers hétérosexuelles. On estime à un peu plus de 6 200 le nombre de nouveaux cas diagnostiqués en France en 2013.

Les sites de rencontres… facteurs de risque 

Les applications comme Tinder permettent facilement les rencontres d’un soir. Si les rapports s’effectuent sans latex, ils augmentent le risque de contamination par le VIH ou d’autres IST. Dans un rapport paru en novembre dernier, l’Unicef expliquait que, malgré les progrès dans la lutte contre le SIDA, le nombre de contaminations chez les adolescents avait triplé en quinze ans ; ces applications étaient sans doute en partie responsables.

Les pratiques les plus risquées

  • La pénétration sans préservatif et l’éjaculation (avec une personne dont on ignore si elle est porteuse ou pas du virus), même un simple aller-retour (dipping) peut poser problème.
  • La sodomie est encore plus risquée si elle est pratiquée sans lubrifiant, car elle peut entraîner des microlésions avec échange de sang.
  • La fellation n’est pas anodine, c’est une forme de pénétration.
  • L’utilisation de sex toy à plusieurs, prévient la psychiatre Mireille Bonierbale, présidente de l’AIUS (2), présente des dangers. « Un jouet qui circule doit être lui aussi coiffé d’un préservatif à changer en fonction de la personne qui l’utilise. On peut encore soigneusement nettoyer le sex toy à l’eau savonneuse en changeant d’utilisateur ou de site de pénétration (devant/derrière). Puis après usage, le désinfecter à l’eau de Dakin ou à l’alcool avant de le ranger ».
  • Par ailleurs, hors pratiques sexuelles, on ne doit jamais utiliser le rasoir d’une personne infectée ni sa brosse à dents. Attention aux piercings ou tatouages dans de mauvaises conditions. Si on se drogue, on ne doit jamais utiliser la paille de l’autre ou une seringue usagée (brochure : VIH, parlons-en franchement, téléchargeable sur www.vihservices.fr).

 

Limiter les risques sans préservatif

Rappelons qu’une IST s’attrape par simple contact de muqueuse sans pénétration. « Si on tient à ne pas utiliser le préservatif, le plus important est de discuter avec son partenaire, conseille Antonio Alexandre. Souvent, on a trop bu, parfois, on a pris du cannabis, et on a juste envie de s’éclater. Si la personne est séropositive, sous traitement, avec une charge virale indétectable, qu’elle sait qu’elle n’a pas d’IST parce qu’elle vient de faire un test, alors pas de souci, elle est effectivement non contaminante. Mais si on ne sait rien de rien de son partenaire, il faut au moins éviter l’éjaculation (sperme dans le vagin, dans la bouche) et la pénétration anale ».

 

Après un rapport douteux, que faire ?

On peut utiliser l’autotest, vendu en pharmacie depuis le 15 septembre dernier, pour savoir si on est infecté ou pas par le VIH. Une simple goutte de sang permet le diagnostic en 20 à 30 minutes (3 mois après une prise de risque). Si le résultat à l’autotest s’avère positif, il faudra le confirmer par un test de type Elisa de 4e génération.

De toute façon, après une prise de risque, il faut se rendre aux urgences au plus tard dans les 48 heures. Le médecin évaluera le risque et prescrira éventuellement un TPE « Traitement Post Exposition ».

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Quand arrêter le préservatif ?

Lorsque le couple s’installe dans une ambiance « durable », chacun doit faire un test d’IST et de recherche du VIH. Si tout va bien, le couple peut cesser d’utiliser la protection. « Dans un couple séropositif ou séro-différent, on peut aussi envisager l’abandon du préservatif quand la charge virale est indétectable, assure Antonio Alexandre. L’important, c’est de toujours en parler avec son médecin traitant. Si on a une aventure à l’extérieur, il est nécessaire d’en parler dans le couple, aussi difficile que cela puisse paraître. Parler de sexualité, passer les bons accords, préserve le couple. »

Et le Truvada, il est pour moi ?

Aujourd’hui, on propose cet antirétroviral à titre préventif dans un cadre précis, suivi et accompagné. Il est destiné aux personnes exposées à l'infection (les gays, les échangistes, mais pas seulement…). Ce traitement est prescrit à raison de 2 cachets avant le rapport sexuel et 1 cachet toutes les 24 heures pendant la période d’activité sexuelle et enfin, un dernier comprimé 24 heures plus tard, la prescription se faisant à l’hôpital. Il existe à ce jour deux permanences dans la capitale, l’une à l’hôpital Tenon, l’autre à l’hôpital Saint-Louis ; dans les semaines à venir, la pratique devrait s’étendre à tous les hôpitaux et en régions (services des maladies infectieuses).

(1) Equipe Nationale d’Intervention en Prévention et Santé pour les Entreprises

(2) Association interdisciplinaire post universitaire de sexologie

 Pourquoi prend-on des risques ?

Dans certains lieux comme l’Institut Alfred-Fournier à Paris (www.institutfournier.org), il est possible d’assister à des réunions avec un psychologue. Elles permettent de s’interroger sur ses comportements sexuels (pourquoi ces prises de risques majeurs et comment les éviter). A chacun son histoire. On retrouve souvent des problèmes de solitude, de chômage, de séparation ou de discrimination, un état dépressif passager, la prise de produits licites ou illicites… Consulter son médecin ou contacter une association aide bien souvent à passer ce cap difficile.

 

 

 

 

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