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QUESTION D'ACTU

Déficits affectifs et cognitifs

La maltraitance fait des dégâts sur la matière grise des enfants

Les enfants maltraités en pâtissent toute leur vie, et pas seulement sur le plan psychique. Leur cerveau développe des anomalies dans des zones variées affectant aussi la cognition.

La maltraitance fait des dégâts sur la matière grise des enfants LE LANN/SIPA

  • Publié 19.06.2014 à 13h48
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Problèmes affectifs, déficits cognitifs : ces symptômes sont courants chez les individus maltraités pendant l’enfance. Une étude parue dans l’American Journal of Psychiatry ce 18 juin permet d’en comprendre l’origine. La maltraitance, physique ou émotionnelle, affecte des zones variées du cerveau, qui se développent tardivement.

 

Compréhension du langage, prise de décision…

« La maltraitance d’un enfant agit comme facteur de stress et produit une cascade de changements physiologiques et neurobiologiques qui entraînent des altérations durables dans la structure du cerveau », résume le Dr Joaquim Radua, co-auteur de l’étude. En effet, lorsqu’il a comparé les imageries en 3D du cerveau de plus de 3 000 individus maltraités à celles de 360 personnes non maltraitées, des différences significatives ont émergé.

 

Des zones très variées du cerveau sont affectées chez les enfants maltraités, même à l’âge adulte. En fait, la matière grise présente des anomalies dans plusieurs régions aux fonctions variées, souligne l’étude : certaines régissent la perception sensorielle, les émotions et la dépendance, d’autres la prise de décision, la compréhension du langage. Dans certains cas, les anomalies de la matière grise affectent même la reconnaissance des visages connus, du contexte voire l’identification d’un contexte social ! Dans une région (le gyrus parahippocampique), une anomalie est même associée à un risque accru de schizophrénie.

 

La maltraitance est bien la cause

Ces anomalies se retrouvent chez l’ensemble des personnes maltraitées pendant l’enfance, même celles qui n’ont pas reçu de médicament. Cela signifie qu’elles sont bien liées à la maltraitance, et non au traitement médicamenteux qui peut suivre. Chez les enfants maltraitées, les zones les plus touchées sont celles qui se développent tardivement. Ces résultats permettent de mieux comprendre les déficits affectifs et cognitifs chez les patients maltraités pendant l’enfance.
Ils « soulignent les conséquences sérieuses d’un environnement infantile néfaste sur le développement du cerveau. Nous espérons que les résultats de cette étude aideront à réduire les risques environnementaux pendant l’enfance et à développer des traitements qui stabilisent ces altérations morphologiques », conclut le Dr Nadua. 


La maltraitance, selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), revêt des aspects très variés, parfois insidieux. Elle se définit comme toute forme de mauvais traitement physique ou émotionnel, un abus sexuel, une négligence quelconque, une exploitation commerciale ou autre, qui aboutit à une blessure réelle ou potentielle.

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