• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Cohabitation

Familles, colocataires : et si vous partagiez jusqu’à vos bactéries ?

Les personnes vivant sous le même toit partagent une part importante de leur microbiote intestinal et buccal.

Familles, colocataires : et si vous partagiez jusqu’à vos bactéries ? AntonioGuillem/iStock




L'ESSENTIEL
  • Environ un quart des microbes de la bouche et des intestins sont partagés entre cohabitants. Ce constat est valable quel que soit le lien de parenté (frères et sœurs, parents et enfants).
  • Les couples partagent encore plus de microbes buccaux, mais pas intestinaux, probablement en raison des baisers.
  • Étant donné que certaines bactéries de la bouche peuvent migrer vers l’intestin (via la salive), ces échanges peuvent avoir des effets positifs (diversité microbienne bénéfique) ou négatifs (certaines bactéries associées à maladies) sur la santé globale.

Vivre ensemble, c’est plus que partager un toit. Selon une récente étude, les couples, les familles et les colocataires habitant dans un même espace partagent davantage de microbes buccaux et intestinaux qu'avec les autres personnes de leur entourage. Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs l’université de Trente (Italie) se sont demandés comment les microbiomes se transmettent entre les êtres humains. "Nous savons que l'alimentation et d'autres facteurs liés au mode de vie peuvent modifier notre microbiome, mais ces facteurs agissent sur les microbes déjà présents en nous. Cela ne résout pas la question de l'origine de ces microbes", a déclaré Nicola Segata, biologiste italien qui a participé aux recherches.

Bouche, intestins : environ un quart des miro-organismes sont partagés entre cohabitants

Pour mieux comprendre ce phénomène, l’équipe a ainsi analysé les données des microbiomes buccaux et intestinaux de 430 personnes en bonne santé vivant dans 207 foyers en Italie et aux Fidji. Elle a identifié les souches microbiennes chez chaque participant, puis comparé ces souches entre les personnes vivant sous le même toit afin de déterminer s'il y avait transmission.

D’après les résultats, parus dans la revue Cell Press Blue, les volontaires vivant ensemble partagent significativement plus de souches buccales et intestinales que ceux ne cohabitant pas. En moyenne, les personnes habitant sous le même toit partageaient 19 % de leurs souches de microbiote intestinal et 26 % de leurs souches de microbiote buccal, contre 6 % et 0 % pour les personnes vivant dans des foyers différents. Les participants en couple présentent les taux de partage de souches buccales les plus élevés (44 %), "probablement par le biais des baisers."

Diabète, cancers : un lien entre la transmission des microbes et la santé globale

La bouche et l’intestin sont connectés via les bactéries. En effet, "chez une même personne, 74,5 % des espèces détectées dans les deux sites impliquaient les mêmes souches, principalement des espèces orales abondantes telles que Streptococcus salivarius, suggérant une transmission par la salive", peut-on lire dans les travaux. Cependant, toutes les bactéries ne se comportent pas de la même façon, et cela peut influencer la santé.

En estimant la transmissibilité des différents micro-organismes, les scientifiques ont constaté que les microbes intestinaux les plus transmissibles étaient associés à des biomarqueurs du diabète de type 2 et à une mauvaise santé cardiométabolique. Dans la bouche, les espèces les plus transmissibles comprenaient deux microbes associés au cancer colorectal et plusieurs pathogènes dites "opportunistes", à savoir des bactéries généralement inoffensives mais susceptibles de provoquer des maladies graves chez les personnes immunodéprimées.

"Il est difficile d'expliquer ce phénomène, mais cela pourrait refléter leur capacité à résister au stress. Les mêmes caractéristiques qui leur permettent de survivre entre humains pourraient également leur permettre de prospérer dans les conditions inflammatoires associées à la maladie. (…) Comprendre la transmission naturelle du microbiome peut permettre de concevoir ou améliorer les traitements du microbiome, notamment les thérapies probiotiques et la transplantation de microbiote fécal."

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES