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L'interview du week-end

Octobre rose : “7 cancers du sein détectés pour 1000 femmes dépistées”

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent en France et celui qui tue le plus de femmes. Pourtant, un cancer du sein détecté suffisamment tôt est guéri dans 90 % des cas. Qu'est-ce-que le dépistage organisé ? Qui peut y participer ? Comment se passe l'examen ? A l'occasion d'octobre rose, la médecin radiologue Dr Brigitte Seradour nous explique tout. 

Octobre rose : “7 cancers du sein détectés pour 1000 femmes dépistées” Lordn/Istock




D’après les données, le cancer du sein concerne 1 femme sur 8 en France. Quelles sont les modalités de dépistage aujourd’hui ?

Il existe deux types de dépistage par mammographie en France : le dépistage individuel et le dépistage organisé. Le premier est notamment réalisé chez les femmes de moins de 50 ans sans motif médical précis ou chez celles qui présentent un facteur de risque (génétique, etc). C’est le médecin traitant ou le gynécologue qui fournit une ordonnance afin de passer l’examen. Le dépistage organisé du cancer du sein est quant à lui un test radiologique associé à un examen clinique des seins par le radiologue recommandé tous les 2 ans dès 50 ans et jusqu’à l’âge de 74 ans sans avance de frais. Pendant toutes ces années, chaque française reçoit une invitation à domicile avec une liste des radiologues agréés pour le dépistage organisé. Après 74 ans, la femme peut évidemment continuer à se faire dépister si elle le souhaite (c’est même conseillé), à l’aide d’une ordonnance de son médecin. Enfin, une femme, quelque soit son âge, peut également être amenée à passer une mammographie de diagnostic parce qu’une anomalie a été détectée (boule, écoulement, rougeur, etc).

Dépistage organisé : 5 à 7 % de cancers détectés en plus grâce au 2ème contrôle

Comment se passe l’examen ?

L’examen classique consiste à prendre quatre clichés, soit deux clichés par sein. Si jamais un sein est très compliqué (parce qu’il présente beaucoup de kystes par exemple), le radiologue peut faire une échographie supplémentaire, afin d’avoir une image plus précise. A chaque fois, le médecin radiologue effectue aussi un examen clinique de la poitrine de la patiente avant la mammographie. Les résultats définitifs de la mammographie du dépistage organisé sont transmis en moyenne 10 à 25 jours après l’examen. Un résultat provisoire est également donné le jour même, mais une deuxième lecture des images par un autre spécialiste a lieu ensuite pour les analyser (d'où ce laps de temps supplémentaire). Ce contrôle permet de détecter 5 à 7 % de cancers supplémentaires. Dans le cas du dépistage individuel les résultats sont donnés le jour même.

Quelles sont les personnes les plus à risque de développer un cancer du sein ?

Le principal facteur de risque est génétique. Donc avant 50 ans, on conseille une mammographie aux femmes qui ont deux ou trois antécédents de cancer du sein dans leur famille au 1er degré (mère, sœur, père), ou qui ont un seul cas de cancer du sein chez une parente de moins de 40 ans. Pour bénéficier d’une surveillance particulière, il faut en parler avec le médecin traitant ou le gynécologue. Si la famille dénombre de nombreux cas de cancer du sein, il faut prendre rendez-vous chez un oncogénéticien (spécialiste de la génétique du cancer), afin de déterminer les risques d'en développer un. En dehors du risque familial, les autres facteurs de risque de développer la maladie sont l’obésité importante, l’absence d’activité physique, le tabac, et éventuellement une consommation excessive d’alcool. Là encore, il faut discuter avec le médecin traitant afin de déterminer la meilleure attitude à adopter.

Auto-palpation : à partir de 30 ans et toujours après les règles

Comment réaliser soi-même l’auto-palpation des seins ? Et à quelle fréquence ?

On peut la faire autant qu’on le souhaite, surtout à partir de 30 ans. Par contre, il faut réaliser cet examen après les règles car avant, les femmes ont les seins gonflés, donc on peut sentir de nombreuses choses qui disparaissent ensuite. Pour réaliser une bonne auto-palpation, il faut le faire la main bien à plat sur le sein en faisant rouler la glande mammaire sur les doigts. Il faut imaginer que le sein est séparé en quatre quarts afin de palper chacun d’eux pour constater ou non quelque chose d’inhabituel : par exemples une boule qui ressemble à un noyau de cerise dur, une plaque un peu plus dure d’un côté que de l’autre, un écoulement qui vient facilement quand on presse le mamelon, etc. En soi, ce ne sont pas des signes graves, mais ils nécessitent la consultation d’un médecin.

En quoi le dépistage est-il un enjeu dans la lutte contre le cancer du sein ?

Il n’y a pas d’autre moyen pour lutter contre le cancer du sein : on ne peut pas empêcher la tumeur de se développer. Donc la meilleure façon de trouver des cas de bon pronostic est de prendre la tumeur au tout début de son apparition, car sa taille est un facteur très important. Si le cancer mesure moins d’un centimètre de diamètre, la personne est guérie 9 fois sur 10 par exérèse chirurgicale et quelques rayons. La survie est alors excellente sans traitement lourd à supporter (chimiothérapie et/ou ablation complète du sein). A l’inverse, si vous laissez une tumeur grossir, il se peut très bien qu’en cinq ans, la petite boule qui aurait été trouvée fait alors plus de 2 cm de diamètre et dans ce cas, les chances de guérison sont moins bonnes. Plus elle grossit, plus elle risque de créer des métastases à distance. En moyenne, 7 cancers du sein sont détectés pour 1000 femmes dépistées.

Merci à Dr Brigitte Seradour, radiologue à Marseille, ancienne Présidente de la Société Française de Sénologie et de Pathologie Mammaire et actuellement Présidente du Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers de la région PACA et de l’Association Nationale des CRCDC.

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