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Mesures barrière

Covid : a-t-on laissé tomber le masque trop tôt ?

Alors que les cas de Covid-19 sont en hausse depuis le début du mois de mars, la levée des restrictions et notamment la fin de l’obligation du port du masque provoque des réactions contrastées au sein du monde médical  

Covid : a-t-on laissé tomber le masque trop tôt ? Egoitz Bengoetxea Iguaran/iStock


  • Publié le 22.03.2022 à 16h45
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L'ESSENTIEL
  • Le Pr Gilles Pialoux juge ambivalente la position du gouvernement sur la question du masque. Il en appelle à la responsabilité individuelle des Français 
  • D’après l’infectiologue Benjamin Davido « on s’avance tout doucement vers l’immunité collective »   
  • L’épidémie pourrait revenir chaque année, comme c’est le cas de la grippe 

Aurait-on enlevé le masque trop tôt ? Au moment où l'OMS estime que certains pays européens dont la France ont levé "trop brutalement" leurs mesures anti-Covid, c’est en substance le constat amer fait par le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropical de l’hôpital Tenon à Paris. Sur BFMTV le lundi 21 mars, il a jugé la politique sanitaire «inaudible » et prédit une évolution pessimiste de l’épidémie de Covid-19 dans les semaines à venir. 

L’épidémiologiste souligne un paradoxe : l’abandon des gestes barrières et de la plupart des mesures sanitaires intervient alors que la France dénombre en moyenne 89 000 cas de contamination par jour - une proportion en hausse, et que les campagnes du ministère de la Santé et de Santé publique France encouragent les personnes à risque de continuer à porter un masque FFP2 en espace fermé. Sur la question du masque, il estime que l’accent aurait dû être mis sur la responsabilité collective et sur le masque comme outil de prévention.  

Une pression hospitalière "stabilisée"  

Dans son intervention, le Pr Pialoux a concédé que la pression hospitalière était "stabilisée" notamment dans son établissement où se trouvent seulement quatre à cinq malades mais il s'attend à une détérioration de la situation à l'automne.  

Cette saisonnalité du virus est un point partagé par l'infectiologue Benjamin Davido de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches: le Covid-19 pourra à l'avenir être pris en charge de la même façon que le virus de la grippe, avec des campagnes de vaccination et la promotion des gestes barrières de novembre à mars pour les personnes les plus à risques.  

Un pas de plus vers l’immunité collective  

Après deux années de restrictions et une évolution positive des indicateurs de l'épidémie, Benjamin Davido a déclaré sur Cnews que les directives du gouvernement étaient légitimes et que le grand nombre de contaminations permettait de se rapprocher de l'immunité collective avec 90% de la population en contact avec le virus, plutôt que 70%. Mais immunité collective ne rime pas avec fin de l’épidémie selon l’expert : « Ceux qui pensait qu’il suffisait d’avoir ce nombre de contamination pour que l’épidémie s’arrête, se trompent ». En effet, l’immunité apportée par les vaccins ou les contaminations diminue avec le temps.  

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