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Neuroscience

Cerveau : ce qui se passe lorsque nous imaginons l’avenir

Dans ses moments d’errance, le cerveau active son réseau du “mode par défaut” qui anticipe l'évènement futur à travers deux fonctions, l’une constructive et l’autre évaluative. 

Cerveau : ce qui se passe lorsque nous imaginons l’avenir metamorworks/iStock

  • Publié le 22.05.2021 à 17h00
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L'ESSENTIEL
  • La fonction constructive permet de créer et prédire un évènement futur.
  • La fonction évolutive juge si cet évènement est positif ou négatif.
  • Deux autres sous-réseaux ont été découvert et participent aux capacités imaginatives d'un évènement futur.

Lorsqu’il n’est pas sollicité pour résoudre une tâche, le cerveau aime se laisser aller et errer en donnant libre court aux pensées. Dans ce cas-là, il aime se tourner vers les évènements futurs et active alors ce que l'on appelle son réseau du “mode par défaut”. Cette région a été découverte récemment, sans que son fonctionnement soit bien compris. Dans une étude parue le 17 mai dans le Journal of Neuroscience, des chercheurs américains ont apporté plus de précisions et révélé deux fonctions à cette zone cérébrale : l’une constructive et l’autre évaluative.

Plusieurs parties du cerveau impliquées

Ces deux rôles sont complémentaires dans la projection vers un évènement futur. Le premier permet de créer et prédire un évènement futur, il s'agit de la la fonction constructive, quand l’autre évalue si cet évènement est positif ou négatif, la fonction évaluative. “C'est une division nette, affirme Joseph Kable, neuroscientifique à l’université de Pennsylvanie aux États-Unis et directeur de la recherche. Lorsque les psychologues expliquent pourquoi les humains ont la capacité d'imaginer l'avenir, c'est généralement pour que nous puissions décider quoi faire, planifier, prendre des décisions. Mais une fonction critique est la fonction évaluative. Il ne s'agit pas seulement de proposer une possibilité, mais aussi l'évaluer comme bonne ou mauvaise.”

Ce réseau du mode par défaut comprend plusieurs parties du cerveau telles que le cortex préfrontal ventromédial, le cortex cingulaire postérieur et les régions des lobes temporaux et pariétaux médiaux, comme l'hippocampe. “Lorsque vous placez des gens dans un scanner cérébral et que vous leur demandez de ne rien faire, de rester assis là, ce sont les régions du cerveau qui semblent être active”, poursuit le neuroscientifique.

Deux sous-réseaux découverts

Pour le constater, les chercheurs ont mené une étude impliquant 13 femmes et 11 hommes. Placés dans une machine d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), ils ont chacun reçu plusieurs scénarios, comme par exemple “imaginez que vous êtes assis sur une plage chaude sur une île tropicale” ou “imaginez que vous gagnez à la loterie l'année prochaine”. Ils ont alors eu 7 secondes pour lire l’un d’entre eux, 12 secondes pour y réfléchir et, enfin, 14 secondes pour évaluer la vivacité et la valence. “La vivacité est le degré auquel l'image qui vient à l'esprit a beaucoup de détails et à quel point ces détails apparaissent subjectivement au lieu d'être vagues, précise Joseph Kable. La valence est une évaluation émotionnelle. À quel point l'événement est-il positif ou négatif ? Est-ce quelque chose que vous voulez voir arriver ou non ?” Les participants ont réalisé cette opération à quatre reprises et, à chaque fois, les chercheurs ont observé l'activité cérébrale grâce à l'IRMf.

Ces expériences ont permis aux chercheurs de mettre en évidence l’existence de deux sous-réseaux lors de la projection d’un évènement futur. “Un réseau, que nous appellerons le réseau dorsal en mode par défaut, a été influencé par la valence, a décrit Joseph Kable. En d'autres termes, il était plus actif pour les événements positifs que pour les événements négatifs, mais il n'a pas du tout été influencé par la vivacité, impliquée elle dans la fonction évaluative.” L’autre sous-réseau, le réseau ventral en mode par défaut, est lui plus actif pour les événements rapides que pour les événements sans détails. “Mais cela n'a pas été influencé par la valence, ajoute le neuroscientifique. Il est également actif pour les événements, qu’ils soient positifs et négatifs, montrant que le réseau est vraiment impliqué dans la construction de l'imagination.”

D’autres recherches déjà lancées 

Les chercheurs se félicitent de ces découvertes qui ouvrent une première étape vers la compréhension de la base des capacités imaginatives. Des évaluations plus complexes, pourraient offrir d'autres indices sur ce processus neuronal, soulignent-ils. Ces derniers ont d’ailleurs déjà indiqué vouloir analyser les raisons pour lesquelles les gens n'accordent pas autant d'importance aux résultats futurs qu'aux résultats immédiats. “Une théorie est que l'avenir n'est pas aussi vivant, pas aussi tangible, détaillé et concret que quelque chose qui se trouve juste devant nous, affirme Joseph Kable. Nous avons commencé à utiliser notre identification du sous-réseau impliqué dans la construction pour poser la question : à quel point ce réseau est-il actif lorsque les gens pensent aux résultats futurs par rapport au même résultat dans le présent ?

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