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Tissu adipeux

Obésité: les cellules des vaisseaux sanguins sont responsables d’une inflammation chronique

Chez les souris atteintes d’obésité, certaines cellules des vaisseaux sanguins sont responsables d’une inflammation chronique. Le mécanisme pourrait être similaire chez l’être humain. 

Obésité: les cellules des vaisseaux sanguins sont responsables d’une inflammation chronique iStockphoto.com/Libre de droit

  • Publié le 05.01.2021 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • Chez les souris, certains types de cellules favorisent l'inflammation des vaisseaux sanguins.
  • Cette inflammation ne se produit que les chez les souris obèses.
  • Les êtres humains pourraient souffrir du même problème.

L’obésité, c’est surtout mauvais pour les vaisseaux sanguins. Dans une étude parue dans Nature metabolism, des scientifiques de l’université de Southwestern (Etats-Unis) ont découvert un type de cellule responsable — du moins chez la souris — du déclenchement d’une inflammation du tissu adipeux chez les personnes souffrant d’obésité. 

Prosaïquement, en consommant plus de calories que nous n’en dépensons, l’excédent est stocké par le corps. Ce surplus est transformé en triglycéride et reste contenu dans le tissu adipeux blanc. Chez les personnes obèses, le tissu adipeux blanc peut devenir surchargé, ce qui entraîne la mort des cellules adipeuses et l’activation des cellules immunitaires. 

Des cellules qui favorisent l’inflammation

L’inflammation des cellules adipeuses chez les personnes obèses est liée à de nombreuses comorbidités que nous associons au surpoids - cancer, diabète, maladies cardiaques et infections, explique le responsable de l'étude, Rana Gupta, docteur en médecine et professeur associé de médecine interne. En identifiant ces cellules, nous avons fait un pas vers la compréhension de certains des événements initiaux qui contribuent à cette inflammation.

En 2018, Rana Gupta et ses collègues identifient un nouveau type de cellule qui tapisse les vaisseaux sanguins chez la souris: une cellule progénitrice adipeuse, dont le rôle consiste à engendrer de nouvelles cellules adipeuses matures. Toutefois, contrairement à la plupart des cellules progénitrice adipeuse, les cellules les progéniteurs fibro-inflammatoires produisent des signaux qui encouragent l’inflammation.

En seulement une journée après avoir fait passer des jeunes souris mâles à un régime alimentaire riche en graisses, les chercheurs ont découvert que les progéniteurs fibro-inflammatoires augmentaient rapidement le nombre de molécules inflammatoires produites. Au bout de 28 jours de régime alimentaire riche en graisses, l’augmentation de la proportion de progéniteurs fibro-inflammatoires est substantielle par rapport aux autres cellules progénitrices adipeuses.

Inflammation exacerbée

Pour prouver que l'augmentation du nombre et de l'activité des progéniteurs fibro-inflammatoires ne sont pas juste un effet secondaire des cellules adipeuses déjà enflammées, l'équipe décide de retirer un gène clé de signalisation immunitaire, Tlr4, des progéniteurs fibro-inflammatoires de certaines souris. Après cinq mois d'un régime riche en graisses, les souris dépourvues de Tlr4 avaient pris autant de poids et autant de graisse que les autres souris suivant un régime riche en graisses. 

Toutefois, les souris génétiquement modifiées — avec des progéniteurs fibro-inflammatoires qui ne pouvaient plus générer les mêmes signaux — ne présentaient plus de niveaux élevés d'inflammation. À la place, les niveaux de molécules inflammatoires dans leur cellule progénitrice adipeuse étaient plus proches des niveaux observés chez les souris suivant un régime alimentaire pauvre en graisses.

Enfin, les chercheurs ont montré que l'augmentation des niveaux d'une molécule de signalisation apparentée, la ZFP423, dans les progéniteurs fibro-inflammatoires, peut également améliorer l'inflammation des cellules adipeuses des souris. Les résultats donnent donc des pistes à suivre pour réduire le risque de maladie chez les personnes obèses. “Il semble que la ZFP423 pourrait être un frein important en termes de ralentissement des signaux inflammatoires dans ces cellules, explique Rana Gupta. Bien sûr, il reste à voir si cela est vrai chez les humains comme chez les souris.

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