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Forte contagion

Covid-19 : pourquoi il faut isoler rapidement les personnes infectées

Une étude publiée dans The Lancet souligne la haute contagiosité des personnes infectées par la Covid-19 au cours de la première semaine suivant l’apparition des symptômes, et plaide pour l’isolement des cas à un stade précoce.

Covid-19 : pourquoi il faut isoler rapidement les personnes infectées Meyer & Meyer/iStock

  • Publié le 20.11.2020 à 12h45
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L'ESSENTIEL
  • Contrairement au SARS-CoV et au MERS-CoV, les cas de transmission virale du SARS-CoV-2 se produisent très tôt : dès l'apparition des symptômes et dans les 5 jours suivants.
  • Les personnes asymptomatiques sont aussi contagieuses durant cette période, même si leur période de contagiosité est plus courte.
  • Ces nouvelles données, provenant d'une méta-analyse de 98 études, suggère donc la nécessité d'isoler très rapidement les personnes infectées à la Covid-19 pour éviter la propagation du virus.

Jusqu’à présent, les données disponibles sur le SARS-CoV-2 indiquaient une période d'infectiosité de neuf jours.

Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique The Lancet Microbe, basée sur l’examen systématique et la méta-analyse de trois coronavirus humains donne davantage de précisions : les personnes infectées par la Covid-19 seraient susceptibles d’être très contagieuses dans les cinq jours qui suivent l’apparition des symptômes.

"C'est la première revue systématique et méta-analyse qui a examiné et comparé de manière exhaustive la charge et l'excrétion virale de ces trois coronavirus humains", explique le Dr Muge Cevik de l'université de St Andrews (Angleterre), auteur principal des travaux. Selon lui, le SARS-CoV-2 se propage plus efficacement que le SARS-CoV et le MERS-CoV (Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient). Il est également plus difficile à contenir.

La majorité des cas de transmission virale se produisant très tôt, et en particulier dans les cinq jours qui suivent l’apparition des symptômes, il est primordial d’isoler le plus rapidement possible les patients, insistent les chercheurs.

Des patients très contagieux dès l’apparition des symptômes

Pour comprendre à quel moment les patients sont le plus susceptibles d'être infectieux, les chercheurs ont passé au crible les différents facteurs impliqués :  la charge virale (comment la quantité de virus dans le corps change tout au long de l'infection), l'excrétion de l'ARN viral (la durée pendant laquelle une personne excède du matériel génétique viral, l’ARN, ce qui n'indique pas nécessairement qu'une personne est infectieuse, car celui-ci n'est pas nécessairement capable de se répliquer), et l'isolement du virus vivant (un indicateur plus fort de l'infectiosité d'une personne, car le virus vivant est isolé et testé pour voir s'il peut se répliquer avec succès en laboratoire).

Au total, 98 études comptant au moins cinq participants, des études de cohorte et des essais contrôlés randomisés ont été inclus dans la méta-analyse. 79 se sont concentrées sur le SARS-CoV-2, dont 73 ne concernaient que des patients hospitalisés. Huit concernaient le SARS-Cov et onze le MERS-CoV.

À partir de ces études, les auteurs ont calculé la durée moyenne de l'excrétion de l'ARN viral et ont examiné les changements de la charge virale et le succès de l'isolement du virus vivant à partir de différents échantillons collectés tout au long d'une infection.

L'analyse des résultats des études sur le SARS-CoV-2 a montré que la durée moyenne de l'excrétion de l'ARN viral dans les voies respiratoires supérieures, les voies respiratoires inférieures, les selles et le sérum était respectivement de 17 jours, 14,6 jours, 17,2 jours et 16,6 jours. La durée la plus longue de l'excrétion de l'ARN a été également respectivement de 83, 59, 35 et de 60 jours.

Sur les onze études qui ont tenté d'isoler le virus vivant, huit ont réussi à cultiver un virus viable dans la première semaine de la maladie. Parmi les études qui ont également mesuré la charge virale de l'ARN, celles-ci ont démontré un lien entre le succès de l'isolement du virus vivant et les niveaux de charge virale. En revanche, aucune étude n'a réussi à isoler le virus vivant au-delà du neuvième jour des symptômes dans aucun type d'échantillon, malgré des charges virales en ARN élevées et persistantes.

"Ces résultats suggèrent qu'en pratique clinique, il n'est peut-être pas nécessaire de répéter les tests PCR pour considérer qu'un patient n'est plus infectieux, car cela pourrait rester positif beaucoup plus longtemps et n'indique pas nécessairement qu'il pourrait transmettre le virus à d'autres personnes", insiste le Dr Cevik, qui estime que chez les patients ayant développé des symptômes peu graves, "la période d'infectiosité pourrait plutôt être comptée comme 10 jours à partir de l'apparition des symptômes".

Les personnes asymptomatiques sont aussi contagieuses

La charge virale la plus élevée de l'ARN du SARS-CoV-2 a été détectée au moment où les symptômes apparaissent, ou avant le cinquième jour des symptômes. En revanche, les charges virales du SARS-CoV et du MERS-CoV ont culminé respectivement à 10-14 jours et 7-10 jours après l'apparition des symptômes. Cela explique pourquoi la transmission de ces virus peut être efficacement réduite par l'identification immédiate, l'isolement et la mise en quarantaine des personnes qui présentent des symptômes de la maladie.

Le passage en revue des douze études portant sur les personnes asymptomatiques infectées par le SARS-CoV-2 montre que ces dernières sont aussi infectieuses au début de l’infection et ce, même si elles ne présentent pas de symptômes. En revanche, cette période de contagiosité est plus courte.

Malgré les limites de l’étude, les résultats obtenus suggèrent la nécessité de détecter et d’isoler rapidement les personnes positives à la Covid-19 afin d’éviter qu’elles ne contaminent leur entourage. "La majorité des études incluses dans notre examen ont été réalisées sur des patients qui ont été admis à l'hôpital. Par conséquent, nos conclusions peuvent ne pas s'appliquer aux personnes atteintes d'une infection moins grave, bien que ces résultats suggèrent que les personnes atteintes de cas moins graves peuvent éliminer le virus plus rapidement de leur corps", estime le Dr Antonia Ho, autrice principale. "En outre, le déploiement croissant de traitements, tels que la dexaméthasone, le remdesivir ainsi que d'autres antiviraux et immunomodulateurs dans les essais cliniques sont susceptibles d'influencer l'excrétion virale chez les patients hospitalisés. Des études supplémentaires sur l'excrétion virale dans ce contexte sont nécessaires", conclut-elle.

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