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Rentrée sous tension

Covid-19 : la hausse des contaminations jugée «exponentielle» après les derniers chiffres

Dans son point du 28 août, Santé Publique France juge la propagation de l’épidémie "exponentielle" en France. Une situation d’autant plus préoccupante qu’elle précède la rentrée, pour les élèves comme pour les salariés.

Covid-19 : la hausse des contaminations jugée «exponentielle» après les derniers chiffres Julien Viry/iStock

  • Publié le 29.08.2020 à 14h00
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L'ESSENTIEL
  • Selon Santé Publique France, le nombre de cas présentant des symptômes de Covid-19 est en hausse de 74% par rapport aux semaines précédentes.
  • 52 départements sont en situation de vulnérabilité.
  • 192 nouveaux clusters ont été identifiés, dont de nombreux dans des entreprises.

À quelques jours de la rentrée scolaire, et alors que de nombreux travailleurs s’apprêtent à reprendre lundi le chemin du bureau, la situation sanitaire en France se dégrade.

Dans son point sur l’épidémie de Covid-19 daté du 28 août, Santé Publique France estime que 'la progression de l’épidémie est exponentielle" et juge 'préoccupante" la dynamique de la transmission qu’elle a observé du 17 au 23 août dernier.

En cause : l’augmentation en forte hausse des cas présentant des symptômes de la Covid-19. Celle-ci affiche une progression de 74% pour rapport à la semaine précédente, avec pour plus de la moitié des cas confirmés. Une tendance qui touche principalement les jeunes adultes, mais n’exclue pas les autres catégories d’âge. Les taux de positivité des prélèvements sont aussi à la hausse (+3,7% par rapport à la semaine précédente), de même que le nombre de clusters (192 supplémentaires).

Pour la première fois depuis le début de l’été, 78 départements ont dépassé dans la semaine du 17 au 23 août le seuil du taux d’incidence de 10 pour 100 000 habitants. Ainsi, au 28 août 2020, 52 départements ont été décrétés en situation de vulnérabilité, dont 17 en situation de vulnérabilité élevée. Il s’agit de la Martinique, de la Guadeloupe (dont Saint-Martin et Saint-Barthélemy), des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, de la Gironde, de la Guyane, des Hauts-de-Seine, de l’Hérault, du Loiret, de Paris, du Rhône, de la Sarthe, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val-d’Oise, du Var et du Vaucluse.

"Ces résultats indiquent qu’il est primordial de poursuivre les efforts de sensibilisation de l’ensemble de la population dans l’application des gestes barrière notamment l’utilisation du masque et la distanciation physique pour freiner la propagation du virus", explique Santé Publique France. "Plus le temps passe, plus les choses se précisent et plus on peut assurer qu’on ne va pas vers un plateau", précise encore au Figaro Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l’agence sanitaire.

Une hausse des contaminations en entreprise

Si la rentrée scolaire cristallise les inquiétudes des parents et des professionnels de santé, le retour des travailleurs dans leur entreprise fait craindre un mois de septembre sous tension.

Selon les chiffres des Agences régionales de Santé, les contaminations en entreprise prennent en effet de l’ampleur, en particulier dans le bassin parisien qui concentre une grande partie des activités. D’où l’importante augmentation des clusters ces dernières semaines. Selon Santé Publique France, 33% de ces foyers de contamination comptant au moins 3 cas détectés ou probables sont des entreprises, contre 9% dans les rassemblements de famille élargie et 19% dans des rassemblements publics ou privés. L’administration publique (ordre public, sécurité, services du feu et de secours notamment) et l’industrie manufacturière sont actuellement les secteurs d’activité les plus représentés parmi les clusters.

"Il est à craindre que le nombre de cas groupés en entreprise augmente après les grandes vacances avec un retour des salariés, analyse pour Le Figaro Pascal Crépey, épidémiologiste à l’École des hautes études en santé publique de Rennes. Ces données justifient clairement l’obligation du port du masque en milieu professionnel confiné."

Ne pas miser sur l’immunité collective

Face au risque élevé que représente le mois de septembre dans la propagation du virus, il est donc de moins en moins question de parier sur "l’immunité de groupe" pour éliminer le SARS-CoV-2, c’est-à-dire d’attendre que les deux tiers de la population aient été contaminés pour que le virus arrête de circuler par lui-même.

"Pour la France, cela représente environ 40 millions de personnes, souligne dans La Dépêche le Dr Luc Dauchet, épidémiologiste au CHU de Lille. Avant qu'elles soient toutes contaminées, cela peut prendre énormément de temps, même en enlevant les gestes barrières qui ralentissent la circulation du virus." 

D’autant que miser sur l’immunité collective ferait nécessairement de nombreuses victimes, à commencer par, comme lors de la première vague, les personnes fragiles et les plus de 65%. "Il faut s'imaginer que les hôpitaux seront de nouveaux surchargés, qu'il y aurait une nouvelle hausse du nombre de mort. L'immunité collective est une stratégie qui a des conséquences humaines peu souhaitables", rappelle le spécialiste.

Selon lui, il est préférable d’attendre la commercialisation d’un vaccin contre la Covid-19. "Le vaccin est un autre moyen d'atteindre l'immunité collective, sans que des personnes soient contaminées. Si on vaccine les deux tiers des personnes contre le Covid-19, alors il disparaîtra de lui-même. La variole a disparu de cette façon."

https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/1176-Coronavirus-Covid-19-n-est-qu-une-infection-virale-poumon

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