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Coronavirus : pourquoi sommes-nous loin des 700 000 tests par semaine promis par Edouard Philippe?

Alors qu'Edouard Philippe voulait qu'au moins 700 000 tests de dépistage au coronavirus soient réalisés par semaine après le 11 mai, seuls 216 891 tests RT-PCR ont été effectués entre le 18 et le 24 mai, révèle Santé publique France. En cause, un modèle épidémiologique originel erroné, un système de récupération de données incomplet et un manque de matériel. 

Coronavirus : pourquoi sommes-nous loin des 700 000 tests par semaine promis par Edouard Philippe? jarun011/iStock

  • Publié le 04.06.2020 à 12h00
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L'ESSENTIEL
  • "Au moins 700 000 tests virologiques par semaine" seront réalisés après le 11 mai, avait promis le gouvernement.
  • D'après Santé publique France, seuls 216 891 tests RT-PCR ont été effectués entre le 18 et le 24 mai.
  • En cause, un modèle épidémiologique erroné, un système de récupération de données incomplet et un manque de matériel. 

A partir du déconfinement, “au moins 700 000 tests virologiques par semaine” seront réalisés, avait promis le premier ministre, Edouard Philippe, à l’Assemblée nationale le 28 avril. Un mois et demi, plus tard, les chiffres annoncés par Santé publique France en sont loin. En effet, du 18 au 24 mai, seuls 216 891 tests RT-PCR, détectant la présence du virus dans l’organisme, ont été réalisés, révèle le dernier bulletin de l’organisme, paru le 29 mai. 

Quand Edouard Philippe a évoqué les 700 000 tests, il s’appuyait sur un modèle épidémiologique du conseil scientifique du 20 avril qui prévoyait entre 1 000 et 3 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour après le déconfinement. Pourtant, entre le 18 et le 24 mai, Santé publique France n’a répertorié que 4 119 cas, donc moins que ce que le gouvernement avait prévu, explique Franceinfo dans un article paru le 1er juin. Moins de personnes présentant des symptômes qu’anticipé, il est donc logique d’effectuer moins de tests. 

Qui plus est, le système de récupération des données mis en place est incomplet, rapporte Franceinfo. En effet, jusqu’à il y a peu Santé publique France ne recensait que les tests en laboratoire de biologie médicale effectués par Cerba, Eurofins-Biomnis et Inovie. Récemment, l’organisme a toutefois développé un nouveau système d’information de dépistage : le SI-DEP. Au 27 mai, quasiment tous les laboratoires de France avaient transmis leurs résultats, soit plus de 4 700 sites de prélèvements. “Des contrôles sont effectués afin d’améliorer la qualité et la complétude de ces données et de nouveaux laboratoires continuent à être intégrés dans le système”, détaille aujourd’hui Santé publique France dans son bulletin.

Une déficience de moyens

Dans le détail, de 210 000 tests RT-PCR ont été effectués en une semaine. Les tests sérologiques ne sont en revanche pas comptabilisés par ce système de données, même si cela ne saurait tarder. Enfin, se pose la question du manque de matériel. Le 14 mai, l’émission Envoyé spécial révélait que les réactifs, indispensables pour extraire l’ARN ou ADN pathogène du virus lors de tests RT-PCR, n’étaient pas fabriqués à échelle suffisante en France. Si des producteurs existent à l’étranger, ils réservent leurs produits à leur marché domestique.

Pour le président du Syndicat national des biologistes des hôpitaux (SNBH), Xavier Palette, “c’est impossible d’arriver à 700 000 tests en une semaine”. “Il manque des surblouses, des kits de prélèvement, du personnel…", expliquait-il à Franceinfo le 11 mai.

Du 18 au 24 mai, le taux de positivité national hebdomadaire était de 1,9%. En France métropolitaine, le taux de positivité était inférieur à 5% dans l’ensemble des départements. Les taux d’incidence les plus élevés ont été observés dans la Vienne (24,7/100 000 habitants), les Côtes d’Armor (21,0/100 000 habitants) et la Meuse (22,6/ 100 000 habitants). Des foyers épidémiques sont en cours d’investigation dans ces départements. En Outre-mer, le taux de positivité a été établi à 14%. Cependant, les données de Mayotte ne sont pas encore interprétables “du fait d’une transmission de données encore trop partielle”, précise Santé publique France.

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