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QUESTION D'ACTU

Détresse psychologique

Coronavirus : CovidEcoute, la plateforme qui prend en charge les anxieux du confinement

Afin d'aider les Français en situation de détresse psychologique à cause du confinement, la plateforme CovidEcoute propose, entre autres, des entretiens gratuits avec des spécialistes de la santé mentale. 

Coronavirus : CovidEcoute, la plateforme qui prend en charge les anxieux du confinement Kitzcorner/iStock

  • Publié le 27.04.2020 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • Le confinement a entraîné un accroissement des cas de détresse psychologique
  • Une psychologue a mis en place une plateforme d'écoute accessible gratuitement

L’après-Covid sera psychiatrique”. Selon un sondage YouGov, le 30 mars, soit quinze jours après le début du confinement, 40% des Français se sentaient psychologiquement “moins bien” qu’avant. Si ce chiffre est impressionnant, il y a fort à parier que, trois semaines plus tard, il n’a fait qu’augmenter. Pour aider les nombreux Français en situation de détresse psychologique à cause du confinement, la Fondation FondaMental a créé la plateforme CovidEcoute à l’initiative de la psychologue clinicienne Stéphanie Pelissolo. “C’est une solution originale, gratuite, entièrement sécurisée, qui durera le temps de la pandémie”, explique à Pourquoi docteur Marion Leboyer, professeure de psychiatrie à l’université Paris-Est Créteil, responsable du DMU Impact au groupe hospitalier Henri Mondor et directrice de FondaMental. Mise en place avec le soutien du cabinet de conseil et d’audit PwC France et Maghreb, d’AXA et de sa plateforme Qare, de l’Association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC), de l’Encéphale online et de la Fondation Pierre Deniker, Covid Ecoute est accessible gratuitement depuis un ordinateur ou un smartphone.

La plateforme propose “des programmes pour s’aider soi-même ou de choisir, parmi une liste de professionnels de santé mentale bénévoles et spécialisés dans la prise en charge en santé mentale, un psychiatre, un psychologue, un addictologue pour une ou deux consultations en visio entre 45 minutes et une heure et demie gratuitement”. Après quoi, un compte-rendu de l’échange vous sera envoyé. 

Dans le détail, la rubrique “s’aider soi-même” renvoie vers des conseils, des exercices de méditation de pleine conscience, l’application d’auto-soins Mon Sherpa, gratuite pendant les trois premiers mois ou encore des liens vers divers contenus d’informations relatifs au Covid-19. Quant aux professionnels consultables, il s’agit de spécialistes formés avec les outils de l’AFTCC ou qui “nous ont contactés se mettre à disposition de CovidEcoute et des appelants pendant certaines plages horaires, puisqu’en général ils travaillent en parallèle”, explique Marion Leboyer.

“Essayer d’accompagner de façon ponctuelle pour prévenir des états de dépression”

Depuis son lancement, le 15 avril, CovidEcoute a déjà rencontré un certain succès avec plus de 22 000 visites et près de 400 téléconsultations. “Ce qu’on redoutait est en train d’arriver : il y a bien sûr des patients déjà pris en charge qui appellent de façon ponctuelle mais aussi beaucoup de gens qui n’ont jamais été pris en charge et qui font appel à nous car ils sont stressés par le confinement, la maladie, le fait qu’ils ne contrôlent plus leur consommation d’alcool, qu’ils n’arrivent plus à gérer leur quotidien entre travail, courses, enfants et ménage…, explique la directrice de FondaMental. Nous recevons également des appels de soignants exposés à des situations très difficiles et douloureuses ou encore des familles endeuillées ou dont les proches sont à l’hôpital. Cette situation risque d’empirer avec les conséquences sociales et économiques de la pandémie. Les conditions actuelles augmentent le risque de stress post-traumatique et de dépression, alerte-t-elle.

Toutefois, si dépression sérieuse il y a, les spécialistes peuvent orienter la personne vers un thérapeute, car CovidEcoute est avant tout “une stratégie de prise en charge dédiée à cette situation très stressante qu’est la pandémie actuelle, insiste Marion Leboyer, précisant qu’il est impossible d’aller au-delà de deux séances par appelant. Cette plateforme a pour mission d’essayer d’accompagner de façon ponctuelle les personnes qui appellent pour prévenir ces états de dépression et de stress post-traumatique et les inviter éventuellement à consulter un médecin ou leur psychologue s’ils en ont déjà un.” 

“Il va falloir assurer pour toute une nouvelle part de la population”

Malheureusement, depuis le début du confinement, les Français consultent beaucoup moins. Si cela est vrai pour toutes les pathologies, c’est encore pire en termes de santé mentale. « En région parisienne, la fréquentation des urgences psychiatriques a baissé de 50% par rapport à d’habitude”, alerte Marion Leboyer qui rappelle aux inquiets que “des circuits non-Covid ont été mis en place. “Ils ne faut pas que les Français aient peur d’attraper le coronavirus en allant consulter et il ne faut pas qu’ils aient peur de nous déranger. On est là pour ça. Les professionnels de santé mentale se sont tous réorganisés. Tous les Centres médicaux psychologiques fonctionnent en téléconsultation et les psychiatres libéraux aussi”, rappelle-t-elle, déplorant le nombre d’annulations de rendez-vous. 

Si la situation actuelle est loin d’être réjouissante, la psychiatre est surtout inquiète pour l’après. “La psychiatrie était déjà le maillon faible du dispositif médical français avant la crise mais désormais il va falloir assumer et assurer pour toute une nouvelle part de la population.” En effet, le confinement risque d’avoir de lourdes conséquences psychologiques chez de nombreux Français qui n’étaient pas pris en charge avant. “On pense que l’après Covid va être psychiatrique”, alerte-t-elle.

Beaucoup de gens vont tomber malades. Aujourd’hui, on a l’impression que de nombreuses personnes souffrant d’états dépressifs ou de troubles anxieux nous appellent. Plusieurs d’entre elles vont avoir besoin d’une prise en charge après, psychothérapique et médicale. Rappelez vous que les CMP sont gratuits », insiste-elle. On est déjà en train de penser à la solution d’après pour essayer de pérenniser une offre dont vous parlera plus tard.”  

 

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