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Coronavirus

Distribution de masques grand public : par quel biais, à quel coût et comment les porter ?

Dans un entretien aux Echos paru vendredi 24 avril, la secrétaire d'État à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé une distribution de masques grand public à partir du 4 mai. Comment seront-ils distribués, à quel prix, comment les porter et les entretenir? Pourquoi Docteur fait le point. 

Distribution de masques grand public : par quel biais, à quel coût et comment les porter ? Jurgute/iStock

  • Publié le 24.04.2020 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • Des distributions de masques pour le grand public seront organisées à partir du 4 mai
  • Ces masques seront pour la plupart en textile, lavables et réutilisables
  • Le prix de chaque masque pourrait être d'environ 5 euros

Le moment tant attendu va enfin arriver. “Les Français pourront se procurer des masques à partir du 4 mai”, a annoncé la secrétaire d'État à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, dans un entretien aux Échos paru vendredi 24 avril. “L'État contribuera à doter en masques grand public les citoyens dès que possible par les canaux de distribution les mieux adaptés", explique-t-elle. Pourquoi Docteur fait le point.

Qu'est-ce qu'un masque “grand public” ?

Le masque dit grand public diffère du masque chirurgical ou FFP2, qui est réservé au personnel médical. Les masques qui seront distribués aux Français visent à freiner la propagation du virus en limitant la projection de gouttelettes. Porter un tel masque est un geste de civisme : cela ne vous protège pas mais protège les autres. Les masques qui seront distribués devront être réalisés sur la base des recommandations de l'Association française de normalisation (Afnor). Ils filtreront de 70% à 90% les particules de 3 micromètres, seront fabriqués en tissus et réutilisables “cinq, vingt, trente fois”, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Comment seront-ils distribués ?  

Pour l’instant, le gouvernement a initié une filière de fabrication de masques grand public en textile, “le plus souvent lavables et réutilisables", explique Agnès Pannier-Runacher, qui assure que la production a atteint plus de 10 millions de masques la semaine passée. “L'approvisionnement, par la production française et les importations, va s'accroître rapidement pour dépasser 25 millions de masques lavables par semaine fin avril (…) Plusieurs modes de distribution ont été identifiés pour permettre à un maximum de Français d'y avoir accès. Le champ des possibles est très large et nous regardons toutes les hypothèses : pharmaciens, mairies, grande distribution, buralistes, plateforme Afnor, e-commerce, etc.", poursuit-elle. Concernant les mairies, l’Elysée aimerait encourager les édiles à acheter massivement des masques grand public. Plusieurs villes ont déjà pris les devants.

A Nantes, la maire Johanna Rollad a annoncé avoir effectué une première commande de 600 000 masques lavables et réutilisables. A Paris, Anne Hidalgo, a promis de bientôt offrir deux millions de masques en tissu aux habitants. A Cannes, les premiers masques ont été envoyés par courrier dès le 20 avril. Au niveau des pharmacies, les masques en tissu ne font pour l’heure pas partie de la liste des marchandises autorisées, mais l’Ordre espère une évolution de la situation dans les prochains jours grâce à un arrêté ministériel spécifique.

Si vous voulez acheter un masque en ligne, faites attention aux modèles très répandus “comportant une ou plusieurs coutures verticales, le long du nez, de la bouche et du menton", alerte l’Anfor. En effet, cette solution présente un “risque de fuite (de projection) par la couture”. Aussi, pour être certain d’acheter un masque dans les normes, le plus sûr est de vous rendre sur la nouvelle plateforme de l’Anfor qui met en relation des fabricants de chaque département avec les demandeurs, particuliers ou non. Les confectionneurs doivent attester sur l’honneur qu’ils ont bien suivi les recommandations de l’association, notamment en ce qui concerne la capacité de filtration à 70 % et la résistance à cinq cycles de lavage, au minimum.

Combien coûteront-ils ?  

Concernant les masques commandés par la plateforme Anfor, s’ils ne sont pas remis gratuitement, ils sont en moyenne facturés entre trois et neuf euros. Le prix inclut la matière fournie, le temps de fabrication et l’expédition. Les buralistes seraient quant à eux sur le point de trouver un accord avec le gouvernement pour vendre des masques à cinq euros. Toutefois, le gouvernement n’est pas encore sûr d’encadrer les prix. “A la différence des masques chirurgicaux pour lequel un masque est similaire à un autre, ceux en textile sont très différenciés, justifie Agnès Pannier-Runacher.. (...) Je pense que chaque consommateur sera assez vite en position de choisir ce qui lui convient le mieux. En fonction du rapport qualité/prix, de la durabilité, du confort ou du style.”

Peut-on en fabriquer un soi-même ?

Si vous voulez vous fabriquer un masque en tissu dans les normes vous-même, vous pouvez suivre guide de l'Association française de normalisation (Afnor), qui permet de télécharger gratuitement des patrons sur son site. Vous pouvez également vous référer au mode d’emploi réalisé par le CHU de Grenoble à destination de son personnel, ou encore aux recommandations des autorités sanitaires américaines. Sur son site, le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), autorité sanitaire américaine, donne également des instructions très détaillées sur comment réaliser un masque

Comment le porter et l’entretenir ?

Pour être efficace, le masque doit être correctement utilisé : il doit être porté sur une peau nue, sans cheveux, ni barbe et bien recouvrir le nez et la bouche. Afin d'éviter tout risque de contamination, il est nécessaire de se laver les mains avant et après toute manipulation du masque. Sa face ne doit jamais être touchée: il vous faudra le saisir par les élastiques. Une fois installé sur le visage, n’y touchez plus. Le masque est efficace pendant quatre heures. Après quoi, vous devrez le laver, à 60 degrés et au minimum pendant trente minutes. “Les masques doivent être séchés complètement, voire sur-séchés” moins de deux heures après le lavage, précise l'Afnor. Ainsi, il est préférable d’utiliser un sèche-linge. Enfin, porter un masque en tissu ne dispense nullement des mesures barrières actuellement en vigueur, telles que la distanciation physique et le lavage régulier des mains.

Les masques vont-ils devenir obligatoires ?

Aucune législation n’a pour l’heure été adoptée et le maire de Sceaux qui avait voulu imposer le port du masque à ses citoyens sous peine d’amende a été débouté par la justice. Toutefois, l’exécutif songe à rendre le port du masque systématique dans certains lieux. “Les transports sont un des cas où le port du masque pourra être obligatoire à compter du 11 mai, nous sommes en train d'étudier les conditions dans lesquelles cela pourra être mis en œuvre", a ainsi déclaré le premier ministre, Edouard Philippe, dimanche 19 avril. Pour sa part, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, souhaite que “le port du masque soit obligatoire" dans les transports en commun, a-t-elle expliqué BFMTV. Pour ce faire, elle a promis d'équiper gratuitement en masques les voyageurs “pendant les premières semaines du déconfinement”. 

Le port du masque anti-projections doit être généralisé dans l'espace public", recommande pour sa part l'Académie nationale de médecine, dans un communiqué publié mercredi 22 avril. “Le principe ‘altruiste’ de ce type de masque a été souligné en rappelant qu’il n’était pas destiné à protéger la personne qui le porte, mais les personnes alentour, selon le principe ‘Un pour tous, tout pour un’. Pour être efficace, le port du masque anti-projections doit être généralisé dans l’espace public. Cette mesure ne peut avoir un impact épidémiologique sur la circulation du virus que si tout individu s’astreint à l’appliquer dès qu’il sort de son domicile. Une simple recommandation ne peut suffire, chacun devant se considérer comme potentiellement porteur du virus et contagieux, même quand il se sent en bonne santé. Veiller à ne pas contaminer les autres n’est pas facultatif, c’est une attitude ‘citoyenne’ qui doit être rendue obligatoire dans l’espace public”, est-il notamment écrit.

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