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Dépression, stress post-traumatique : comment le cyberharcèlement augmente les risques chez les ados

Le cyberharcèlement amplifierait les symptômes de dépression et de stress post traumatique chez les adolescents, selon une nouvelle étude américaine. 

Dépression, stress post-traumatique : comment le cyberharcèlement augmente les risques chez les ados Moore Media/iStock

  • Publié le 26.01.2020 à 18h00
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Avec l’avènement des réseaux sociaux est arrivé, entre autre, une augmentation du cyber-harcèlement, phénomène dont les victimes sont généralement des jeunes, plus connectés mais également plus vulnérables. En France, d’après un sondage Ifop paru il y environ un an, un jeune majeur sur cinq a déjà souffert de cuber-harcèlement. Ainsi, un quart des 18-24 ans aurait subi des insultes ou des propos grossiers sur la toile. Et bien évidemment, le cyber-harcèlement a des conséquences sur la santé mentale des victimes. Selon une nouvelle étude américaine parue dans le Journal of Clinical Psychiatry, il amplifierait notamment les symptômes de dépression et de stress post traumatique chez les adolescents.

Pour leur étude, les chercheurs ont suivi 50 adolescents âgés de 13 à 17 ans hospitalisés dans un établissement du comté de Westchester, aux Etats-Unis. Parmi les adolescents interrogés, près d’un quart d’entre eux (20%) a déclaré avoir été victime de cyberharcèlement au cours des deux derniers mois précédant l’hospitalisation. Dans le détail, la moitié des participants harcelés a reçu un SMS tandis que l’autre a été intimidée sur Facebook ou Instagram (échange de photos, de vidéos ou messages via l’application de discussion instantanée).

En interrogeant également les jeunes sur la nature et le degré de leurs symptômes psychiatriques ainsi que sur les expériences traumatisantes subies au cours de l’enfance, les chercheurs ont remarqué que les victimes de cyberharcèlement présentaient un degré de sévérité plus important du syndrome de stress post-traumatique, de dépression et de colère que les autres. Elles étaient également plus nombreuses que les autres à faire état de violence psychologique pendant leur enfance (insultes, manque d’affection, menaces…).

Le temps passé en ligne n’aurait pas d’influence sur le risque de cyberharcèlement

"Ces données suggèrent que les personnes ayant des antécédents de traumatismes dans leur enfance semblent également vulnérables à des expériences négatives continues pendant l'adolescence", notent donc les chercheurs.

Ces derniers n’ont en revanche pas établi de lien entre un risque accru de cyberharcèlement au cours de l’adolescence et d’autres types de traumatismes comme la violence physique, la négligence physique ou encore l’abus sexuel. Par ailleurs, le fait d’être régulièrement connecté sur les réseaux sociaux ne semblait pas avoir d’impact particulier en la matière.   

"D'autres études sont nécessaires pour établir si seule la violence psychologique subie pendant l'enfance peut rendre les adolescents plus susceptibles de subir des actes de cyberharcèlement", écrivent donc les chercheurs.  

Les professionnels de santé devraient interroger les jeunes sur le sujet  

"La cyberintimidation est peut-être plus pernicieuse que d'autres formes d'intimidation en raison de sa portée", commente le Dr Philip Harvey, professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l'Université de Miami Miller School of Medicine, co-auteur de l’étude, cité par Medical Xpress. "L'intimidation peut être virale et persistante. Pour être vraiment une forme d'intimidation, elle doit être personnelle - un commentaire directement négatif qui tente de faire en sorte que la personne se sente mal", développe-t-il.

L’expert recommande donc aux psychologues, psychiatres et autres professionnels de santé à demander aux jeunes s’ils ont été maltraités ou traumatisés quand ils étaient plus jeunes et s’ils sont victimes de cyberharcèlement aujourd’hui. Intégrer ce genre de questions à l’évaluation clinique des adolescents pourrait permettre de mettre en lumière de nouveaux symptômes, conduisant ainsi à une meilleure prise en charge.  

Et le Dr Harvey d’encourager parents et ados à réagir face à l’agresseur virtuel. "Il n'est pas difficile de bloquer quelqu'un sur Internet, qu'il s'agisse de textos, de Facebook, de Twitter ou d'envoi de photos. Demandez-vous pourquoi les gens vous choisissent pour vous intimider ? Si c'est quelque chose que vous publiez, évaluez cela et faites un changement", interpelle-t-il.

En France, un délit trop peu souvent condamné

En France, le cyberharcèlement est un délit passible de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Si la victime a moins de 15 ans, la peine maximale et portée à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende, est-il précisé sur le site gouvernemental Service-Public.fr. Malheureusement, comme souvent dans les cas de harcèlement, de nombreuses victimes ne portent jamais plainte, souvent par peur de ne pas être prises au sérieux. Sur Internet, ont peut également lire de nombreux témoignages de personnes racontant ne pas avoir eu de retour suite à leur plainte ou que cette dernière avait été classée sans suite.

Ainsi, entre août 2014 et 2017, seules 18 condamnations auraient été prononcées par la justice pour l’infraction de "harcèlement commis au moyen d’un service de communication au public en ligne ou d’un support numérique ou électronique". 

 

 

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