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Tabac : une cellule inconnue découverte dans les poumons des fumeurs

Des chercheurs américains ont identifié un type de cellule inconnu présent dans les poumons des personnes qui fument. Ces cellules restent dans l’organisme, et cela même en cas d’arrêt du tabac.

Tabac : une cellule inconnue découverte dans les poumons des fumeurs Panksvatouny/iStock

  • Publié le 14.12.2019 à 09h00
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Les poumons qui noircissent et prennent un aspect nécrosé. Les effets du tabac sur les poumons sont connus depuis longtemps et cela, même chez les fumeurs occasionnels. Toutefois, la cigarette pourrait également avoir un effet directement sur les cellules. Les fumeurs présenteraient même un type de cellule qui n’existe pas chez les personnes qui ne fument pas. C’est la découverte faite par une équipe scientifique de la Boston university School of medecine, aux Etats-Unis. Leurs résultats sont publiés dans la revue Science Advances.

“L’épithélium bronchique humain (la couche des cellules qui recouvre la paroi des bronches) est composé de plusieurs types de cellules distinctes qui coopèrent pour se défendre contre les agressions de l’environnement extérieur. Les bronches sont tapissées d’un épithélium qui agit comme une barrière physique contre l’exposition à des agressions telles que les toxines inhalées, les allergènes et les agents pathogènes”, expliquent les auteurs de l’étude. Ce processus de coopération entre les cellules pour éliminer les substances inhalées fonctionne également en cas d’inhalation de fumée de tabac.

Pour mener leur étude, les chercheurs ont comparé l’épithélium bronchique de six personnes fumeuses à celui de six personnes non-fumeuses. Chaque participants a subi une bronchoscopie, un examen qui consiste à examiner les voies respiratoires, la trachée et les grosses bronches d’un patient lorsqu’il est endormi. De plus, l’équipe scientifique a collecté des cellules de leurs voies respiratoires, qui ont ensuite été analysées.

Détecter les anomalies dans les poumons plus tôt

Plusieurs différences ont été soulignées. D’abord, certains types de cellules avaient considérablement diminué entre les non-fumeurs et les fumeurs, d’autres avaient augmenté. Mais surtout, les chercheurs ont découvert une sous-population de cellules encore jamais identifiées. Leur origine et leur rôle sont pour le moment inconnues. Mais “ces altérations irréversibles de la composition de l’épithélium bronchique pourraient être à l’origine de maladies chroniques”, pensent les auteurs.

Le séquençage de ces cellules a de plus montré la présence du gène CEACAM5, également retrouvé dans les tissus pulmonaires pré-cancéreux ainsi que dans les tumeurs du poumon. Ce nouveau “paysage cellulaire” pourrait rendre les poumons plus faibles face aux maladies. Pire encore, la cellule ne disparaît plus de l’organisme une fois qu’elle est présente, selon l’étude.

Pour les chercheurs, mieux comprendre les conséquences du tabac sur les cellules aidera à comprendre le passage d’un état sain à un état malade. “Nous espérons que cette étude et les travaux qui en découleront mèneront à des stratégies efficaces pour la détection précoce, la prévention et la lutte contre les maladies pulmonaires associées au tabagisme”, ajoute Joshua Campbell, professeur adjoint de médecine à l'université de Boston et auteur de l’étude. En France, environ 46 000 cas de cancer du poumon ont été diagnostiqués en 2018, selon l’Institut Curie.

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