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Environnement

Tous les Français victimes des polluants du quotidien

Selon une étude de Santé publique France parue mardi 3 septembre, les polluants du quotidien (parabènes, bisphénols et autres) seraient présents dans l'organisme de tous les Français. Les enfants seraient particulièrement vulnérables. 

Tous les Français victimes des polluants du quotidien  LightFieldStudios/iStock

  • Publié 03.09.2019 à 20h00
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Cela fait des années que nous savons que des substances chimiques tels que les parabènes, les phtalates ou les bisphénols sont présents dans quasiment tous les objets de notre quotidien, de l’alimentation aux cosmétiques en passant par les produits d’entretien. Mais d’après une étude réalisée par Santé publique France parue ce mardi 3 septembre, ils se seraient frayés un chemin jusque dans notre organisme. Tous les Français seraient concernés, et surtout les enfants. Si les associations mises en lumière ne démontrent pas de lien de cause à effet direct entre l’usage d’un produit et l’accumulation de polluant dans le corps, ces liens ouvrent de nombreuses pistes d’exploration.

Entre 2014 et 2016, Santé publique France a cherché la présence de ces substances chez 1 104 enfants et 2 503 adultes. Ils ont prélevé les urines, le sérum et les cheveux des participants tout en les soumettant à un questionnaire sur leurs habitudes de vie et de consommation.

Les chercheurs ont ainsi pu remarquer que les enfants étaient plus imprégnés que les adultes. "Des contacts cutanés et de type 'main bouche' plus fréquents pour des produits du quotidien (jouets, peintures...), des expositions plus importantes liées par exemple à une exposition accrue aux poussières domestiques ou à un poids corporel plus faible par rapport à leurs apports alimentaires, comparativement aux adultes", pourraient expliquer ce phénomène, note Santé publique France.

De l’importance d’aérer quotidiennement

L’institut a également listé les composés chimiques par risques. Concernant les bisphénols S et F, suspectés d’être des perturbateurs endocriniens au même titre que le bisphénol A, interdit en France dans les conditionnements alimentaires depuis 2014, ils interviennent dans la fabrication d’équipement électroniques, d’emballages alimentaires, de papiers thermiques, de peinture ou encore de vernis. Dans le détail, les taux les plus élevés de bisphénol ont été associés avec l’achat d’aliments pré-emballés, notamment de poissons pré-emballés pour les enfants. Ne pas aérer son logement quotidiennement augmente également le risque d’exposition, note Santé publique France.

Les éthers de glycol sont quant à eux impliqués dans la composition de peintures, d’encres, de vernis, de colles, de produits d’entretien ménagers, de cosmétiques ou de produits phytosanitaires. Ils sont "suspectés d’entraîner des effets toxiques sur la reproduction et le développement". D’après Santé Publique France, "l’ensemble de la population (adulte et enfant) était exposé à au moins un des huit métabolites recherchés", avec des concentrations dépassant parfois les seuils de sûreté établis à l’étranger. Mais les personnes courant le plus de risques sont celles qui utilisent quotidiennement des cosmétiques et des produits ménagers.

L’organisation met également en garde contre les parabènes, agents conservateurs trouvés dans les produits cosmétiques, les vernis à ongle, les crèmes et les soins pour le corps. Si leurs effets sur la santé sont encore méconnus, ils pourraient agir comme des perturbateurs endocriniens et augmenter le risque de cancer. L’un d’entre eux, le méthyl-parabène, a été retrouvé chez plus de 90% de la population étudiée.

Des données inédites pour estimer l’impact des politiques publiques 

Enfin, Santé publique France s’inquiète de la présence dans l’organisme des Français de composés perfluorés (PFC, que l’on retrouve dans le poisson, les produits de la mer, les légumes ou les produits de bricolage), de phtalates (emballages alimentaires, jouets, revêtements de sol, cosmétiques, produits d’entretien ou peintures) et de retardateurs de flamme bromés. Ces derniers auraient des effets sur le diabète, le développement neurocomportemental, la reproduction, le cancer et le fonctionnement de la thyroïde. Les personnes qui en présentaient les taux les plus élevés semblaient passer du temps en voiture, peu aérer leur logement, ou consommer beaucoup de fromage.

Forts de ces résultats, Santé publique France espèrent que ces données "inédites" permettront "d’établir des valeurs de référence d’imprégnation dans la population générale" et de "suivre dans le temps les évolutions des expositions". A terme, les chercheurs espèrent pouvoir "estimer l’impact des politiques publiques visant à réduire les expositions".

De nombreuses études sont régulièrement réalisées en France sur les polluants dits du quotidien. En 2016, une étude de l'Université de Washington (Etats-Unis) avait révélé dans les poussières domestiques, on trouve plus de 10 produits chimiques néfastes pour la santé humaine. Mais les Hommes ne seraient pas les seuls en danger face à la présence de ces polluants, mettent en garde les chercheurs. En effet, selon une récente étude, les contaminants environnementaux retrouvés dans nos intérieurs auraient un impact désastreux sur la qualité du sperme des chiens.

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