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Cancer : une étape de plus vers des traitements sans effets secondaires

Des chercheurs ont identifié une protéine entraînant la prolifération et la survie de cellules cancéreuses. A terme, leur recherche pourrait aider à aboutir à des traitements cancéreux sans effets secondaires. 

Cancer : une étape de plus vers des traitements sans effets secondaires KatarzynaBialasiewicz/iStock

  • Publié 07.08.2019 à 12h40
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En 2018, 8,1 millions de personnes se seraient vues diagnostiquer un cancer dans le monde, d’après les estimations du World Cancer Report 2018. Cette même année, 9,6 millions de décès suite à un cancer auraient été recensés.

Face à l’ampleur du phénomène, les chercheurs essayent de mettre au point différents traitements, en espérant limiter les effets secondaires autant que possible. Car en fonction du cancer et du type de traitement, le patient pourra par exemple souffrir d’anémie, d’une perte d’appétit, de saignements, de constipation, de délires, de diarrhée, de fatigue, d’une perte de cheveux ou encore de troubles de la vessie ou sexuels.

La découverte d'une protéine qui pourrait tout changer

Mais de nouveaux travaux pourraient à terme bien changer la donne pour les millions de malade à travers le monde. D’après une étude parue dans le Journal of Biological Chemistry, des chercheurs américains ont réussi à identifier une protéine entraînant la prolifération et la survie de cellules cancéreuses.

Des chercheurs de l’Université de l’Oregon, de l’Université de Floride centrale et de l’Université de New York ont découvert cette modification en étudiant la neurofibromatose de type 2 (NF2), qui se caractérise par le développement de tumeurs du système nerveux appelées schwannomes. Ici, les chercheurs ont observé que les cellules de schwannome produisent un agent oxydant et nitrant, le peroxynitrite, qui modifie un acide aminé du nom de tyrosine en protéines. Ce processus reproduit des cellules tumorales dans le métabolisme qui prolifèrent alors.

"La caractéristique des cellules tumorales est leur croissance incontrôlée", explique Maria Clara Franco, professeur de biochimie et de biophysique, co-auteure de l’étude. Elle poursuit : "Pour soutenir une croissance persistante, les cellules tumorales modifient la façon dont elles produisent de l'énergie et des éléments constitutifs et présentent un phénotype métabolique caractéristique qui diffère de celui des cellules normales". 

Le peroxynitrite, beaucoup moins présent dans les tissus sains

"Nous avons découvert que le peroxynitrite, le plus puissant oxydant produit par les cellules, contrôle les changements métaboliques qui se produisent dans les cellules tumorales du système nerveux et favorise leur croissance. Nous pensons qu'il existe des protéines spécifiques qui, lorsqu'elles deviennent nitrées, acquièrent une nouvelle fonction qu'elles n'avaient pas auparavant, et cette nouvelle fonction peut contrôler la croissance tumorale", développe-t-elle.

Ainsi, le peroxynitrite n’est pas produit à des niveaux aussi élevés dans les tissus sains. Cette étude "ouvre la possibilité passionnante de cibler la production de peroxynitrites exclusivement dans les cellules tumorales pour développer une nouvelle stratégie thérapeutique pour traiter les tumeurs du système nerveux, avec des effets secondaires minimes ou nuls sur les tissus normaux", se félicite donc Franco.

"Cette découverte peut avoir des implications plus larges" 

Et de conclure : "Nous découvrons une toute nouvelle catégorie de cibles pour le traitement des tumeurs solides, et pas seulement des tumeurs du système nerveux. Cette découverte pourrait avoir des implications plus larges pour traiter plusieurs types de cancer. Nous pouvons cibler les protéines qui ne sont généralement pas modifiées dans les cellules normales ; nous pouvons cibler les protéines modifiées avec des inhibiteurs qui n'affectent pas les cellules normales, en espérant développer un traitement avec un minimum d'effets secondaires".

La NF2 est une maladie rare qui touche environ 1 personne sur 40 000. Elle se caractérise par des neurinomes du nerf acoustique et des tumeurs multiples du système nerveux central, méningiomes, gliomes, épendymome et schwannomes. De précédentes recherches sur cette pathologie ont découvert une anomalie génétique présente sur le chromosome 22. D’après le Syndicat national des ophtalmologistes de France, la plupart des cas correspondent à des mutations récentes. Enfin, les patients souffrent de schwannomes sur les nerfs auditifs, le plus souvent liés aux tumeurs neurologiques centrales.

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