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Tout est dans les gènes

Pourquoi les humains sont plus susceptibles de mourir d'une crise cardiaque que les animaux

Il y a des millions d'années une mutation génétique chez les humains les auraient rendus beaucoup plus vulnérables à l'athérosclérose, responsable d’un tiers des morts par maladies cardio-vasculaires.

Pourquoi les humains sont plus susceptibles de mourir d'une crise cardiaque que les animaux klebercordeiro/iStock

  • Publié 24.07.2019 à 19h50
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L’athérosclérose se caractérise par le dépôt d’une plaque essentiellement composée de lipides sur la paroi des artères. A terme, ces plaques peuvent entraîner la lésion de la paroi artérielle, conduire à l’obstruction du vaisseau ou encore se rompre. Ainsi, l’athérosclérose est responsable d’un tiers des morts par maladies cardio-vasculaires. 

Si de nombreux facteurs de risque sont connus tels que la sédentarité, l’âge, l’hypertension, l’obésité ou encore le tabagisme, environ 15% des problèmes cardiovasculaires liés à l’athérosclérose ne s’expliquent pas par ces derniers. D’après une étude parue le 22 juillet dans la revue PNAS, cela pourrait être dû à la perte d’un gène chez les humains il y a deux ou trois millions d’années. Et les gros consommateurs de viande rouge sont encore plus à risque, notent les chercheurs. 

Il y a une dizaine d’années, des scientifiques de l’Université de l’Ecole de médecine de San Diego avaient remarqué que les crises cardiaques dues à l’athérosclérose n’existaient pas chez les autres mammifères, même chez nos cousins les chimpanzés. Et pourtant, ceux étudiés partageait des facteurs de risque communs à l’humain tels que de l’hypertension et une inactivité physique. En conclusion, les chercheurs avaient noté que les crises cardiaques des animaux était dus à une cicatrice du muscle cardiaque aux origines inexpliquée.

Elimination du gène CMAH 

Partant de ces résultats, ils ont décidé de travailler aujourd’hui sur des souris qu’ils ont modifié en leur retirant, à l’image des humains, le gène CMAH qui produit une molécule de sucre du nom de Neu5Gc. Ils ont alors pu observer que les rongeurs modifiés présentaient une augmentation importante d’athérogenèse, qui produit l'athérome, plaques constituées de lipides se fixant sur la paroi interne des artères, par rapport aux souris du groupe témoin. Par conséquent, l’élimination du gène CMAH a entraîné une sévérité de l’athérosclérose presque deux fois supérieure à celle des animaux non modifiés.

Ainsi, la mutation ayant désactivé le gène CMAH aurait eu lieu il y a plusieurs millions d’années chez nos ancêtres hominidés, possiblement en raison d’un parasite reconnaissant Neu5Gc, avancent les chercheurs. 

"L’augmentation du risque semble être provoquée par de nombreux facteurs, dont des globules blancs hyperactifs et une tendance au diabète chez les souris modifiés", explique Ajit Varki, co-auteur de l’étude. "Cela pourrait aider à expliquer pourquoi même les humains végétariens sans risques cardiovasculaires évidents sont quand même très susceptibles de faire des crises cardiaques et des attaques, contrairement aux autres espèces animales". 

Les gros amateurs de viande rouge plus à risque 

Toutefois, les gros amateurs de viande rouge demeurent plus exposés au Neu5Gc qui a une réponse immunitaire et entraîne une inflammation chronique. En effet, au cours de l’étude, les souris modifiées soumises à un régime riche en Neu5Gc ont souffert de 2,4 fois plus d’athérosclérose. "La perte de CMAH dans l'évolution humaine contribue probablement à une prédisposition à l'athérosclérose par des facteurs (alimentaires) intrinsèques et extrinsèques", concluent les chercheurs.

Dans le passé, ces derniers avaient déjà montré que l’alimentation riche en Neu5Gc favorisait aussi l’inflammation et le cancer chez les souris qui n’avaient pas cette molécule. Ainsi, la molécule de sucre non humain, abondante dans la viande rouge, pourrait expliquer, en partie, un lien entre sa consommation et certains cancers. Outre les maladies cardiovasculaires et les cancers, la perte évolutive du CMAH chez l’humain semble également avoir entraîné une réduction de la fertilité ou encore d'une capacité accrue à courir sur de longues distances. 

Mais si les problèmes cardiovasculaires sont bien plus courants chez les humains, les animaux ne sont pas complètement épargnés. Ainsi, des milliers de chiens dans le monde décèdent chaque année d’une crise cardiaque. Outre l’athérosclérose, le problème peut survenir si l’animal souffre d’une infection bactérienne, d’un syndrome néphrotique, d’hypothyroïdie, d’une tumeur ou d’une vascularite. 

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