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Papillomavirus humain : combien de temps le vaccin Gardasil est-il efficace ?

Il existe aujourd’hui trois vaccins sur le marché français contre les papillomavirus humains (HPV). L’un d’eux, le Gardasil, fait l’objet d’attaques récurrentes par les anti-vaccins, qui l’accusent de n’être efficace que dans les cinq années qui suivent son administration.

Papillomavirus humain : combien de temps le vaccin Gardasil est-il efficace ? luckyraccoon/iStock

  • Publié 05.04.2019 à 13h00
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Chaque année, 2 900 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués en France et 1 100 femmes en meurent. À l’origine de la plupart des cancers du col de l’utérus : des virus appelés papillomavirus humains (HPV), qui se transmettent au cours de rapports sexuels, avec ou sans pénétration, et plus particulièrement au cours des premières années de la vie sexuelle.

Les vaccins 

Il existe pourtant un moyen de se prémunir contre les infections dues aux papillomavirus : la vaccination. Trois vaccins sont actuellement disponibles sur le marché français : les vaccins Gardasil et Cervarix, qui protègent contre les HPV 16 et 18, considérés comme les plus à risque et contre les deux HPV responsables de 90% des verrues génitales, et le vaccin Gardasil 9, qui protège contre neuf souches de HPV, dont les 16 et 18.

Si le vaccin Gardasil est le plus commercialisé, il est aussi celui qui suscite le plus de défiance de la part de la communauté anti-vaccins qui l’accuse, entre autres, de n’être efficace que cinq ans. Interrogé par un ou une internaute, le site Checknews de Libération s’est penché sur cette information. Est-elle avérée ou non ?

Une efficacité clinique au-delà de dix ans

Selon les journalistes de Checknews, cette information relayée par les anti-vaccins provient de l’interview tronquée (en anglais) de la professeure Diane Harper publiée en 2010 par le Huffington Post. Spécialiste des infections par le papillomavirus humain, celle-ci avait alors déclaré : "nous n’avons pas de preuve que le Gardasil offre une protection au-delà de cinq ans". Et pour cause : l’interview date de 2010, soit seulement quatre ans après la mise sur le marché du vaccin. Il n’existait donc pas à l’époque de données sur une durée de protection au-delà de cinq ans.

Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Libération donne d’ailleurs la parole à Catherine Rumeau-Pichon, cheffe du service évaluation économique et santé publique de la Haute autorité de santé qui affirme : "aujourd’hui, nous avons des éléments pour dire que la Gardasil protège pendant au moins dix ans." Cette donnée est corroborée par le laboratoire MSD, qui commercialise le Gardasil. Celui-ci a mis en ligne un rapport permettant de constater l’efficacité clinique du vaccin, c’est-à-dire l’absence de lésions liées aux souches couvertes par les vaccins. Cette efficacité clinique est comprise entre 10 et 12 ans après la vaccination.

Un vaccin "sûr et indispensable" selon l’OMS

L’autre angle d’attaque des anti-vaccins est celui du risque de décès que ferait encourir le Gardasil. Ils s’appuient notamment sur les propos de Diane Harper qui a déclaré dans l’interview datée d’il y a neuf ans : "Le Gardasil est associé avec des sérieux effets secondaires, y compris le décès." Comme le précise Checknews, "cette phrase est bien prononcée par la chercheuse. Mais les études menées sur ces sujets n’ont pas confirmé de lien de causalité".

Par ailleurs, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) précise bien que "les bénéfices attendus de cette vaccination en termes de santé publique restent bien plus importants que les risques auxquels elle peut exposer les jeunes filles".

Un point de vue partagé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans un communiqué datant du 4 février dernier, Elisabete Weiderpass, directrice du Centre international de recherche sur le cancer (Circ/IARC) qui dépend de l’OMS, rappelait que la vaccination contre les HPV reste "sûre, efficace et essentielle dans la lutte contre le cancer du col utérin".

Rumeurs infondées

Elle mettait aussi en garde contre des "rumeurs infondées sur les vaccins anti-papillomavirus" qui, selon elles, "retardent ou entravent inutilement l'intensification de la vaccination, qui est si urgente pour prévenir le cancer du col de l'utérus".  "Les projections du CIRC montrent qu'à moins que des mesures préventives ne soient mises en œuvre rapidement, le fardeau du cancer du col de l'utérus devrait augmenter pour atteindre près de 460 000 décès par an d'ici 2040, soit une augmentation de près de 50% par rapport au nombre estimé de décès en 2018", s’inquiétait la directrice du CIRC.

"À l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer 2019, le CIRC réitère son engagement dans la lutte contre la maladie et confirme sans équivoque l'efficacité et la sécurité de la vaccination contre le VPH. (…) Le Centre contribue également à plusieurs domaines de recherche de l'Initiative mondiale pour l'élimination du cancer du col de l'utérus de l'OMS, qui vise à éliminer le cancer du col de l'utérus comme problème de santé publique au cours des prochaines décennies", concluait le Centre international de recherche sur le cancer.

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