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Lutte contre le Sida

Aux États-Unis, 80% des infections au VIH dues à des gens ignorant être séropositifs ou pas traités

80% des contaminations au VIH aux États-Unis sont le fait de personnes ignorant qu’elles sont séropositives, ou par des malades connaissant leur statut mais ne recevant aucun traitement.

Aux États-Unis, 80% des infections au VIH dues à des gens ignorant être séropositifs ou pas traités Alex Levine/iStock

  • Publié 19.03.2019 à 14h00
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C’est un chiffre aussi implacable qu’inquiétant : aux États-Unis, 80% des contaminations au VIH ont lieu par des personnes ignorant leur statut séropositif ou se sachant malades mais ne suivant aucun traitement.

C’est ce que met en lumière une nouvelle étude des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), fondée sur des données de 2016. Commandée par le gouvernement de Donald Trump, elle estime dans le détail que 38 % des contaminations proviennent de personnes séropositives ignorant leur statut, et que 43 % viennent de gens connaissant leur statut mais ne recevant pas de traitement contre le VIH.

Quant aux 20% des contaminations restantes, elles concernent des personnes traitées mais chez qui le virus reste encore présent dans leur organisme à un niveau détectable. Selon l’étude, ce sont principalement des raisons financière ou sociales qui les empêchent de respecter leur traitement antirétroviral. À titre d’exemple, le coût brut du Trogarzo, un médicament arrivé sur le marché américain au printemps 2018, est estimé à 118 000 dollars par année, soit un peu plus de 100 000 euros.

10% des contaminations liées aux injections

Lorsqu’ils sont pris régulièrement, les traitements anti-VIH sont toutefois efficaces : l’étude estime ainsi à un demi-million le nombre de personnes traitées chez qui la charge virale est devenue indétectable, soit la moitié des personnes ayant le VIH aux États-Unis. Ces dernières ne sont à l’origine d’aucune nouvelle contamination.

L’étude met aussi en lumière le groupe le plus à risque. Selon ses chiffres, il s’agit des homosexuels, qui représentent plus de la moitié des séropositifs du pays. Les trois quarts des nouvelles infections sont en effet dues à des relations sexuelles entre hommes. 5% des infections sont dues à l'usage de seringues de drogues chez des homosexuels hommes. 10% des infections sont quant à elles dues à l'injection de drogues et 12% concernent les hétérosexuels. Le taux d'infection est plus haut chez les jeunes, notamment les 13-24 ans.

Réduire les nouvelles contaminations de 90% d’ici 10 ans

Ces nouvelles données sur les contaminations au VIH ne tombent pas par hasard. Elles font même partie intégrante de la politique récemment annoncée par Donald Trump pour mettre fin à l’épidémie de VIH/Sida d’ici dix ans dans le pays.

En effet, en février dernier, lors de son discours annuel devant le Congrès, le président américain a proposé un nouvel investissement de 291 millions de dollars pour la prochaine année budgétaire afin d’enrayer l’épidémie. Depuis 2013, le nombre de malades stagne, avec 39 000 nouvelles contaminations par an. "Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l'épidémie de VIH aux États-Unis d'ici 10 ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà", avait déclaré Donald Trump devant les sénateurs, qui souhaite réduire le nombre de nouvelles contaminations de 75% d’ici 5 ans et de 90% d’ici 10 ans.

Pour ce faire, la stratégie du président a deux axes : d’abord améliorer le dépistage, notamment auprès des populations à risque, mais aussi aider les malades à recevoir dès les résultats du test un traitement adapté. Pour cela, il faut, selon les auteurs de l’étude, renforcer le programme fédéral VIH/Sida "Ryan White", destiné aux malades pauvres ou sans assurance.

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