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Bientôt un traitement ?

Sida : des chercheurs parviennent à détruire des cellules infectées par le VIH

Des chercheurs de l’Institut Pasteur ont annoncé jeudi 20 décembre être parvenus à détruire des cellules infectées par le VIH. Cette découverte majeure constitue un espoir de guérison pour les personnes porteuses du virus.

Sida : des chercheurs parviennent à détruire des cellules infectées par le VIH Eugeneonline/iStock

  • Publié 21.12.2018 à 15h15
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Existera-t-il bientôt un traitement capable de détruire les cellules du virus du sida ? C’est ce que laissent espérer de nouveaux travaux menés par une équipe de l’Institut Pasteur, à Paris. Dans une étude publiée jeudi 20 décembre dans la revue Cell Metabolism, les chercheurs affirment être parvenus à identifier ex vivo une vulnérabilité dans les cellules "réservoirs" du virus du sida, ce qui ouvre la voie à leur élimination.

Bloquer l’infection des lymphocytes T CD4

Pour l’heure, les traitements antirétroviraux contre le sida ne permettent pas de détruire les réservoirs du virus présents dans les cellules immunitaires appelées les lymphocytes T CD4. "Les antirétroviraux vont bloquer le virus, ils vont agir contre le virus et sa multiplication mais ils ne peuvent pas éliminer les cellules infectées", explique dans un communiqué le principal auteur de l’étude Asier Saez-Cirion. D’où la nécessité de prendre ces traitements à vie. "Là, avec notre travail, il s’agit de caractériser les cellules infectées pour pouvoir cibler les cellules et les éliminer de l’organisme infecté par le VIH", poursuit le chercheur.

Les scientifiques ont analysé les caractéristiques des lymphocytes T CD4, qui constituent les principales cibles du VIH. Ils ont alors remarqué que le virus infectait prioritairement les cellules à forte activité métabolique. C’est cette activité métabolique qui permet au virus de se propager dans l’organisme, en particulier la consommation de glucose par la cellule. Plus la consommation de glucose d’une cellule est élevée, plus elle est susceptible d’être infectée par le VIH. 

Les chercheurs ont donc décidé d’exploiter cette faiblesse du virus en bloquant l’activité des lymphocytes T CD4 : sans activité métabolique forte, ces cellules sont alors capables de résister à l’infection. Ce qui, à terme, permet d’éliminer le virus. Les scientifiques ont bloqué l’activité de ces cellules immunitaires grâce à des molécules inhibitrices de l’activité métabolique déjà utilisées en cancérologie. "On a vu dans notre travail que les cellules qui s’infectent par le VIH ont des caractéristiques d’un point de vue énergétique qui ressemblent aux cellules tumorales, donc on pourra utiliser les mêmes types d’outils", explique le chercheur Asier Saez-Cirion.

Pas d’essai clinique de phase 3 avant "quelques années"

Faut-il alors espérer un possible traitement anti-VIH d’ici les prochaines années ?

Pour le Pr Jean-Michel Molina, spécialiste des maladies infectieuses, ces nouveaux travaux constituent "une première étape intéressante". Interrogé par France Info, il considère cependant que "nous ne sommes pas au stade où ça peut être applicable à l'homme dans un futur proche. Il faut poursuivre les recherches et cette publication est un espoir supplémentaire". Il note cependant que ces travaux "sont extrêmement importants car ils apportent des informations tout à fait intéressantes sur les cellules réservoirs du virus qui, chez les personnes sous tri-thérapie, persistent malgré le traitement, et qui obligent les personnes à prendre le traitement toute leur vie".

Pour l’heure, l’équipe de l’Institut Pasteur poursuit ses recherches. La prochaine étape consiste à "identifier les molécules qui nous donnent un effet optimal". "Après il faut passer à des essais pré-cliniques dans des modèles et en utilisant l’expérience en cours sur les essais cliniques dans le traitement de certains cancers pour choisir des molécules qui soient tolérables par le patient et efficaces", détaille Asier Saez-Cirion.

Ce dernier préfère le préciser : "Il faudra sans doute quelques années avant qu’on puisse commencer à vraiment tester ces approches dans un vrai essai clinique de phase 3 qui pourrait nous donner un résultat sur l’efficacité."

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