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Les additifs alimentaires sont suspectés de favoriser les troubles du comportement et l’anxiété

Déjà pointés du doigt par la communauté scientifique pour leur nocivité sur notre santé physique, les additifs alimentaires seraient aussi responsables de troubles du comportement.

Les additifs alimentaires sont suspectés de favoriser les troubles du comportement et l’anxiété Koldunov/iStock

  • Publié 25.01.2019 à 08h00
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Des plats préparés aux pâtisseries industrielles, en passant par la charcuterie de grande distribution et les confiseries : les additifs alimentaires sont présents dans la majorité des aliments transformés que nous consommons chaque jour.

Utilisés par les industriels pour rehausser le goût des aliments, pour les rendre plus attrayants ou encore pour augmenter leur durée de conservation, ces additifs alimentaires ne sont pas inoffensifs. Depuis plusieurs années, la communauté scientifique s’inquiète des conséquences de ces fameux "E" sur notre santé. Accusés notamment d’être cancérogènes, de perturber notre système immunitaire ou d’être à l’origine de douleurs chroniques, les additifs alimentaires ne sont pas non plus sans risque pour notre santé mentale.

Dans un article publié ce mois-ci dans la revue Scientific Reports, des neuroscientifiques de la Georgia State University, aux États-Unis, établissent un lien entre deux additifs fréquemment utilisés dans l’industrie agro-alimentaire et l’apparition de troubles anxieux du comportement.

Un lien mystérieux entre intestin et cerveau

Les auteurs de l’étude se sont intéressés à deux additifs : le polysorbate 80 (E433) et la carboxyméthyl cellulose de sodium (E466), deux émulsifiants et gélifiants régulièrement ajoutés aux préparations de biscuits, de gâteaux, de pains et dans la margarine pour améliorer leur texture et prolonger leur durée de conservation.

"Nous nous sommes posé la question suivante : les effets des émulsifiants sur l'inflammation systémique générale peuvent-ils aussi être étendus au cerveau et au comportement ?", explique dans un communiqué Geert de Vries, professeur de neurosciences à la Georgia State University et auteur principal de l’étude. "La réponse est oui."

Dans de précédents travaux, la même équipe de neuroscientifiques s’était déjà intéressée à ces deux additifs controversés et avait découvert qu’ils pouvaient provoquer une légère inflammation des intestins de souris en modifiant leur mircrobiote intestinal, c’est-à-dire les milliards de micro-organismes (bactéries, archées, fungi) vivant dans le tractus intestinal.

Ils ont cette fois-ci cherché à comprendre, toujours sur un modèle murin, quel pouvait être l’impact de ces deux émulsifiants sur le comportement. En effet, la communauté scientifique a déjà établi qu’il existait un lien entre le microbiote intestinal et le système nerveux central. Les intestins eux-mêmes ont leur propre système nerveux : appelé système nerveux entérique, il compte plus de 500 millions de neurones. Ce sont ces cellules nerveuses qui communiquent avec les neurones du cerveau à travers ce que les chercheurs nomment l’axe intestin-cerveau. Selon eux, cet axe pourrait être la clé pour comprendre comment certains additifs alimentaires affectent le comportement.

Une modification genrée du comportement

"Nous savons que l'inflammation amène les cellules immunitaires locales à produire des molécules de signalisation pouvant affecter les tissus situés à d'autres endroits, y compris le cerveau", détaille le Pr de Vries. "L'intestin contient également des branches du nerf vague, ce qui forme une voie d'information directe vers le cerveau."

Pour confirmer ou infirmer leur théorie, les neuroscientifiques ont analysé l’effet des additifs E433 et E466 sur le microbiote et le comportement de souris en leur en donnant via l’eau potable. Après 12 semaines, ils ont constaté que les souris mâles comme femelles présentaient un changement de comportement. Mais, curieusement, les émulsifiants semblaient les affecter différemment : tandis que les souris mâles avaient un comportement proche de l’anxiété, le comportement des femelles se rapprochait davantage d’une réduction du comportement social. Cela pourrait s’expliquer par les différences entre le système immunitaire et la composition du microbiote intestinal selon le sexe, avancent les chercheurs.

Bien que les résultats soient basés sur un modèle murin, les auteurs de l’étude soutiennent que leur découverte peut certainement être appliquée à l’homme et même être utilisée pour expliquer l’apparition de troubles du comportement. D’autres recherches sont cependant nécessaires, notamment pour mieux comprendre le lien entre flore intestinale et cerveau humain. "Nous étudions actuellement les mécanismes par lesquels les émulsifiants alimentaires influent sur le microbiote intestinal, ainsi que la pertinence de ces résultats pour l'Homme", Benoît Chassaing , professeur assistant de neuroscience et co-auteur de l’étude.

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