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QUESTION D'ACTU

Excito-toxine

Additif alimentaire et douleurs chroniques : le glutamate très fortement suspecté

Une étude nutritionnelle, propective et comparative, montre un lien direct entre les douleurs chroniques et la consommation d’un additif alimentaire courant, le « glutamate monosodique ». Il s'agit d'un révélateur de goût qui est également une molécule impliquée dans le fonctionnement du cerveau.

Additif alimentaire et douleurs chroniques : le glutamate très fortement suspecté xxxPATRIK/epictura

  • Publié 17.02.2018 à 15h11
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  • Mise à jour le 19.02.2018 à 12h00
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La douleur chronique est l'un des problèmes de santé les plus délicat à traiter et une étude de petite taille, mais très intéressante car comparative, montre un lien direct entre la douleur chronique et la consommation d’un additif alimentaire courant, le « glutamate monosodique ».

Le glutamate est un révélateur de goût très fréquemment retrouvé dans de nombreux aliments, en particulier dans les plats préparés de l’industrie agro-alimentaire (E 621), dans le parmesan et dans la cuisine asiatique.

Cette étude démontre que lorsque l’on retire le glutamate monosodique du régime alimentaire de personnes qui en consomment et qui souffrent de douleurs chroniques, ces douleurs s’améliorent de façon équivalente à l'effet du paracétamol. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Nutrition.

Une étude d’intervention comparative

Cette étude a été entreprise parce que les chercheurs ont été alerté par la fréquence très anormale des douleurs chroniques dans les populations de l’est du Kenya, à Meru : 60% des personnes de ces villages souffrent d’une douleur chronique, soit le double de la fréquence observée habituellement dans la population générale.

« Cette recherche préliminaire réalisée au Kenya est cependant cohérente avec ce que j'observe dans mes recherches sur la douleur chronique, ici, aux Etats-Unis », a déclaré Kathleen Holton, auteur principal de l'étude et professeur adjoint d'études sur la santé à l'American University.

« Nous ne savons pas quel type exact d’exposition conduit à cette susceptibilité au glutamate alimentaire, mais cette étude pilote suggère la nécessité de réaliser un essai clinique à grande échelle, puisqu’une simple modification alimentaire pourrait être une option de traitement efficace et à faible coût pour les pays en développement ».

Le glutamate de plus en plus fréquent

Le glutamate est un produit chimique naturel présent dans certains aliments, comme la sauce soja et le parmesan, mais il est plus communément utilisé comme additif alimentaire.

Aux États-Unis, le glutamate est ajouté à de nombreux produits alimentaires pour en améliorer le goût et se retrouve sous de nombreux noms, notamment « glutamate monosodique », « protéine hydrolysée », « isolat protéique », « extrait protéique » et « extrait de levure autolysée ».

Au Kenya, l'exposition au glutamate provient uniquement de quelques aliments qui contiennent du glutamate monosodique, l'exposition la plus importante provenant d'une épice mélangée appelée « Mchuzi Mix », qui est utilisée quotidiennement pour cuisiner.

Un rôle important dans le cerveau

Les chercheurs commencent à comprendre le rôle du glutamate dans le cerveau et le corps humain. Dans le cerveau, le glutamate est un neurotransmetteur fréquent impliqué dans différents circuits neuronaux.

A forte concentration, il peut agir comme une « excitotoxine », c’est-à-dire qu’il est toxique à force d’excitation : en sur-stimulant les cellules nerveuses, ils peut les endommager ou les tuer.

Certaines recherches ont montré que l'augmentation de la consommation de glutamate dans le corps pourraient ainsi conduire à une augmentation des douleurs chroniques, de sorte qu'il existerait un rationnel scientifique pour analyser l’impact du glutamate sur la douleur chronique diffuse.

Une étude comparative

Dans l'étude du Kenya, l'objectif était de tester si une intervention diététique pouvait être aussi efficace ou meilleure que les médicaments antalgiques en vente libre, comme le paracétamol.

Les 30 participants de l’étude souffraient d’une douleur chronique dans au moins 3 quadrants du corps et pendant au moins 3 mois. La plupart souffraient également d'autres symptômes neurologiques associés comme des maux de tête ou des migraines, une fatigue chronique, des troubles de la pensée (dysfonction cognitive) et des troubles du sommeil. Ils ont été répartis en quatre groupes parce que la déshydratation, qui peut être fréquente au Kenya, peut être associée à la douleur chronique et aux maux de tête : il fallait donc en tenir compte et tester son influence dans le protocole.

Les 4 groupes ont été les suivants : les personnes qui consommaient du Mchuzi Mix ont reçu un substitut d'assaisonnement similaire mais sans glutamate, ceux qui buvaient peu d’eau ont reçu pour instruction d’en augmenter leur consommation, ceux qui consommaient peu d'eau et qui avaient du Mchuzi Mix dans leur alimentation ont reçu de l'eau et les épices de substitution. Le groupe témoin n'a eu aucune intervention et a reçu du paracétamol.

Une étude plus large est actuellement mise en place afin de confirmer l’impact positif sur la douleur chronique de l’exclusion du glutamate du régime alimentaire.

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