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Chimiothérapie 5-FU

Chimiothérapie 5-FU : des familles de victimes veulent porter plainte

Quatre familles de victimes de la chimiothérapie 5-FU veulent porter plainte contre X. Pour elles, les pouvoirs publics auraient dû tester au préalable, la tolérance des malades au traitement. 

Chimiothérapie 5-FU : des familles de victimes veulent porter plainte Kwangmoozaa / istock

  • Publié 04.01.2019 à 12h45
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"La cure qui devait les soigner les a envoyés au cimetière". Quatre familles de malades victimes d’une allergie à une molécule de chimiothérapie vont porter plainte contre X, apprend-on de la bouche de leur avocat, Me Vincent Julé-Parade. La molécule en cause est le 5-fluorouracile, dit 5-FU, aussi appelée capécitabine.

Trois des patients cancéreux sont décédés, et l’un d’entre eux est gravement atteint. Selon leur entourage, les pouvoirs publics auraient dû tester au préalable leur tolérance au traitement. La plainte doit être déposée au pôle santé du TGI de Paris sous trois semaines.

200 morts tous les ans

"L'idée, ça n'est pas de mettre en cause le 5-FU, qui a fait ses preuves, mais d'interpeller : pourquoi, alors que l'on savait depuis plusieurs années qu'il y avait cette contre-indication en cas de déficit (de l'enzyme DPD, NDLR) et qu'il y a des tests qui existent, aucune autorité sanitaire ni aucun responsable public n'a pris comme mesure de recommander ce test avant février 2018?", interroge Me Vincent Julé-Parade.

Selon l'Institut national du cancer (INCA), 80 000 personnes atteintes d'un cancer - principalement digestif, du sein ou ORL - sont traitées par ce médicament chaque année en France, seule ou avec d'autres anticancéreux. Il serait à l’origine de 200 morts tous les ans.

Toxicités sévères

Ces chimiothérapies à bases de 5-FU induisent aussi des toxicités sévères chez 10 à 40% des patients, suffisamment invalidantes pour nécessiter une hospitalisation : diminution du nombre de cellules sanguines comme une anémie ou une leucopénie, diarrhées, vomissements, déshydratation voire coma. On estime qu’entre 3 et 10% des malades cancéreux sont partiellement ou totalement intolérants au 5-FU. L’ANSM recommande donc de les dépister, tout comme l’INCA et la HAS. Jusqu'à récemment, certains hôpitaux le pratiquaient et d'autres pas.

Le Groupe de Pharmacologie Clinique Oncologique (GPCO)-UNICANCER et le Réseau National de Pharmacogénétique hospitalière (RNPGx) indique qu'il faut par ailleurs "réduire si nécessaire la posologie dès la première cure et envisager une augmentation de dose aux cures suivantes en fonction de la tolérance".

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