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Epilepsie

Convulsions de l’enfance : un risque de troubles psychiatriques ultérieurs

Une étude réalisée sur le registre national danois démontre qu’avoir des convulsions dans l’enfance, qu'elles soient épileptiques ou non, est associé à un risque augmenté de troubles psychiatriques ultérieurs.

Convulsions de l’enfance : un risque de troubles psychiatriques ultérieurs luaeva/istock

  • Publié 08.12.2018 à 17h45
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Les enfants épileptiques et ceux qui ont eu des convulsions fébriles, avec ou sans épilepsie associée, ont un risque plus élevé de développer une large palette de troubles psychiatriques plus tard au cours de leur vie (anxiété, dépression, schizophrénie).

C’est le résultat est issue d’une très large étude danoise publiée dans la revue The Lancet.

Une association nette

En analysant l’ensemble des dossiers des 1?291?679 personnes nées au Danemark entre 1978 et 2002, il ressort que 43?148 enfants ont eu ensuite des convulsions fébriles, 10?355 des crises d’épilepsie et 1696 ont eu les 2. Le risque de troubles psychiatriques ultérieurs, en particulier la schizophrénie, mais aussi l’anxiété et la dépression, est plus important chez les enfants qui ont eu des convulsions.

Le risque de troubles psychiatriques ultérieurs est augmenté de 12% en cas d’antécédents de convulsions fébriles de l’enfance, de 34% en cas d’antécédents de crises d’épilepsie et de 50% si les enfants ont eu les 2. Il n’y a pas de différences selon le sexe des enfants, mais la fréquence des troubles augmente nettement avec le nombre d’admissions à l’hôpital en raison des convulsions.

Une étude nationale

Des études antérieures sur les associations entre l’épilepsie, les convulsions fébriles et les effets délétère sur la santé mentale ultérieure des enfants ont été basées sur des échantillons modestes, de malades parfois non représentatifs et souvent mal explorés.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé le registre national danois de toutes les personnes nées au Danemark entre 1978 et 2002. Ils ont basé les diagnostics sur les éléments avérés du registre Danish National Patient Register et ont appliqué les méthodes statistiques ad hoc pour évaluer l’intensité de ces associations.

Une maladie complexe

L'épilepsie est l'un des troubles neurologiques les plus fréquents de l'enfance et ce trouble est connu pour avoir un impact négatif importants sur le développement neuropsychologique et la qualité de vie des enfants malades. En effet, une fréquence plus élevée de problèmes émotionnels et comportementaux, notamment de dépression, d'anxiété et de troubles des conduites, a été observée chez les enfants atteints d'épilepsie.

Cette fréquence plus élevée peut être directement liée à l'effet délétère des crises sur le développement du cerveau et la maladie sous-jacente ou représenter les conséquences d’une vie compliquée par une maladie difficile et socialement stigmatisante. Les convulsions fébriles, une affection courante dans l'enfance liée à une fièvre excessive, sont souvent qualifiées de bénignes avec un pronostic relativement favorable pendant l'enfance mais il existait peu de données sur la santé mentale après des convulsions fébriles.

Cette étude démontre la pertinence et la force du lien, en particulier en cas de crises convulsives nécessitant une hospitalisation. Ce lien peut néanmoins être en rapport avec des facteurs de risque communs, par exemple, la susceptibilité génétique aux 2 maladies, à des déficiences neurologiques sous-jacentes, ou à des facteurs liés à la grossesse et au désavantage social. D’autres études vont permettre d’analyser ces derniers éléments. La conclusion pratique est que ces enfants doivent être surveillés et pris en charge pour prévenir ces effets à long terme.

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