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Prévention

Alcoolisation fœtale : 79% des femmes britanniques boivent pendant leur grossesse

Il ne faut jamais boire pendant sa grossesse, même occasionnellement. Pourtant, la majorité des Anglaises le font. De ce fait, 17% des enfants britanniques souffrent du syndrome d'alcoolisation fœtale.

Alcoolisation fœtale : 79% des femmes britanniques boivent pendant leur grossesse vadimguzhva /istock

  • Publié 01.12.2018 à 12h00
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Jusqu’ici, aucune estimation n’avait été faite. 17% des enfants britanniques présentent des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (SAF), selon une nouvelle étude publiée dans Preventive Medicine.

Le syndrome d'alcoolisation foetale (SAF) entraine de multiples troubles psychologiques et physiques. On parle ici de possibles retards de croissance, malformations au niveau de la boite crânienne et de l'encéphale, troubles nerveux, anomalies du système nerveux central pouvant se manifester par des déficits intellectuels, retard du développement, troubles de l'apprentissage, hyperactivité, troubles de l'attention ou de la mémoire, incapacité à maîtriser sa colère ou encore des difficultés à solutionner des problèmes.

Un véritable problème de santé publique

13 495 enfants et leur mère ont été suivis. 79% des bébés de l'échantillon avaient été exposés à l'alcool pendant la grossesse. Chez eux, au moins trois domaines d'apprentissage étaient gravement affectés. On ne parle donc ici que des symptômes lourds, le nombre d'enfants touchés "plus légérement" étant bien plus élevé. De quoi constituer, comme en France, un véritable problème de santé publique, selon les chercheurs.

Au sein de l’Hexagone, 8 000 nouveau-nés en sont touchés chaque année (1% des naissances), ce qui en fait la principale cause non génétique de handicap mental chez l'enfant, et les Françaises boivent de plus en plus. Chez les personnes nées entre 1891 et 1910, les hommes étaient 2,2 fois plus susceptibles que les femmes de consommer de l’alcool et 3 fois plus susceptibles de boire de l’alcool de façon problématique. Un rapport tombé à 1,1 et 1,2 chez les personnes ayant entre 16 et 25 ans aujourd’hui.

"Le phénomène est complètement banalisé"

"Ce qui me frappe, c’est que le phénomène est complètement banalisé, notamment chez les adolescentes et les jeunes femmes qui pratiquent le binge-drinking en masse. Or, quand on ne sait pas qu’on est enceinte, cette ingestion d’alcool massive est beaucoup plus dangereuse pour un fœtus que la consommation hebdomadaire d’un ou deux verres d’alcool", alerte Marie-Dominique Lamblin, pédiatre et neurophysiologiste au CHRU de Lille. "Et sur ce point, je trouve qu’on recule en matière de prévention. Les jeunes femmes d’aujourd’hui sont moins bien informées que celles d’hier", déplore-t-elle.

Même au tout début de la grossesse, une alcoolisation massive peut causer des dégâts irréversibles. Lorsqu'une femme enceinte consomme un verre d'alcool, on constate moins d'alcool dans son sang que dans celui de son bébé, compte tenu du tout petit poids du foetus et du fait que son foie et ses reins ne sont pas encore capables d'éliminer l'alcool.

"Une fois le bébé intoxiqué, il n’existe aucun moyen curatif"

"Une fois le bébé intoxiqué, il n’existe aucun moyen curatif", rappelle encore Marie-Dominique Lamblin. "Le message doit donc être martelé en amont : quand on est enceinte, il ne faut pas boire d’alcool du tout. Même un peu, même occasionnellement. Tous les fœtus ne se verront certes pas impactés de la même manière par l’alcoolisation de leur mère, mais le risque est réel pour les enfants à naître, sans exception. Dans le doute, l’abstinence doit être de mise", conclut-elle.

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