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Alzheimer : les cellules du cerveau peuvent modifier leur ADN et favoriser l'arrivée de la maladie

Les cellules du cerveau peuvent modifier leur ADN, contrairement à la plupart des cellules de notre corps, favorisant ainsi l’apparition d’Alzheimer. Cette découverte pourrait permettre un traitement potentiel à court terme contre cette maladie.

Alzheimer : les cellules du cerveau peuvent modifier leur ADN et favoriser l'arrivée de la maladie wildpixel/iStock

  • Publié 25.11.2018 à 16h45
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Des scientifiques américains du Sanford Burnham Prebys Medical Discovery Institute (SBP) ont identifié une recombinaison de gènes dans des neurones, appelée recombinaison somatique, produisant des milliers de nouvelles variantes de gènes dans le cerveau d’un patient atteint de la maladie d'Alzheimer. Cette étude a été publiée dans la revue Nature.

"Une étude historique"

"C’est potentiellement l’une des plus grandes découvertes dans le domaine de la biologie moléculaire depuis des années", commente Geoffrey Faulkner, biologiste moléculaire à l’Université du Queensland à Brisbane, en Australie, qui n’a pas participé à la recherche. "C’est une étude historique", confirme le neurologue clinicien Christos Proukakis, de l’University College London.

Pour rechercher des preuves définitives de la recombinaison somatique dans le cerveau, les chercheurs ont analysé les neurones provenant du cerveau de six personnes âgées en bonne santé et de sept patients atteints de la forme non héritée de la maladie d’Alzheimer, la plus courante.

Ils ont ensuite vérifié si les cellules hébergent différentes versions du gène de la protéine précurseur de l’amyloïde (APP), source des plaques dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. "Nous avons utilisé de nouvelles approches pour étudier le gène de l'APP qui donne naissance à des plaques d'amyloïde, une caractéristique pathologique de la maladie", a déclaré Jerold Chun, auteur principal de l’article. "La recombinaison de gènes a été découverte à la fois comme un processus normal pour le cerveau et un processus qui se passe mal dans la maladie d’Alzheimer."

Des résultats potentiellement révolutionnaires

Les chercheurs ont découvert que les neurones des patients atteints de la maladie d’Alzheimer contenaient environ six fois plus de variétés du gène de l’APP que les cellules des personnes en bonne santé. Ils ont identifié 11 mutations qui se produisent dans les formes héréditaires rares de la maladie. "Plutôt que d’avoir un modèle constant qui reste avec nous tout au long de la vie, les neurones ont la capacité de changer ce dernier", explique le chercheur américain.

"Ces résultats pourraient modifier fondamentalement notre compréhension du cerveau et de la maladie d'Alzheimer", a déclaré Jerold Chun. "Si nous imaginons l'ADN comme un langage que chaque cellule utilise pour communiquer, nous constatons que dans les neurones, un seul mot peut produire plusieurs milliers de nouveaux mots, jusque-là inconnus. C'est un peu comme un code secret intégré à notre code normal. Le code secret est utilisé dans des cerveaux sains mais semble être perturbé dans les cerveaux de ceux atteints de la maladie d'Alzheimer."

Traitement potentiel à court terme d'Alzheimer

Les scientifiques ont découvert que le processus de recombinaison de gènes nécessite une enzyme appelée transcriptase inverse. C’est le même type d’enzyme que le VIH utilise pour infecter les cellules. Bien qu'il n'y ait aucune preuve médicale que le VIH cause la maladie d'Alzheimer, les traitements antirétroviraux anti-VIH existants pourraient également permettre d'arrêter le processus de recombinaison et être explorés comme nouveau traitement d'Alzheimer. Les scientifiques ont noté l'absence relative de cette maladie chez les patients VIH âgés sous traitement antirétroviral, ce qui conforte cette approche.

"Nos résultats fournissent une justification scientifique à une évaluation clinique immédiate des traitements antirétroviraux du VIH chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer", a confirmé Jerold Chun. "De telles études pourraient également être utiles pour les populations à haut risque, telles que les personnes atteintes de formes génétiques rares de la maladie d'Alzheimer."

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