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Santé sexuelle

Sexualité : les chercheurs découvrent un gène responsable de la dysfonction érectile

Pour la première fois, des chercheurs ont identifié une variante génétique partiellement responsable de la dysfonction érectile. 

Sexualité : les chercheurs découvrent un gène responsable de la dysfonction érectile Korrawin/iStock

  • Publié 09.10.2018 à 11h46
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Problème aussi tabou que commun, la dysfonction érectile toucherait plus de 20% des hommes de plus de 60 ans et dans 10% des cas, des hommes de moins de 50 ans. Les causes identifiées par les médecins sont nombreuses. Âge, diabète, athérosclérose, lésions nerveuses, ablation de la prostate ou encore déshydratation sont autant de facteurs pouvant causer des troubles de l’érection.

Selon des chercheurs, toutefois, la dysfonction érectile pourrait aussi avoir une origine génétique. Dans une étude publiée ce lundi 8 octobre dans les comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), des chercheurs affirment avoir identifié une variation génétique responsable d’environ un tiers des troubles de l’érection.

Une augmentation de 26% du risque de dysfonction érectile

On parle de dysfonction érectile quand on constate une incapacité à obtenir ou à maintenir un rapport sexuel satisfaisant, soit persistante ou récurrente, pendant une durée d’au moins 3 mois. Il peut s’agir de l’incapacité à obtenir une érection (dysfonction érectile primaire), mais le plus souvent les troubles se limitent à une incapacité à maintenir une érection jusqu’à l’orgasme ou jusqu’à la pénétration de sa partenaire : perte de l’érection ou baisse de la rigidité lors de la pénétration (dysfonction érectile secondaire). Parfois, il s’agit aussi simplement d’une rigidité insuffisante qui gêne la pénétration et ne produit pas un rapport satisfaisant.

En travaillant à partie d’une base de données de 36 649 patients, les scientifiques ont en effet identifié une variation sur un endroit spécifique du génome (le locus génétique) à proximité du gène SIM1, qui joue un rôle central dans la régulation du poids corporel et de la fonction sexuelle. Cette variation est, selon les chercheurs, associée à un risque accru de dysfonction érectile. "Identifier ce locus SIM1 en tant que facteur de risque de la dysfonction érectile est un gros enjeu, car il fournit la preuve tant recherchée qu’il existe un composant génétique à ce trouble", explique dans un communiqué le Pr Eric Jorgenson, généticien et principal auteur de l’étude. "L’identification du premier facteur de risque génétique de la dysfonction érectile est une découverte passionnante, car elle ouvre la porte à des investigations sur de nouveaux traitements à base génétique", ajoute-t-il.

Le facteur génétique est loin d’être minime dans les troubles de l’érection. En effet, l’étude a révélé que les variations du locus SIM1 étaient associées à une augmentation de 26% du risque de dysfonction érectile. Ce risque est indépendant des autres facteurs de risque connus comme le diabète, l’âge ou l’obésité, ce qui rend ces résultats uniques dans la recherche médicale. Ce n’est pas tout. Pour les patients identifiés comme ayant 2 copies de la variante, ce risque de dysfonction érectile augmente de 59%, affirme Eric Jorgenson.

La porte ouverte à de nouveaux traitements plus efficaces

Selon ces nouveaux travaux, la variante génétique que le Pr Jorgenson et ses collègues ont identifiée représente 2% à elle seule du risque, soit plus qu’aucune identifiée à ce jour. Par exemple, l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires ont tous une composante génétique et sont également liés à la dysfonction érectile. "Nous savons qu'il existe d'autres facteurs de dysfonctionnement érectile, notamment le tabagisme, l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires, et que les hommes qui s'attaquent à ces facteurs peuvent réduire leur risque de dysfonction érectile", explique le Pr Jorgenson à l'AFP.

Cette découverte ouvre cependant le champ à de nouveaux traitements qui prendraient davantage en compte le facteur génétique pour traiter les problèmes d’érection. Actuellement, "les traitements disponibles contre la dysfonction érectile ne fonctionnent pas chez environ la moitié des hommes traités", affirme le chercheur. "Parce que la région que nous avons identifiée dans le génome humain semble agir indépendamment de ces facteurs de risque, la mise au point de nouveaux traitements ciblant la variation de cette localisation génétique pourrait aider les hommes qui ne répondent pas au traitement actuel. Si l'on arrivait à développer de nouveaux traitements qui ciblent cette variation génétique, nous pourrions aider ces hommes-là."

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