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Bronchite chronique obstructive: pourquoi faut-il absolument vacciner les BPCO ?

Dans la bronchite chronique obstructive (BPCO), les infections respiratoires joueraient un rôle majeur dans le déclenchement des épisodes d’aggravation aiguë de la maladie, en particulier en hiver. L’occasion de mettre à profit les vaccinations.

Bronchite chronique obstructive: pourquoi faut-il absolument vacciner les BPCO ? yodiyim/istock

  • Publié 05.10.2018 à 16h45
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Les infections des voies respiratoires jouent un rôle majeur au cours de la bronchite chronique obstructive (BPCO). A tel point, qu’initialement, elles avaient été considérées comme le principal agent causal de la maladie, avant même le tabac. Ultérieurement, les travaux de recherche ont "remis l’église au milieu du village" et, si le tabagisme est bien le processus causal prédominant, avec l’environnement et la génétique, l’infection des voies aériennes reste un élément essentiel de la progression des lésions de bronches.
Il est absolument nécessaire de protéger ces malades à l'approche de l'hiver si ce n'est déjà fait.

Rôle délétère des infections

L’infection aiguë décompense l’état respiratoire précaire des malades, mais elle participe aussi à la dégradation des bronches pulmonaires. Le principal responsable en est l’inflammation qui l’accompagne, avec son hypersécrétion de protéines inflammatoires et d’enzymes : ces phénomènes débouchent sur une dégradation des protéines de la paroi de bronches (protéolyse).
D’extrêmement important au moment des phases d’exacerbation, le processus infectieux et l’inflammation résiduelle participent aussi à la dégradation à bas bruit de la paroi des bronches entre les exacerbations.

L’exacerbation, un phénomène très négatif

Une exacerbation est donc une poussée évolutive aiguë de la maladie qui peut aboutir à une détresse respiratoire et une hospitalisation : c’est une élément critique. L'ensemble des études disponibles montre qu'il s'agit d'évènements fréquents au cours de la BPCO, parfois graves, et vraisemblablement associés à une accélération du déclin de la fonction respiratoire.
Leur coût économique est important, en particulier du fait des hospitalisations et de la prescription d’antibiotiques

Infection dans plus de 50% des exacerbations

Les infections seraient responsables d’au moins la moitié des exacerbations de BPCO, avec une saisonnalité certaine et une prédominance des infections en hiver, que ce soit des infections purement virales, purement bactériennes ou des co-infections virus bactéries.
Parmi les virus, l’avènement des techniques modernes de diagnostic viral (PCR) a permis de montrer que des virus seraient présents dans 30 à 60% des exacerbations, avec bien sûr des rhinovirus et le virus syncycial respiratoire, mais aussi les virus de la grippe tous les hivers.
Pour les bactéries, elles seraient impliquées dans 40 à 60% des cas et les principaux germes seraient les pneumocoques (Streptococcus pneumoniae), l’Haemophilus influenzae et les moraxelles.

Prévention des infections

La prévention des infections est donc un enjeu majeur de la prise en charge des bronchites chroniques obstructives. Il s’agit, à la fois d’éviter les exacerbations, si dangereuses et si pénibles pour les malades, mais aussi d’éviter l’aggravation de la maladie de la bronche pulmonaire.
Les mesures barrières sont donc indispensables en cas de circulations des virus et des bactéries. Mais la vaccination est un moyen majeur de protéger les personnes souffrant de BPCO contre la grippe et les pneumocoques.

Deux vaccinations indispensables

Les vaccinations contre la grippe et le pneumocoque marchent aussi bien chez ces malades que chez les personnes normales. La vaccination contre la grippe est même remboursée à 100% chez ces malades. Elle réduit les hospitalisations et probablement les infections (les études sont généralement réalisées sur l’ensemble de la population française et comparent les vaccinés contre les non-vaccinés). Elle est intéressante car elle participe à la réduction du risque d’érosion et d’inflammation de la paroi des bronches qui font le lit des surinfections bactériennes.
Les malades souffrant de BPCO sont, par ailleurs, considérés comme à risque d’infection à pneumocoque avec un risque d’infections invasives secondaires (pneumonie, septicémie…), parfois mortelles. La vaccination contre le pneumocoque est donc recommandée chez la personne souffrant de bronchite chronique obstructive (BPCO). Elle est mise en œuvre avec 2 vaccins, un conjugué et un polyosidique, administré dans un ordre précis.

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