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Santé bucco-dentaire

Parodontite : la maladie des gencives pourrait être à l'origine de la maladie d’Alzheimer

A long terme, la bactérie à l'origine de la maladie des gencives engendrerait une inflammation et une dégénérescence des neurones cérébraux similaires à celles de la maladie d'Alzheimer.

Parodontite : la  maladie des gencives pourrait être à l'origine de la maladie d’Alzheimer YanLev/iStock

  • Publié 06.10.2018 à 08h25
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Une maladie parodontale peut-elle causer une dégénérescence neurologique comparable à celle de la maladie d’Alzheimer ? C’est la thèse défendue par des chercheurs de l’Université d’Illinois, aux États-Unis. Dans un article publié mercredi 3 octobre dans la revue PLOS One, ils expliquent avoir étudié les effets d’une bactérie parodontale sur le développement des maladies neurodégénératives comme celle d’Alzheimer.

"D'autres études ont démontré une association étroite entre parodontite et déficience cognitive, mais c'est la première étude à montrer que l'exposition à une bactérie parodontale entraîne la formation de plaques séniles qui accélèrent le développement de la neuropathologie chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer", explique dans un communiqué le Dr. Keiko Watanabe, professeur de parodontie à la faculté de médecine dentaire de l'UIC et principal auteur de l'étude.

Une migration de la bactérie vers le cerveau

Une maladie parondontale (ou parodontite) est une maladie d’origine infectieuse qui touche et détruit les tissus de soutien des dents. Il s’agit généralement d’une pathologie lente, qui évolue sur plusieurs dizaines d’années et causée par la stagnation de bactéries dans la plaque dentaire, qui créent une réaction inflammatoire sur les gencives et les os. Si elle peut être ralentie au quotidien grâce à une hygiène dentaire et buccale minutieuse, la parodontite ne se guérit malheureusement pas.

Afin d’étudier le lien entre les bactéries parodontales et les maladies neurodégénératives, l’équipe du Dr Wanatabe a établi chez 10 souris une parodontite chronique caractérisée par des lésions des tissus mous et une perte osseuse dans la cavité buccale. 10 autres souris ont servi de groupe témoin.

Après 22 semaines d'application orale répétée de la bactérie, les chercheurs ont étudié le tissu cérébral des souris et comparé leur santé. Il s’est avéré que les souris exposées de manière chronique à la bactérie présentaient des quantités significativement plus élevées de protéines bêta-amyloïde accumulées. Leur cerveau présentait aussi une inflammation plus grande et disposait de moins de neurones intacts en raison de la dégénérescence.

Ces résultats ont également été corroborés par l'analyse de la protéine bêta-amyloïde et l'analyse de l'ARN qui ont montré une plus grande expression des gènes associés à l'inflammation et à la dégénérescence dans le groupe d'étude. Par ailleurs, des traces de la bactérie parodontale ont également été trouvées dans le tissu cérébral des souris, et une protéine bactérienne a été observée à l'intérieur de leurs neurones. "Nos données démontrent non seulement le mouvement des bactéries de la bouche au cerveau, mais également qu'une infection chronique conduit à des effets neuronaux similaires à ceux de la maladie d'Alzheimer", explique le Dr Wanatabe.

L’hygiène bucco-dentaire comme facteur prédictif des maladies

Pour les chercheurs, ces résultats sont d’autant plus probants que les souris utilisées n’étaient pas des rongeurs génétiquement modifiés pour exprimer plus fortement les gènes de la maladie d’Alzheimer, mais des souris sauvages. "Ces souris n’étaient pas préparées au développement de la maladie, et l'utilisation de ce modèle donne un poids supplémentaire à nos conclusions selon lesquelles une bactérie parodontale pourrait relancer le développement de la maladie d'Alzheimer", affirme la chercheuse.

Pour le Dr Wanatabe, les résultats de ces nouveaux travaux montrent bien que comprendre la causalité et les facteurs de risques du développement de la maladie d’Alzheimer est essentiel pour développer de nouveaux traitements. C’est d’autant plus vrai avec les maladies dégénératives qui se développent tardivement et dont les mécanismes sont encore largement méconnus.

La santé bucco-dentaire en fait d’ailleurs partie. Pour le Dr Wanatabe, de tels résultats doivent être mesurés par tous. "L'hygiène buccale est un facteur prédictif important des maladies, y compris des maladies qui surviennent en dehors de la bouche. Les gens peuvent faire beaucoup pour leur santé personnelle en prenant la santé bucco-dentaire au sérieux", a-t-elle déclaré.

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