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Arrêts de travail

Absentéisme : les arrêts-maladies sont de plus en plus longs

L’absentéisme a augmenté de 16% en 4 ans. Cette hausse est due à un allongement de la durée moyenne annuelle des arrêts, qui atteint une moyenne de 51 jours par an.

Absentéisme : les arrêts-maladies sont de plus en plus longs KatarzynaBialasiewicz / istock

  • Publié 28.09.2018 à 08h50
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Le phénomène est préoccupant. Selon une nouvelle étude du cabinet Gras Savoye Willis Towers Watson, les salariés français posent des arrêts-maladies de plus en plus longs, et souffrent donc de pathologies de plus en plus graves ou invalidantes. "Les salariés ne sont donc pas plus nombreux à s’arrêter, mais ils s’arrêtent plus longtemps. Les arrêts sont donc plus graves, et les salariés ont de plus en plus de mal à revenir", analyse Julien Remy, responsable de l’offre absentéisme de Gras Savoye Willis Towers Watson.

L’absentéisme a augmenté de 16% en 4 ans. Cette hausse est due à un allongement de la durée moyenne annuelle des arrêts, qui atteint une moyenne de 51 jours par an (pour les arrêts de 4 jours et plus). Les arrêts de plus de 6 mois représentent donc désormais 40% des arrêts-maladies. Sur les salariés ayant posé au moins un arrêt de plus de quatre jours, la fréquence moyenne est de 1,44 arrêts de plus de 4 jours par salarié et par an. Cette hausse n’épargne aucun secteur d’activités et aucune catégorie de salariés. 

Les non-cadres ont un absentéisme environ deux fois plus élevé

Et tout le monde est perdant, y compris les employeurs. "En règle générale, un taux d’absentéisme de 1% engendre un coût représentant entre 1 et 2% de la masse salariale. Cela inclut le coût du maintien du salaire, les impacts de l’absence du salarié ainsi que les coûts de remplacement. Sur l’échantillon analysé, le taux d’absentéisme moyen de 3,54% se traduit donc par un coût de 3,5% à 7% de la masse salariale, un phénomène qui coûte de plus en plus cher à la sécurité sociale et aux entreprises", précise Julien Remy. Il propose : "en focalisant l’action sur les salariés les plus susceptibles de s’arrêter et en essayant de limiter la durée des arrêts les plus longs, une entreprise peut donc agir efficacement sur son taux d’absentéisme".

Au sein d’une même entreprise, un salarié de plus de 50 ans présentera en moyenne un absentéisme plus de trois fois supérieur à celui d’un salarié de moins de 30 ans, le risque lié à la santé étant décuplé par l’âge. Par ailleurs, les non cadres ont un absentéisme environ deux fois plus élevé que celui des cadres (4,6% contre 2,2%).

Le métier exercé s’avère déterminant

Plus spécifiquement encore, le métier exercé s’avère déterminant. "On note globalement que pour un secteur donné, l’absentéisme augmente avec le faible niveau de qualification, la pénibilité du travail et le manque d’engagement. Nous pouvons citer pour exemple le secteur de la santé où les salariés les plus concernés par l’absentéisme sont les aides-soignants et les agents de services hospitaliers. La pénibilité de leur fonction est désormais reconnue, mais ils sont généralement peu considérés dans l’entreprise", argumente Julien Rémy. La Une du magazine Society indique de son côté "qu'un tiers des gens pensent que leur boulot ne sert à rien". 

L’étude Absentéisme 2018 repose sur un panel de 428 802 salariés au sein de 4000 entreprises. L’analyse porte sur les arrêts maladie ou ATMP (accident de travail et maladie professionnelle) de plus de 4 jours, soit un total de 5 546 502 jours d’arrêts.

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