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QUESTION D'ACTU

Deux fois plus d’accidents

Maladie d'Alzheimer : conduire peut révéler les premiers symptômes

Grâce à des enregistrements vidéos, des chercheurs ont montré que la conduite des personnes atteintes d'Alzheimer se dégrade au début de la maladie. Les proches doivent être particulièrement vigilants. 

Maladie d'Alzheimer : conduire peut révéler les premiers symptômes photobac / istock

  • Publié 27.07.2018 à 13h35
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Les premiers oublis ne sont pas les seuls symptômes d’un début d'Alzheimer. Des chercheurs viennent de démontrer que la dégradation de la conduite était aussi un signal fort.

L’étude est petite, mais concluante. 20 conducteurs atteints de la maladie d’Alzheimer au stade précoce et 20 autres en bonne santé ont été évalués, puis comparés à l’aide d’enregistrements vidéos. Les psychologues ont porté une attention particulière au "comportement d’autorégulation" des patients, c’est-à-dire leur capacité d'adapter la vitesse de conduite, de respecter les distances de sécurité, de changer de voie correctement et d'anticiper ou de planifier les actions de manière appropriée. Tous les événements critiques en matière de sécurité (accident, quasi-accident, incident) ont également été répertoriés.

Comportement d’autorégulation

Résultat : le comportement d’autorégulation "était de moindre qualité chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer", indique l’essai. De plus, les patients malades ont eu deux fois plus d’accidents que les conducteurs en bonne santé. Par ailleurs, les malades ne semblent pas avoir été conscients de la dégradation de la qualité de leur conduite, l’entourage devant ainsi se montrer particulièrement vigilant vis-à-vis des personnes âgées véhiculées.

Aujourd’hui, 900 000 personnes vivent avec la maladie d’Alzheimeren France, et celle-ci pourrait toucher 1,3 million de patients d’ici 2020. Touchant principalement les personnes âgées de 80 ans et plus, cette maladie neurodégénérative entraîne de manière progressive et pour le moment irréversible un dysfonctionnement des neurones du cerveau, qui finissent par mourir.

Aucun traitement après 40 ans de recherche

Au-delà de la récente polémique, le déremboursement des médicaments anti-Alzheimer reflète une triste réalité : près de 40 ans après l’identification de la maladie, il n’existe toujours aucun traitement pour la soigner. "Le cerveau, c’est un problème très compliqué. C’est un organe qui fonctionne 24 heures sur 24 en consommant moins d’énergie qu’une ampoule. Aucun ordinateur n’est capable de reproduire cela", explique Philippe Amouyel, médecin-chercheur spécialisé dans les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, par ailleurs directeur général de la Fondation Alzheimer. 

"Ensuite, la maladie d’Alzheimer n’est pas une maladie aigue. On vient tout juste de comprendre qu’elle commence tôt, très tôt. Pour qu’une recherche soit efficace, il faudrait commencer à étudier la pathologie 4, 5, 10 ans avant que les premiers oublis apparaissent, et suivre les patients pendant deux à trois ans après, pour voir l’évolution des symptômes." Une nouvelle étude, publiée dans The Journal of Neuroscience, vient en effet de démontrer que l'accumulation de la protéine bêta-amyloïde commence très lentement, des années avant que les biomarqueurs ne deviennent anormaux - on parle ici de 10, 20, 30 ans avant les premiers signes cliniques. 

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