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Mauvaise nouvelle

La détresse psychologique, même faible, pourrait entraîner des maladies chroniques

D'après une nouvelle étude écossaise, être exposé ne serait-ce qu'à un faible niveau de détresse psychologique, pourrait entraîner à long terme le développement de maladies cardiovasculaires ou d'arthrite. 

La détresse psychologique, même faible, pourrait entraîner des maladies chroniques kieferpix/iStock

  • Publié 15.07.2018 à 14h00
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C’est bien connu, la détresse psychologique est à l’origine de nombreux maux. Mais si la science a établi depuis longtemps qu’être très déprimé pouvait conduire à développer des maladies cardiovasculaires, de l’arthrite ou encore du diabète, il semblerait que même un faible niveau de détresse pouvait avoir des impacts délétères sur la santé à long terme, d’après une nouvelle étude étude écossaise parue dans le Journal of Psychosomatic Research en juin.  

Grâce à un centre réunissant des données sur la santé, le bien-être et l’hygiène de vie de citoyens britanniques, des chercheurs de l’Université d’Edimbourg ont étudié les informations de 16 485 adultes sur une période de trois ans. Ils ont cherché des liens entre la détresse psychologique et le développement de maladies chroniques de type arthrite, diabète, cancer du poumon et maladies cardiovasculaires, regardant également si des associations de ce genre pourraient être expliquées par des facteurs changeants tels que des habitudes alimentaires, l’exercice, la cigarette, ou encore le statut socioéconomique des personnes étudiées.

Résultat : en comparaison à des patients qui avaient n’avaient rapporté aucun symptôme de détresse psychologique, ceux qui avaient fait états de bas niveaux de détresse avaient 57% de risques de plus de développer un rhumatisme inflammatoire. Par ailleurs, ceux qui avaient mentionné un niveau modéré et fort de détresse étaient respectivement 72% et 110% plus exposés.

Qui plus est, les participants avec des bas niveaux de détresse avaient 46% de risques de plus de développer des risques cardiovasculaires, tandis que ceux qui avaient évoqué des niveaux modérés et forts étaient respectivement à +77% et +189%.

Enfin, s’il semblerait qu’un faible niveau de détresse n’ait aucune incidence sur le cancer du poumon, un niveau modéré et un niveau fort augmenterait respectivement de 125% et 148% les chances de développer une telle maladie. Les chercheurs n’ont en revanche trouvé aucun lien entre la détresse psychologique et le développement de diabète.

"Une découverte importante qui pourrait avoir des implications cliniques de taille"

"Aussi, intervenir pour réduire les symptômes de la dépression et de l’anxiété pourrait aider à empêcher le développement de maladies pour certaines personnes", explique l’un des auteurs de l’étude, le Professeur Catherine Gale, de l’Université de Southampton. "Etudier la détresse pourrait aider à identifier les patients qui ont des risques de développer des rhumatismes, des cancers du poumon ou des maladies cardiovasculaires. Aider à venir à bout de la détresse pourrait donc limiter la progression des maladies, même pour les gens très déprimés", développe-t-elle, encourageant les médecins à toujours prendre en compte l’état de santé psychologique de leurs patients.  

La détresse étant un facteur potentiellement modifiable, si les liens trouvés dans cette étude sont confirmés par des recherches plus approfondies, cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies préventives pour les maladies chroniques, approuvent d’autres scientifiques. En effet, pour le Professeur Cyrus Cooper, du Conseil de la Recherche Médicale britannique, ces découvertes ont "le potentiel pour avoir un impact majeur sur la prévention de maladies chroniques". Le Docteur Ian Simpson, ancien président de la Société Cardiovasculaire Britannique, conclut quant à lui : "les maladies cardiovasculaires demeurent l’une des principales causes de mort et d’handicap. Aussi, savoir que la détresse, même à un faible niveau, est également un facteur de risque, est une découverte importante qui pourrait avoir des implications cliniques de taille".  

Chez les personnes ne souffrant d’aucun troubles psychiatriques, la détresse psychologique survient généralement suite à un ou plusieurs évènements traumatisant(s). Il s’agit d’un processus au cours du quel apparaissent des signes de stress et d’anxiété. Ses manifestations sont physiques (insomnie, fatigue, douleurs musculaires, migraines), cognitives (troubles de l’attention, difficulté de concentration), émotives (colère, irritabilité, tristesse, excitabilité) et comportementales (isolement social ou abus d’alcool, par exemple).

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