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Soins de santé

Dépression : le risque existe également chez les enfants de moins de trois ans, comment le savoir ?

Bien que méconnus, la prévalence des troubles dépressifs chez l'enfant est estimée entre 2,1 à 3,4% en France. Comment les diagnostiquer ? Et surtout, comment les traiter ?

Dépression : le risque existe également chez les enfants de moins de trois ans, comment le savoir ? KatarinaGondova /iStock

  • Publié 20.06.2018 à 12h40
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Contrairement à l'idée préconçue selon laquelle l'enfance n'est qu'insouciance, les enfants de moins de trois ans sont également susceptibles de souffrir de dépression. En France, la prévalence des troubles dépressifs chez l'enfant est estimée entre 2,1 à 3,4%. Bien que méconnue, la dépression infantile n'est pas un état passager, mais une vraie maladie dont la gravité peut accroître avec les années si elle n'est traitée.

Les facteurs de dépression infantile

Selon Santé Publique France, la dépression infantile "peut se manifester à travers des comportements de retrait, d’absence ou – au contraire – d’irritabilité, d’agitation", mais également des maux de ventre/tête fréquents, des troubles du sommeil, des sautes d'humeur, le refus de pratiquer des activités habituelles ou encore, des troubles alimentaires. "Seule une écoute attentive et avertie de l’enfant par un professionnel peut la mettre en évidence". Comme le souligne également l'Inserm, si le diagnostic est plus difficile à réaliser chez l'enfant que chez l’adulte, c'est en partie parce que "les manifestations de la dépression varient en fonction du stade de développement, qui modifie les capacités d’introspection et de communication".

Décès d'un parent, traumatismes affectifs ou sexuels, violences, menaces, abandon, déménagement, une remarque mal interprétée, des critiques... les facteurs de dépression infantile sont nombreux. "L’enfant est comme une éponge, il capte tous les messages, les émotions, y compris celles qui ne sont pas verbales. Si elles ne lui sont pas expliquées, elles peuvent avoir un impact sur lui, sans qu’il puisse comprendre de quoi il s’agit", explique à la Croix, le pédopsychiatre Patrice Huerre. Il demeure alors essentiel d'établir un lien avec l'enfant, de discuter régulièrement avec lui et si nécessaire, d'opérer des changements dans son environnement. Selon la psychothérapeute Béatrice Millêtre, citée par le quotidien, certains enfants "craquent car ils ont l’impression de ne plus rien comprendre aux codes de la société, ils perdent leurs repères et leur confiance en eux. Les petits ont besoin qu’on les aide à décrypter le monde qui les entoure". Et ce, même à trois ans. 

Comment la soigner ?

Une étude financée par l'Institut national de la santé mentale (NIMH) et publiée le 20 juin dans The American Journal of Psychiatry avance que la thérapie d'interaction parent-enfant (PCIT), qui s'est révélée être un moyen efficace de traiter les troubles comportementaux perturbateurs chez les jeunes enfants, peut également être adapté dans le traitement de la dépression infantile - le traitement PCIT standard consiste à former les parents pour interagir avec leurs enfants grâce à différentes techniques et à les mettre ensuite en pratique tout en étant coachés par un clinicien. Les chercheurs ont donc adapté le PCIT standard en y ajoutant un nouveau module de développement émotionnel (ED) afin de former les parents à aider leurs enfants à réguler leurs émotions.

Pour tester cette nouvelle méthode, les chercheurs ont divisé des enfants âgés de trois à six ans en deux groupes : l'un a reçu le traitement PCIT-ED (c'est-à-dire 12 séances de PCIT et 8 séances de développement émotionnel), l'autre un simple suivi psychologique. Les symptômes psychiatriques des enfants ont été évalués avant et après l'étude, de même que leurs capacités d'autorégulation émotionnelle, leur niveau de déficience et leur tendance à culpabiliser. Les chercheurs ont également mesuré la capacité d'adaptation des parents, les stratégies utilisées en réponse aux émotions négatives de leur enfant et le stress généré dans la relation parent-enfant. 

Résultat : à la fin du traitement, les enfants du groupe PCIT-ED étaient moins susceptibles de répondre aux critères de la dépression et se trouvaient en rémission pour la grande majorité. Globalement, les petits avaient moins de troubles comorbides, étaient parvenus à mieux régulariser leurs émotions et culpabilisaient nettement moins que les enfants de l'autre groupe - qui ont finalement reçu le même traitement après l'étude. 

En définitive, la relation parent-enfant est le point d'ancrage du traitement de la dépression infantile, même si elle doit être supervisée par un professionnel. Attention cependant, "il ne faut pas appeler de manière abusive chaque pleur 'dépression', précise Patrice Huerre. Cela devient plus problématique si ce sentiment persiste et devient particulièrement handicapant pour la vie du jeune".

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