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Récommandations de la HAS

Dépression de l'adolescent : les signes pour la repérer

La Haute autorité de Santé publie des recommandations pour aider les médecins à repérer les dépressions chez les adolescents et améliorer leur prise en charge.

Dépression de l'adolescent : les signes pour la repérer ISOPIX/SIPA

  • Publié 16.12.2014 à 22h05
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L’adolescence est un passage délicat. Près de 8 % des adolescents entre 12 et 18 ans souffriraient d’une dépression, et un tiers des adolescents dépressifs feraient une tentative de suicide. Des chiffres impressionnants mais face auxquels il est parfois difficile d’agir. Pour éviter de passer à côté de vraies dépressions, la Haute Autorité de Santé (HAS) publie donc ce matin, et pour la première fois, des recommandations.

Chez l'adolescent, la dépression passe en effet souvent inaperçue : il a des difficultés à exprimer ses sentiments, manifeste sa souffrance différemment des adultes. Surtout la frontière entre déprime passagère, étape classique à cet âge, et vraie dépression n’est pas forcément évidente. Et pour cause : il n’y a pas de symptôme spécifique de la dépression de l’adolescent.


Ecoutez le Dr François Bridier, président du collège de pédopsychiatrie : « [La dépression de l’ado est formée d’un] ensemble de symptômes, qui persistent, sont durables et sont très intenses : humeur dépressive, irritabilité intense, perte de plaisir, fléchissement scolaire, dévalorisation de soi-même etc. »



Dans une série de recommandations adressées principalement aux médecins, la HAS  explique que pour établir le diagnostic de dépression, les symptômes doivent « durer au moins 15 jours et être au minimum au nombre de cinq, comprenant un des deux symptômes cardinaux : humeur dépressive (ou irritable) ou perte d’intérêt (ou de plaisir) ». Les autres symptômes sont très variés : ils peuvent aller des troubles du sommeil, au désinvestissement scolaire, en passant par un ralentissement psychomoteur ou encore des sensations de malaise.

« Si l’adolescent accepte d’aller chez le médecin généraliste, c’est déjà un premier pas »

Une fois que la dépression est détectée, le bon réflexe est d’amener son enfant chez le médecin généraliste ou le pédiatre. Ce qui n’est pas forcément évident. « L’adolescent va avoir tendance à dire « Je n’ai rien, ne vous occupez pas de moi ». Il ne faut pas que les parents cèdent à cette idée car, souvent, quand l’adolescent dit « ne vous occupez pas de moi », c’est en fait l’inverse qu’il souhaite», analyse le docteur Bribier, qui a présidé le groupe de travail à l'origine des recommandations de la HAS. Pour lui : « Si l’adolescent accepte d’aller chez le médecin généraliste, c’est déjà un premier pas. »

La HAS recommande que le médecin généraliste rencontre l’ado avec ses parents, avant qu’ils aient un entretien en face à face. Il faut que le médecin soit à l’écoute et qu’il ait du temps à offrir au jeune patient, sans que son attitude ne soit perçue comme intrusive. Le docteur Bribier estime que le médecin ne doit « rien prescrire à la première consultation, jamais. Les premiers soins sont des soins relationnels ».

Ecoutez le Dr François Bridier : « Pour les épisodes dépressifs caractérisés légers ou modérés, nous recommandons uniquement la psychothérapie. C'est uniquement dans les cas de dépressions sévères que le traitement médicamenteux va s’adjoindre à la thérapie. »



Un traitement doit durer 6 mois, avec un suivi tous les 15 jours

Si après 4 à 8 semaines de psychothérapie, les symptômes persistent, la prise en charge médicamenteuse pourra être envisagée uniquement en association avec une psychothérapie. Attention, le docteur précise que la prise des antidépresseurs, en l’occurrence du Prozac, le seul médicament recommandé pour les adolescents, doit durer 6 mois, avec suivi du médecin généraliste, ou d’une équipe de pédopsychiatrie, tous les 15 jours. « On ne lâche pas un adolescent dans la nature avec un traitement d’antidépresseurs ».

« La question de l’hospitalisation va se poser en cas de refus total de soins chez les cas de dépressifs sévères, s’il n’y a aucun étayage familial, un isolement social et une situation de précarité affective : les clignotants sont allumés et on peut envisager l’hospitalisation », conclue le docteur Bribier. L’hospitalisation peut également être envisagée lorsque « le risque de passage à l’acte suicidaire est imminent ou si le contexte familial est défavorable. En dehors de l’urgence, c’est un (pédo)psychiatre qui doit évaluer cette possibilité», juge la HAS.

Pour ce qui est des causes des dépressions, elles « sont multiples », estime le docteur Bribier. La HAS en liste plusieurs : mauvaises relations familiales, des antécédents traumatiques comme le fait d’être victime d’agression, avoir connu la perte d’un proche, avoir une puberté précoce ou une sexualité à risque, ou encore des antécédents de troubles psychiatriques (tentative de suicide, troubles des conduites alimentaires, fugues, consommations à risques de substances psychoactives, déscolarisation). 

La place centrale de la famille
Mais le rapport montre qu'il y a aussi des facteurs qui protègent l'adolescent : une bonne estime de soi, des styles cognitifs positifs (confiance dans ses capacités d’adaptation, optimisme, activités créatives, perception des situations comme résolvables, etc.), la qualité du soutien familial, la capacité à utiliser le soutien amical et les adultes ressources, ou la pratique sportive récréative.


Si la prise en charge est délicate et variable selon la sévérité de la dépression, la famille a de toute façon sa place. Comme le précise la HAS, la famille " doit faire intégralement partie du processus de prise en charge dans la mesure où la dépression est souvent liée à une problématique relationnelle avec les parents." Sans les culpabiliser pour autant...

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