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Prévention du cancer et des maladies cardiovasculaires : l'aspirine plus efficace sur les petits poids

Des chercheurs ont démontré que de faibles doses d'aspirine (75-100 mg) n'ont été efficaces pour prévenir les événements cardiovasculaires que chez les patients pesant moins de 70 kg.

Prévention du cancer et des maladies cardiovasculaires : l'aspirine plus efficace sur les petits poids YakobchukOlena / istock

  • Publié 13.07.2018 à 17h20
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Une nouvelle étude, publiée dans The Lancet, a cherché à évaluer la dose d’aspirine nécessaire à la prévention du risque cardiovasculaire et des cancers. Plus précisément, les chercheurs ont démontré que de faibles doses d'aspirine (75-100 mg) n'ont été efficaces pour prévenir les événements cardiovasculaires que chez les patients pesant moins de 70 kg, et qu’elles n'ont eu aucun effet bénéfique chez 80% des hommes et près de 50% des femmes pesant 70 kg ou plus. En revanche, des doses plus élevées ont bien été efficaces chez les patients pesant 70 kg ou plus.

"Une approche à dose unique pour l'utilisation de l'aspirine n'a produit que des bénéfices modestes dans la prévention à long terme des événements cardiovasculaires", indique donc l’essai, avant de préciser : "peut-être en raison d'une sous-dose chez les patients de grande taille et d'une surdose chez les patients de petite taille".

Un bénéfice a été observé chez les personnes pesant 50-69 kg

La capacité de 75-100 mg d'aspirine à réduire les événements cardiovasculaires a diminué avec l'augmentation du poids. Un bénéfice a été observé chez les personnes pesant 50-69 kg, mais pas chez celles pesant 70 kg ou plus. De plus, la létalité d'un premier événement cardiovasculaire a été augmentée par une faible dose d'aspirine chez les personnes pesant 70 kg ou plus. Ces résultats ont été similaires chez les hommes et les femmes.
 
La stratification selon la taille corporelle a également révélé des méfaits dus à une surdose : le risque de mort subite était accru par l'aspirine chez les personnes ayant un faible poids pour la dose. Le risque de mort "toutes causes confondues" était accru chez les personnes pesant moins de 50 kg recevant 75-100 mg d'aspirine. Chez les participants âgés de 70 ans ou plus, le risque de cancer sur 3 ans était également accru par l'aspirine, en particulier chez ceux pesant moins de 70kg, donc par conséquent chez les femmes.

L’aspirine augmente le risque de saignements

Depuis quelques dizaines d’années, l’aspirine est utilisée à faible dose pour prévenir l’infarctus du myocarde (IM) et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Selon une récente méta-analyse de 10 études, l’aspirine réduit d’environ 22% le risque d’IM, et de 14% le risque d’AVC. Par contre, l’aspirine augmente le risque de saignements, principalement des saignements gastro-intestinaux (3 cas sur 10 000 dans la population globale) et des hémorragies intracrâniennes (1 cas sur 10 000). L’aspirine est donc généralement offerte en prévention primaire lorsque les avantages surpassent les risques, c’est-à-dire lorsque les patients présentent un risque élevé de maladies cardiovasculaires et un faible risque de saignements*.  

L’hypothèse d’une action protectrice de l’aspirine contre le cancer, avancée par de nombreux scientifiques, a déjà produit des données encourageantes concernant le cancer du colon et du poumon. Une nouvelle étude, publiée par la revue Breast Cancer Research, met aussi en évidence une réduction du risque du cancer du sein chez les femmes qui consomment régulièrement de l’aspirine à faible dose.

140 000 morts par an

Les maladies cardiovasculaires ou cardio-neurovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde, et la deuxième en France (première pour les femmes) juste après les cancers. Malgré quatre décennies de baisse de mortalité et morbidité grâce à la prévention et aux progrès thérapeutiques, les maladies cardio-neurovasculaires restent à l’origine d’environ 140 000 morts par an. Elles sont aussi l’une des principales causes de morbidité, avec 3.5 millions de personnes (assurés du régime général) traitées en 2012.

Il existe de fortes disparités sociales et territoriales de mortalité cardio-neurovasculaire. De plus, à âge égal, le taux de mortalité des hommes est plus élevé que celui des femmes (300 versus 190 pour 100 000 personnes en 2010).

*Source : Observatoireprevention.org.

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