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Nouvelle réglementation

Soins dentaires : en quoi les plombages au mercure sont-ils dangereux pour la santé ?

Depuis le 1er juillet, le Parlement européen interdit l'utilisation d'amalgames dentaires chez les moins de 15 ans, les femmes enceintes et celles qui allaitent. Le mercure présent dedans pourrait en effet présenter des dangers pour la santé. On vous explique.

Soins dentaires : en quoi les plombages au mercure sont-ils dangereux pour la santé ? AntonioGuillem/iStock

  • Publié 11.07.2018 à 13h00
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Adieu plombages dentaires. Depuis le 1erjuillet, les amalgames dentaires, communément appelés plombages, sont interdits par le Parlement européen chez les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et celles qui allaitent. Si un dentiste juge "strictement nécessaire pour des besoins médicaux" d’avoir recours à cet alliage métallique issu d’un mélange de poudre constituée d’argent, d’étain et de mercure liquide à hauteur de 50 %, il devra, à partir du 1er juillet 2019, utiliser des capsules prédosées et plus du mercure en vrac, ce métal étant jugé toxique pour la santé et la planète. L’objectif est "d’éliminer progressivement l’utilisation d’amalgames dentaires" dans l’Union européenne "de préférence d’ici à 2030", note le Parlement européen dans un règlement adopté le 17 mai 2017. Chaque État membre devra donc présenter des mesures dans ce but le 1er juillet 2019 au plus tard.

Depuis 150 ans, les amalgames dentaires sont couramment utilisés dans les cabinets en raison de leurs propriétés antibactériennes, de leur facilité d’emploi et de leur durabilité. Toutefois, ces dernières années, plusieurs études ont établi un lien entre l’exposition au mercure et le développement de maladies neurologiques comme la sclérose en plaques, la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, des patients ayant vu leur état de santé s’améliorer après le retrait d’amalgames dentaires. C’est pourquoi, selon Marie Grosman, conseillère scientifique de l'association Non au mercure dentaire et auteur de Menace sur nos neurones (Actes Sud, 2011) : "Cette décision est une reconnaissance implicite de la dangerosité du mercure dentaire, a minima sur le cerveau en développement". Par ailleurs, selon le site indépendant Bastamag, les amalgames dentaires "libèrent du mercure en permanence sous forme de vapeurs, qui s’accumule dans le cerveau, les reins ou le foie". 

Toutefois, ces informations sont à relativiser. En effet, dans son article sur "la sécurité des amalgames dentaires", le chirurgien-dentiste Michel Matysiak précise : "Une libération de faibles quantités de vapeurs de mercure peut survenir à température buccale en fonction du nombre (d’amalgames présents), des habitudes de mastication, de la texture et de la chaleur des aliments, (…) et du brossage des dents". Le ministère de la Santé met lui aussi en garde contre la fiabilité des études réalisées sur les amalgames dentaires. "A ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’a pu mettre en évidence d’effets néfastes des obturations par amalgame sur l’état de santé général des patients", est-il écrit sur son site. Qui plus est, "les doses quotidiennes de mercure absorbées (à cause des amalgames, NDLR) par l’organisme sont infimes et très en deçà (8 à 10 fois en dessous) des seuils auxquels des effets toxiques pourraient commencer à être observés".

"Un problème environnemental et non de santé publique"

En 2015, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) écrivait quant à elle : "Les arguments épidémiologiques existants dans la littérature concernant la possibilité de risque pour la santé associée au port d’amalgames dentaires apparaissent faibles". "Cela fait 150 ans que les amalgames sont utilisés et jusqu’à maintenant, nous n’avons pas trouvé de corrélation entre des maladies neurotoxiques et le mercure des amalgames", renchérit le Dr Dominique Chave, présidente de la commission de la vigilance et des thérapeutiques à l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.

Toutefois par "principe de précaution", en France, la pose d’amalgames dentaires est contre-indiquée depuis longtemps aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux patients ayant des atteintes rénales, explique-elle, ajoutant qu’"il s’agit d’un problème environnemental et non de santé publique". "L'utilisation du mercure dans les amalgames dentaires représente l'utilisation de mercure la plus importante dans l'Union et constitue une source significative de pollution", est-il en effet indiqué dans le règlement du Parlement européen du 17 mai 2017.

Ainsi, si l’enjeu de santé publique fait débat, la problématique environnementale, elle, est admise par tous, les dentistes français devant utiliser un récupérateur d’amalgames pour traiter ses résidus. "Les amalgames déposés finissent dans le récupérateur dédié, qui en retrouve 95%. On les met ensuite dans des cassettes, qui sont collectées environ 2 fois par an par une société spécialisée" explique Dominique Chave. "Je réduis mes obturations avec l’amalgame, même s’il y a encore des cas où je l’utilise car il a des propriétés que n’ont pas les autres matériaux. Mais il y a une diminution très importante de l’utilisation d’amalgame dentaire au sein de la profession, c’est sûr et certain", affirme quant à lui Doniphan Hammer premier vice-président de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) et praticien à Poitiers. "De manière générale, nous posons de moins en moins d’amalgames, principalement pour des raisons esthétiques. Les personnes leur préfèrent des composites ou des céramiques", conclut Dominique Chave. 

 

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