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Traitements alternatifs

Douleurs chroniques : c'est prouvé, mieux vaut arrêter les opioïdes

Des chercheurs de l'Université de l'État de Washington (Etats-Unis) ont découvert que l'arrêt du traitement aux opioïdes à long terme n'aggrave pas la douleur chronique. En France, au moins 12 millions de personnes en souffrent. 

Douleurs chroniques : c'est prouvé, mieux vaut arrêter les opioïdes MaximFesenko / istock

  • Publié 04.07.2018 à 08h30
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Alors que de puissants analgésiques opioïdes sont massivement utilisés pour traiter les douleurs chroniques aux Etats-Unis depuis les années 90, un nombre croissant de décès par surdose liés à cette médication a incité les médecins et les décideurs américains à réexaminer cette approche.

Dans cette optique, les chercheurs de l'Université de l'État de Washington (Etats-Unis) ont découvert que l'arrêt du traitement aux opioïdes à long terme n'aggrave pas la douleur chronique. Il vaut donc mieux, dans ce cas précis, les arrêter. Selon les Centers for Disease Control and Prevention, plus de 63 600 Américains sont morts de surdose de drogue en 2016, soit cinq fois plus qu'en 1999. Les deux tiers de ces décès, soit 42 249, concernaient des opioïdes.

551 patients testés

Ce nouvel essai permet de comprendre comment l'arrêt de la thérapie aux opioïdes à long terme affecte les patients souffrant de différents types de douleurs chroniques, et pourrait aider les médecins à identifier des traitements alternatifs efficaces. "En moyenne, la douleur ne s'est pas aggravée chez les patients de notre étude un an après l'arrêt de la thérapie opioïde à long terme", constate Sterling McPherson, professeur agrégé et directeur des essais cliniques au WSU Elson F. Floyd College of Medicine. "De fait, leur douleur chronique a même légèrement diminué juste après l'arrêt du traitement, en particulier chez les patients souffrant de douleurs légères à modérées", se félicite-t-il.  

McPherson et ses collègues ont utilisé les réponses de 551 patients qui suivaient un traitement opioïde à long terme contre la douleur chronique (non liée au cancer) depuis au moins un an avant de cesser de prendre le médicament. 87% des patients de cette cohorte souffraient de douleurs musculo-squelettiques chroniques, 6% de douleurs neuropathiques et 11% de maux de tête, y compris des migraines.

Les sujets ont évalué leur douleur sur une période de deux ans, avec une échelle de 0 à 10, où 0 équivaut à aucune douleur et 10 à la pire douleur possible. Les chercheurs ont eu recours à l'analyse biostatistique et à la modélisation informatique pour caractériser les changements de l'intensité de la douleur 12 mois avant la fin de la thérapie opioïde et 12 mois après. Bien que l'intensité de la douleur ressentie avant et après l'arrêt des opioïdes variait considérablement d'un patient à l'autre, dans l'ensemble, la douleur ne s'est pas aggravée, et est restée la même ou a légèrement diminuée. 

Promouvoir les conversations entre les médecins et leurs patients

"Il existe une grande variété de traitements disponibles pour la prise en charge de la douleur chronique autres que les opioïdes et nous espérons que cette recherche aidera à promouvoir les conversations sur ces alternatives entre les médecins et leurs patients", indique McPherson. Son équipe prévoit de recueillir des données supplémentaires afin d'essayer de déterminer pourquoi certains patients connaissent des réductions de la douleur plus importantes que d'autres après l'arrêt du traitement aux opioïdes à long terme.

Les maux de dos, les maux de tête et autres douleurs chroniques affectent déjà un tiers des Américains, une proportion qui s’aggrave à mesure que la prévalence du diabète, de l'obésité et de l'arthrite augmente. En France, au moins 12 millions de personnes souffrent de douleurs chroniques, et "70% de ces 12 millions de patients ne reçoivent pas un traitement approprié", dénonçaient l’année dernière les spécialistes réunis au sein de la Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD). Autrement dit, 8,4 millions de Français pourraient moins souffrir s'ils étaient mieux pris en charge.


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