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Médecines alternatives

Homéopathie : l’Ordre des médecins s'oppose officiellement à sa prescription en premier recours

Le Conseil national de l’Ordre des médecins affirme dans un récent communiqué que l'homéopathie ne doit pas être prescrite en premier recours. Pour l’heure, ces traitements sont toujours remboursés par l’Assurance maladie, même si les oppositions sont de plus en plus nombreuses. 

Homéopathie : l’Ordre des médecins s'oppose officiellement à sa prescription en premier recours LuCaAr/iStock

  • Publié 20.06.2018 à 16h15
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L’homéopathie continue d’alimenter les débats. Le Conseil de l’ordre des médecins a récemment publié une "mise au point sur le cadre déontologique qui s’impose à tous" concernant la prescription de l'homéopathie en premier recours.  

"L'utilisation des termes de "médecines alternatives et complémentaires", concernant notamment l’homéopathie, entretient une ambiguïté qui est source de confusion et litiges d’interprétation", dénoncent les médecins. L'homéopathie peut être prescrite, mais en complément seulement et après avoir essayé des traitements plus classiques. "Il peut comporter une prescription adjuvante ou complémentaire, médicamenteuse ou autre, que le médecin apprécie en conscience dans chaque situation, après avoir délivré au patient une information loyale, claire et appropriée", ajoute le Conseil national de l’ordre. 

L’homéopathie est-elle efficace ?

Le texte rappelle que ces médicaments ne sont pas "éprouvés par la science". Cela interdit aux médecins de le présenter comme "salutaire et sans danger". Dans un communiqué, publié peu après celui du Conseil de l'ordre, la Confédération des Syndicats Médicaux Français a dénoncé la "mise au pilori de l'homéopathie". Ces derniers rappellent que "les médecins qui pratiquent l'homéopathie sont avant tout des médecins qui ont dans leur arsenal thérapeutique les outils habituels." L'homéopathie demeure, pour eux, un complément à d'autres options thérapeutiques.

Cette réaction à l'avis du Conseil national de l'ordre des médecins illustre la teneur des récents débats sur le sujet. En mars dernier, 124 professionnels de santé ont signé une tribune dans Le Figaro dans laquelle ils qualifiaient les médecines alternatives, dont l’homéopathie, de coûteuses et d'inefficaces. Cela rejoignait les conclusions d’études déjà réalisées sur ces médicaments. En octobre 2017, l’Académie européenne des Sciences publiait les conclusions de ces recherches : l’homéopathie peut avoir parfois un effet placebo mais il n’y a pas de preuve de son efficacité, quelque soit la maladie. 

Un remboursement qui fait débat 

L’homéopathie est remboursée à hauteur de 30 % par l’Assurance maladie. Face aux questionnements sur son efficacité, ce remboursement est fréquemment remis en question par ses opposants. Interrogée sur France Inter en mai dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré à ce sujet : "l’homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être."

Si ces médicaments ne doivent pas remplacer les traitements médicamenteux lorsqu’ils sont nécessaires, leur utilisation de manière encadrée aide de nombreux patients. En France, un Français sur deux a recours à l’homéopathie. Le marché représentait à lui seul 620 millions d’euros en France en 2016 selon les entreprises du médicament. 

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