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Dépendance

Alcool : pourquoi les jeunes sont des proies faciles

Plus d'1 jeune sur 2 a consommé de l'alcool avant d'entrer en 6e. Or, les ados sont particulièrement vulnérables à ses effets nocifs. Leur cerveau est plus  fragile et le risque de dépendance plus important.

Alcool : pourquoi les jeunes sont des proies faciles  Rex Features/REX/SIPA

  • Publié 07.05.2013 à 12h08
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 « La dépendance à l’alcool, c’est comme l’anglais, plus on commence tôt, mieux on l’apprend, malheureusement », résume le Dr Patrick Daimé, secrétaire général de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. Le cerveau encore incomplètement mature des adolescents est beaucoup plus vulnérable qu’un cerveau adulte aux propriétés de l’alcool, notamment à son caractère toxique et addictif. Cette fragilité vaut d’ailleurs aussi pour d’autres substances agissant sur le cerveau comme le tabac ou le cannabis.

Deux facteurs sont particulièrement importants en terme de risque d’évolution vers la dépendance : l’âge de début de la consommation d’alcool et l’âge de la première ivresse. Or, selon les résultats de larges enquêtes en milieu scolaire publiés ce mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), la 1e consommation d’alcool a lieu avant l’entrée en 6e pour 59% des jeunes Français. En arrivant au collège, ils sont 7% à avoir déjà expérimenté l’ivresse alcoolique et ce chiffre atteint 69% en terminale.
Une autre étude de ce BEH  montre par ailleurs que les 15-24 ans représentent 17% des passages aux urgences pour intoxication éthylique aiguë. Quant à la consommation régulière d’alcool (estimée à plus de 10 fois par mois), si elle reste marginale chez les collégiens, elle concerne un quart des élèves en 1e et en terminale.

Tous ne deviendront pas alcooliques, c’est certain, mais la difficulté est de repérer ceux qui risquent l’addiction. « Il n’y a pas de profil type, on a seulement identifié des traits de personnalité, partagés par beaucoup d’adolescents, qui favorisent la dépendance », explique le Dr Patrick Daimé. Il s’agit en effet de la recherche de sensation, du goût pour la prise de risque, de l’impulsivité et de l’influence des pairs. C’est donc plutôt en interrogeant directement l’ado sur sa consommation d’alcool que le médecin peut espérer détecter ceux chez qui elle devient problématique.

 

Ecoutez le Dr Patrick Daimé, médecin généraliste au Petit-Quevilly (76) et responsable du centre d’alcoologie du CHU de Rouen : « L’adolescence est l’âge où s’installent les habitudes, qu’il s’agisse de boire pour faire la fête ou pour calmer ses angoisses » 


 

L’intérêt de repérer précocement ces adolescents, c’est qu’ils ont rarement atteint le stade de la dépendance physique à l’alcool. Le plus souvent, ils ne sont encore que dans une dépendance comportementale, en quelque sorte la force des mauvaises habitudes. Ce qui est beaucoup plus facile à désamorcer qu’une vraie dépendance physique qui nécessite une longe prise en charge médicale.

Les messages de prévention
Mais quels messages faire passer à cet âge que tous les spécialistes considèrent comme réfractaire à la prévention ? Pas question de parler de risque de dépendance, de cancer ou de cirrhose, la notion de risque pour la santé à long terme n’a aucune prise sur les adolescents, qui ne se projettent pas si loin dans leur futur.
Avec l’alcool cependant, il y a un risque très immédiat qui peut convaincre ces jeunes, c’est le risque d’accident de la route. Les 15-25 ans représentent 30% des tués sur la route, soit plus de deux fois leur proportion dans la population générale. « A 17 ans, l’éventualité d’un cancer dans 30 ans, ça ne vous fait ni chaud ni froid, affirme le Dr Daimé. Mais risquer de blesser le copain ou la petite amie que vous transportez en scooter ou plus tard en voiture, ça, c’est un argument qui a plus de chance de porter ».  

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