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Gynécologie : de plus en plus de grossesses après 45 ans, les spécialistes s'inquiètent

Cette année, 2 000 Françaises de plus de 45 ans vont devenir mamans, alors qu’elles étaient trois fois moins en 1990.

Gynécologie : de plus en plus de grossesses après 45 ans, les spécialistes s'inquiètent SerhiiBobyk/istock

  • Publié 04.06.2018 à 07h20
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"On sait très bien qu'il y a plus d'hypertension, plus de complications, plus de diabète. (...) L'accouchement prématuré, la césarienne, l'hémorragie, toutes ces complications sont plus fréquentes après 40 ans. Mais elles restent dans des proportions acceptables et bien maîtrisées, s'il y a une bonne prise en charge", explique à France Info le professeur Jean-Marc Ayoub, chef du centre d'aide médicale à la procréation de l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine).

Une vraie tendance sociétale

Reste que devenir mère après 45 ans inquiètent de plus en plus les spécialistes français. Plus qu’une lubie de star (Adriana Karembeu, Janet Jackson...), c’est devenu une vraie tendance sociétale. Cette année, 2 000 Françaises de plus de 45 ans vont devenir mamans, alors qu’elles étaient trois fois moins en 1990. L’âge moyen de la première grossesse, qui était de 24 ans en 1974, est passé à 28,5 ans en 2015."Mon mari et moi avons longtemps priorisé le travail plutôt que la vie de famille", témoigne une patiente sur France info.

L'Insee explique que la part des naissances de mères de 40 ans ou plus a commencé à diminuer avant 1940, puis le mouvement s’est accéléré jusqu’aux années 1980. 26 % des naissances de mères de 40 ans ou plus sont actuellement des premières naissances, 29 % des deuxièmes naissances et 44 % des troisièmes naissances ou plus. La proportion de premières naissances parmi les naissances tardives reste ainsi minoritaire, même si elle n’a cessé de progresser depuis une cinquantaine d’années. Elle était de 12 % en 1967, de 17 % en 1981 puis de 24 % en 2007.

"Des complications peuvent survenir dans 20 ou 30 % des cas"

Les praticiens ont donc été obligés d'adapter leurs recommandations. "Si elles méritent une attention particulière, les grossesses tardives sont bien contrôlées par les médecins", explique François Olivennes, obstétricien et spécialiste des traitements de l’infertilité. "Il n’y a pas d’âge limite, mais au-delà de 45 ans, une femme entre dans une zone où la grossesse est dangereuse, à risque. Le risque n’est pas de 100 %, heureusement, mais des complications peuvent survenir dans 20 ou 30 % des cas".

"C’est surtout l’hypertension artérielle qui entraîne des risques : pour l’enfant, avec des petits poids de naissance et l’hématome rétro-placentaire qui peut provoquer la mort du bébé ; pour la mère aussi avec des accidents vasculaires cérébraux et des embolies”, poursuit-il.

Don d’ovocytes

"Il est très important qu’une femme qui veut faire un enfant au-delà de 43, 44 ans fasse un bilan cardiologique avant toute grossesse. Je pense qu’une femme de 45 ans qui est hypertendue, qui a des troubles cardiaques et qui veut faire un enfant, prend un gros risque. Bien suivie, à 40 ans, on peut avoir une grossesse qui se passe très bien. Elle a environ une chance sur deux d’être enceinte naturellement, sans l’aide de la FIV."

Au-delà de 45 ans, on fait appel le plus souvent à un don d’ovocytes. Cet œuf est donné par une femme jeune, puis fécondé avec le mari de la femme de 45 ans. On obtient alors un embryon que l’on place dans l’utérus de la patiente. Côté législation, la loi est assez vague en matière d’assistance médicale à la procréation : elle parle "d'un couple en âge de procréer". Comme il n’y a pas d’âge défini médicalement, les médecins estiment que c’est autour de 45-50 ans.

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